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SONDAGES


Le Guinéen Ismaël Bangoura débouté par le Tribunal arbitral du sport

2013/6/3

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne a annoncé lundi avoir confirmé une décision de la Fifa interdisant de recrutement durant un an le FC Nantes, promu en L1, à la suite d'un litige concernant le transfert du Guinéen Ismaël Bangoura à Nantes en janvier 2012. La Fifa avait notifié le 1er février au club français une interdiction de recrutement pour une durée d'un an et de verser la somme de 4,5 millions d'euros au club d'Al Nasr, à Dubaï, solidairement avec Ismaël Bangoura, qui a par ailleurs purgé quatre mois de suspension. La Chambre de résolution des litiges de la Fifa avait considéré que le FC Nantes avait incité le joueur à rompre abusivement son contrat pendant une période protégée, fin janvier 2012. Les trois parties au dossier avaient fait appel, Al Nasr jugeant le dédommagement insuffisant.
rfi.fr

 
Du Comité de « RECONCILIATION » en Guinée ( Par Mohamed Kouyaté)

2011/9/17

Depuis bientôt vingt ans, la Guinée cherche à mettre en place sans succès des structures permettant la réconciliation nationale entre ses populations. Chaque fois qu’une de ces structures voyait le jour, les résultats qu’elle donnait était généralement en deçà de l’attente, tel un éléphant qui accouche d’une souris. Et pour cause, les méthodes d’approche ne collaient guère avec la problématique sociologique.

En effet, les gouvernements successifs ont, au lieu d’intervenir sociologiquement sur cette problématique, préféré la politique de l’esquive ou du contournement à défaut du consensus en distribuant des postes de responsabilité à tout vent, même à ceux-là qui n’ont ni talent, ni allant, ni élan au détriment du peuple. Ces palliatifs servent jusqu’au moment où ces individus, ne sont pas déchus de leurs perchoirs dorés ou tant que le parti au pouvoir ne voit pas son intérêt menacé par ses opposants. Le cas de bon nombre d’anciens ministres de Lansana Conté en dit long. Quid le Ministère de la réconciliation nationale créé par Lansana Conté au lendemain des réactions sociales ? Personnellement je croyais après l’échec de cette approche, que nos futurs dirigeants changeront de méthode car celle-ci ayant montré très tôt ses limites. Hélas ! Ces-mêmes méthodes sont toujours chez nous, désormais sous une autre forme à travers la dernière structure que le président de la République vient de créer et qu’il a confiée aux religieux et « sages ». Est-ce là la solution ? A mon avis, non. Ne dit-on pas que les mêmes méthodes produisent les mêmes résultats ? Alors c’est un autre palliatif qui ne saurait servir longtemps si les intérêts ethno-politiciens ne sont pas satisfaits. C’est la raison pour laquelle, je préconise une solution définitive à ce malaise national par des méthodes qui, sans nul doute pourraient rassembler les filles et fils de Guinée autour d’un seul idéal, le développement de la nation, que nous aimons tous, in fine. Pour ce faire, la première chose à mettre en place serait un comité « réconciliation » (Chose qui a été faite par un décret présidentiel). En second lieu, ce serait de confier la gestion technique de cette institution à un sociologue des organisations, de préférence spécialiste en changements institutionnels, risques et vulnérabilités sociales (si nous en avons bien en Guinée, à défaut un spécialiste en contrôle social) car il s’agit bien en Guinée d’un problème d’institutionnalisation et de désinstitutionalisation. J’en veux pour preuve les bisbilles politiciennes au tour de la CENI, le régionalisme qui s’est reflété sur les voix électorales au cours de ces vingt dernières années en Guinée, le sentiment d’injustice exacerbé dont s’estiment victimes certaines ethnies et la prise en otage des appareils de l’Etat par « certains politiciens » qui veulent surfer sur toutes les vagues quelques fois sans conviction républicaine juste par concupiscence. Dans ce comité qui serait composé de Sociologues, d’historiens, de psychologues, de géographes aménagistes, de juristes constitutionnalistes, d’économistes et de leaders d’opinions et associations de jeunes femmes et hommes apolitiques venant des mouvements de la société civile ; des partis politiques pourraient être admis mais ne devraient en aucun cas avoir des responsabilités (parti au pouvoir ainsi que l’opposition) pour éviter tout biais ou manipulations de quelque nature que cela soit. Ils auront le statut consultatif. En plus, ne sera admis dans ce comité indépendant (faut-il le signaler) que des partis qui auront signé le code de bonne conduite qui sera proposé par des juristes constitutionnalistes indépendants et membre du dit comité.

Une fois que ce comité est mis en place, il aura pour première tâche de faire des études sociologiques sur la problématique ethnique dans le contexte politique en Guinée. Ce comité aura alors pour charge de proposer une ou des hypothèses de recherche en fonction des réalités de la Guinée. L’on fera alors un échantillonnage des catégories socioprofessionnelles (CSP) dans toutes les villes de la Guinée à défaut d’en avoir dans la totalité des CRD et préfectures de Guinée. Ces études auront pour objectif d’une part de savoir quelles sont les causes du malaise ethnico-politique en Guinée et d’autre part de connaître les solutions que les citoyens eux-mêmes proposent pour soigner ce mal. C’est fort de cet outil que le comité « réconciliation » qui, soit dit en passant, est multidisciplinaire, pourrait travailler en tenant compte de beaucoup de paramètres dont il n’est pas question de parler ici.

Par ailleurs, est-il besoin de signaler ici que si ces études sont bien menées et leurs résultats bien interprétés et suivis par ce comité, il y a fort à parier qu’aucun politicien ne pourra plus jamais se servir d’une ethnie comme une girouette pour se hisser dans l’ascenseur social et on aura évité à notre nation le remake des tragédies célèbres sous d’autres cieux.


Mohamed KOUYATE, Sociologue
kouyatemohamed@yahoo.fr
Téléphone 00336 64 66 32 08

 
"La Guinée, notre pays, ne va pas bien" ( Par Mohamed Kouyaté, Sociologue)

2011/8/27

LETTRE A MES FRERES ET SŒURS GUINEENS


Chers compatriotes,
La Guinée, notre pays, ne va pas bien. Ouvrez les yeux au lieu de les fermer ! Et discutons-en en responsables sans invectives, aucune.

Par cette lettre ouverte, je viens humblement en tant que citoyen lambda vous soumettre mes remarques et inquiétudes à propos de notre pays qui nous est chère à tous.

En effet, vous n’êtes pas sans savoir les contingences dans lesquelles nous avons fait les élections présidentielles de 2010 dans notre pays : problèmes structurels (mésententes à la CENI, chômage des jeunes, surendettement de l’Etat, faiblesse de la productivité du travail et d’orientation économique, de compétitivité intérieure et extérieure, très forte tension entre les ethnies) et du problème de corruption mais aussi de division ethnique orchestrée par des maladresses politiques. Le nouveau président lui-même ne disait-il pas ceci, il y a quelques mois « Je n’ai pas caché au peuple qu’on va avoir trois ou quatre mois difficiles. On apprend que Dieu a mis six jours pour faire le monde, donc on ne doit pas penser que je pourrai changer la Guinée en trois jours.  Les gens qui veulent saboter, qu’ils fassent ce qu’ils veulent. S’il plait à Dieu, d’ici huit à dix mois, en Guinée ce sera autre chose. Ce n’est pas parce que c’est moi Alpha. Mais parce que c’est le contexte qui nous l’impose. Aujourd’hui, nous sommes un pays convoité par le monde entier ». Soit !

En tant que sociologue, je crois que quelque soit la personne que nous aurons à la tête de la Guinée, il lui faudra du temps pour mettre sur pied les bases solides d'un développement harmonieux chez nous. Cependant, je constate avec amertume que les gestes qui sont posés par nos politiciens (gouvernement et opposition) laissent perplexes nos concitoyens, voire même, les déboussolent car ne sachant plus quoi faire ni en qui croire. Loin de moi la volonté de dédouaner qui que ce soit, je trouve quand même que c'est un peu normal après deux dictatures successives que nos frères et sœurs soient perdus dans cette jungle politique où l’honneur, la dignité et l’honnêteté d’un politicien ne se mesurent que par le poids de son ethnie ou de sa richesse fut-elle mal acquise. En Guinée, les mentalités se sont figées pendant que le monde évoluait. Dans le discours des guinéens actuels (en tout cas ceux que je croise), me disait un ami, on ne parle que de profits. Tout le monde rêve de la manne que constituent les matières premières dont la place n'est plus la même que pendant les années soixante.

L'éduction et la formation sont sinistrées dans tous les domaines et à cela, s’ajoutent la paresse et la mauvaise foi de certains « guinéens » dans la gestion de la chose publique ; c’est pour cela que nous mettrons du temps avant que le guinéen ait une vision réaliste du monde, lâchera-t-il avant de continuer ; il y a à Paris deux restaurants bars guinéens : Le Foutah-Djalon et le Conakry. J'y vais souvent mais il est rare que je me mêle des discussions sur la Guinée. Tout le monde connaît quelqu'un proche du pouvoir. Tout le monde croit détenir des infos que les autres n'ont pas. Tout le monde pense avoir raison dans son analyse. Mais ces gens manquent de recul et des outils intellectuels nécessaires à la compréhension des choses et ils semblent trop passionnés dans leurs raisonnements.

Ce qui à mon avis est normal car les guinéens avaient abandonné la vie politique. Donc ils apprennent aujourd’hui à aborder ce « nouveau monde » tel un enfant qui découvre le plaisir que lui procure la motricité. Paradoxalement, au moment où la quasi-totalité des guinéens savourent ce moment, germent dans certaines têtes de mauvaises herbes très vénéneuses qui pourraient rendre les jardins guinéens dangereux, pour ses citoyens et ses amis et investisseurs. Lucifer est là avec sa sempiternelle volonté de faire régner le chaos et la désolation partout. Est-ce là, ce que nous voulons ?

Mes frères et sœurs,

Au demeurant, est-il nécessaire de vous dire que pour qu’un système démocratique fonctionne correctement, il est essentiel que tous les citoyens se soumettent à la volonté des institutions qui les dirigent ; mieux qu’ils les consolident et acceptent sans ciller le verdict qui en émane toutes les fois que celui-ci est transparent et conforme à la Loi. Pour qu’un système démocratique fonctionne correctement, il est tout aussi essentiel que les élus chargés de faire les lois s’engagent à les respecter sans exclusion aucune. Or, en Guinée, on a l’habitude de croire que les institutions sont l’émanation de l’exécutif, disons clairement de la personne qui préside le pays. Et la majeure partie oublie que celui-ci dirige parce que nous lui avons accordé notre confiance par le biais de nos voix citoyennes lors des élections. Ce qui du coup, fait de lui un dévoué sujet de sa nation. Un Chef d’Etat, fut-il l’homme le plus intelligent du monde, ne pourrait gérer de façon efficiente une nation petite soit-elle si ses citoyens sont désunis et désorganisés. A observer de près certains de nos concitoyens dans leurs réactions, je pense à l’âne de Buridan, un âne qui est mort de faim et de soif entre son picotin d'avoine et son seau d'eau, faute de choisir par quoi commencer. Ce qui veut dire que nous devons savoir ce que nous voulons au risque de rater une fois de plus le coche de notre batterie car la machine de l’histoire ne s’arrête pas ni ne recule guère.

Alors réfléchissons bien avant de parler ou d’écrire car ce que nous émettons nous engage et entraine des conséquences partout où il y a des guinéens ou des affaires de guinéens. Mes frères et sœurs, cultivons l’union, le pardon et le travail honnête dans ce jardin commun qu’est la Guinée afin que nos enfants et les enfants de nos enfants soient fiers un jour de se réclamer guinéens.

Fraternellement votre, la Guinée en nous éternellement !


Mohamed KOUYATE,
Sociologue résidant à Rouen, France
kouyatemohamed@yahoo.fr

 
Six mois de gestion du Pr Alpha Condé vus par Tierno Monenembo

2011/6/24

Le scrutin présidentiel de novembre 2010 visait un double soulagement: celui des Guinéens échaudés par 52 ans de dictature —parmi les plus longues et les plus meurtrières d’Afrique—, mais aussi celui de la communauté internationale, hautement préoccupée par une Afrique de l’Ouest minée par les guerres civiles, le trafic de drogue et le terrorisme. Une élection même imparfaite dans un tel pays ne pouvait que réjouir, face aux vieilles psychoses que peuvent représenter le syndrome rwandais, le cauchemar ivoirien, les légions islamistes ou le fantôme de Dadis Camara.

Mais mieux vaut un mauvais départ qu’un brusque retour en arrière. La Guinée, à son tour, devait tenter le plongeon démocratique avant que ses vieux démons ne la rattrapent. Tout nouveau leader serait le bienvenu pour peu qu’il fût disposé à tourner la page. A la bonne heure: le président élu Alpha Condé promettait le changement dans un pays qui en avait fort besoin.

Cela suffisait à faire oublier, ne serait-ce que pour un moment, son élection controversée et ses propos tribalistes, qui avaient entraîné dans son fief électoral de Haute-Guinée un véritable pogrom contre les Peuls. Il aurait tout le temps pour s’améliorer après son investiture puisque, c’est entendu, la démocratie dorénavant revêt des vertus purificatrices même sous les doux cieux d’Afrique.

Alors, qu’en est- il six mois après? La Guinée est-elle entrée en démocratie? Le président Condé a-t-il apporté le changement promis?
A l'Ouest, rien de nouveau

S’il est trop tôt pour dresser un bilan (sur le plan économique, notamment), la vie institutionnelle et les actes posés au chapitre des droits de l’homme constituent des indicateurs suffisamment parlants quant à la nature du nouveau régime.

Rien hélas ne témoigne d’une volonté de rupture avec le passé. Au contraire, dans ses discours comme dans ses méthodes, Alpha Condé rappelle désespérément ses prédécesseurs comme si, à la longue, ceux-ci avaient définitivement imprimé leur malédiction dans le destin politique du pays. A la place du changement attendu, c’est une soupe bien connue qui est servie aux Guinéens: celle de Sékou Touré, réchauffée par Lansana Conté, et hâtivement repimentée par Dadis Camara.

Les signes de renouveau, on a beau les chercher, on ne les trouve nulle part dans la maison Guinée. Le nouveau pouvoir n’a même pas pris la peine de changer les rideaux ou de ravaler la façade. Les mêmes torchons, les mêmes vieilles casseroles, le même lugubre personnel!

Pivi Zoumanigui et Tiegboro Camara sont toujours ministres. Mais ces deux as de la matraque et du bâillon savent que les indignations d'Amnesty International, de Human Rights Watch ou d'International Crisis Group ne seront tout au plus que des cris d’orfraies: élection ou pas, de ce côté-ci du monde, le crime paie et continuera de payer encore longtemps.
Despotisme et népotisme increvables

Car l’Etat archaïque laissé par Sékou Touré a du mal à crever. Le germe du pouvoir personnel et ses terribles corollaires —la répression, l’improvisation, le népotisme, la ségrégation ethnique, l’ignorance totale des règlements et des procédures— demeurent insensibles à tout vaccin démocratique.

La Constitution, du moins ce qui en tient lieu, est foulée aux pieds sans le moindre scrupule. Comme par le passé, les états d’âme et les sautes d’humeur du chef organisent et contrôlent le moindre espace de la vie nationale. Sous le tintamarre de la démocratie, c’est la machine du despotisme qui continue de se déployer, à une vitesse telle qu’elle a fini de broyer les acquis durement enregistrés sous le régime de la Transition.

On tabasse et emprisonne quand on veut. On nomme et dégomme qui on veut. Le tout dans un foisonnement de décrets et de contre-décrets, qui se serait résumé à un aimable folklore s’il n’engageait le destin de tout un pays.

Ainsi, la présidente du Conseil national de la communication a été propulsée à la tête de cette institution par décret, alors que selon les textes, ce sont ses collègues qui auraient dû la désigner à la majorité des voix. Idem pour le médiateur de la République, dont le mandat de 7 ans a été brutalement interrompu: devinez au profit de qui? Du général Facinet Touré, ancien ministre des Affaires étrangères du défunt dictateur Lansana Conté. Pour couronner cette cocasse restauration de l’ordre ancien, voilà que Tidiane Souaré, dernier Premier ministre de ce même Conté, et Fodé Soumah, son ministre des Sports, sont promus conseillers spéciaux à la présidence.
La démocratie à reculons

Ironie du sort, le président Alpha réhabilite ce que le candidat Condé a voué aux gémonies… Le mythe de «l’opposant historique» habilement monté en épingle par la faune communicante de Paris paraît bien incongru devant ce sinistre tableau, où l’ancien prisonnier politique sacrifie l’agneau de la démocratie pour plaire à ses anciens geôliers.

Mais les Guinéens, qui en ont vu de toutes les couleurs, n’en seront certainement pas surpris. Ils savent qu’ils vivent dans la patrie de Sékou Touré et de Dadis Camara où, si le ridicule ne tue pas, les semeurs de mort prennent parfois des airs de saltimbanques.

Le 3 avril 2011, le gouverneur de Conakry et ses sbires se sont joyeusement mêlés à la foule en liesse venue accueillir l’opposant Cellou Dalein Diallo (de retour d’un long séjour à l’étranger) avant d’ouvrir le feu. Bilan: un mort, 27 blessés, 70 arrestations! Et un sérieux avertissement à l’oreille du malheureux Diallo: «Il n’ y a qu’un seul président en Guinée, et c’est Alpha Condé!» Traduction: des manifestations de ce genre qui avaient libre cours au temps de Conté et même de Dadis Camara (Alpha Condé en avait d’ailleurs largement profité lui-même) ne sont plus de mise.

L’enfant «Démocratie» a bien vu le jour en Guinée, mais pour l’instant, il marche à reculons. La magie du filtre électoral n’a pas fonctionné, toutes les saletés sont passées à travers: la censure, les bruits de bottes, les rafles, les tortures, les menaces de mort, les descentes musclées aux domiciles des opposants…

Tierno Monénembo, écrivain guinéen, Prix Renaudot 2008

 
Bernard Kouchner au cœur des affaires en Guinée.

2011/3/9

Ces derniers temps à la faveur du changement amorcé en Guinée, suite à l'élection présidentielle ayant permis d'installer pour la première fois un président démocratiquement élu à la tête du pays, les investisseurs se bousculent à Conakry. Chaque jour que Dieu fait, le président de la République reçoit des étrangers annonçant être venus pour investir en Guinée, un pays doté d'immenses ressources naturelles. De sorte que dans les hôtels de la capitale, il n'y a plus de places.

Seulement voilà, derrière cette volonté d'investir, il y a des affairistes. C'est le cas de l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Ami de longue date du chef de l'Etat guinéen, d'ailleurs ce dernier l'a désigné le jour de son investiture devant un partenaire de chefs d'Etat et autres invités de marque comme "son frère jumeau". Une carte que M. Kouchner compte bien utiliser pour positionner ses amis en Guinée. A l'image du milliardaire Vincent Bolloré dont il est consultant dans son cabinet. C'est du moins ce que nous découvrons dans nos enquêtes. Bernard Kouchner, ami et frère jumeau du Pr Alpha Condé et membre du cabinet Bolloré cherche à faire payer à la pauvre Guinée le prix de son investissement pour le retour à la vie constitutionnelle en Guinée.

Quand il était locataire du Quai d'Orsay, investi de la confiance de la Communauté internationale, puis qu'il pilotait à l'époque la diplomatie de l'ex-puissance coloniale, il s'est jeté dans la bataille pour mettre fin au régime totalitaire et militaire en Guinée. Bien qu’à l'intérieur, il a eu des répondants. Car, la jeunesse guinéenne s'est lourdement sacrifiée ces dernières années pour l'instauration de la démocratie et la bonne gouvernance. Cela remonte par les vives contestations syndicales, mais biens soutenues par les jeunes en juin 2006 et janvier-février 2007, puis en septembre 2009.

Chacune de ces occasions, Bernard Kouchner levait le ton pour dénoncer les abus de l'armée sur les civils. Et à partir des massacres du 28 septembre 2009 à Conakry, il a pris une option radicale. Cela lui a valu une certaine popularité dans certains milieux, notamment ceux qui étaient hostiles à la junte militaire, dirigée à l'époque par le capitaine Moussa Dadis Camara. D'ailleurs, on le soupçonne d'avoir joué un rôle important pour la mise à l'écart du bouillant capitaine qui s'est terminée par son cloisonnement dans un quartier résidentiel de Ouaga, non loin du Palais présidentiel chez Blaise Compaoré, un autre ami d'Alpha Condé, de Vincent Bolloré et de lui , Bernard Kouchner.
Ce que nombre de Guinéens ignoraient est que derrière l'humanisme de M. Kouchner se cache une série de deal en perspectives.

Raison de la présence de Vincent Bolloré à Conakry, en février passé, après le passage à Conakry de Bernard Kouchner et de son épouse qui trône à la tête de France 24. Il annonçait sa volonté d'investir en Guinée une enveloppe de 150 millions d'Euros. Le premier gibier visé était bien le port autonome de Conakry puis le chemin de fer Conakry-Kankan dont le coût de réalisation est à 650 millions de dollars.

Un marché perdu à la dernière minute pour Bolloré grâce à l'implication de Lula da Silva (ancien président brésilien et ami du Pr Alpha Condé) qui est venu positionner Vale, qui réalise ce chemin de fer jusqu'à Kérouané, en contrepartie de sa licence d'exploitation du minerai de fer de Simandou.
Nous pensons que M. Kouchner qui joue le rôle de consultant auprès de Bolloré, ne doit pas abuser de ses relations pour plonger la Guinée dans la merde.

Il serait bien de laisser le Professeur travailler sans pression. C'est la voie la mieux indiquée pour aider la jeune démocratie guinéenne de prendre racine.

En tous cas, tous ces nouveaux amis de la Guinée qui s’annoncent à l’aéroport international de Conakry Gbéssia ne sont pas des hommes saints. Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé, il est temps pour vous d’offrir la dernière chance qui s’est ouverte au pays pour le développement des sites miniers afin de résoudre les problèmes des riverains aux mines et que le pays puisse aussi être parmi les pays émergents.

 
La GUINEE "DANS LA PERSPECTIVE DES LEGISLATIVES POUR CRÉER UN CONTRE POUVOIR"(par Marwane Diallo)

2011/1/3





Après l’échec démocratique de la présidentielle en Guinée qui, a permis après tout au peuple de guinée et à l’opinion internationale de comprendre que le combat pour une véritable démocratie en Guinée, en Afrique est loin d’être gagné. On se dirige désormais vers des élections législatives pour élire une nouvelle assemblée nationale qui, espérons-le sera démocratiquement constituée pour instaurer un contre pouvoir fort au président mal élu et imposé par la communauté internationale à cause de ses multiples connivences avec l’armée. L’horizon nous annonce des législatives dans un laps de temps et elles permettront d’élire les futurs porte-paroles du peuple pour défendre ses intérêts face à ce nouveau président qui, sans doute, cherchera encore à manipuler l’opinion nationale et internationale comme d’habitude par des affabulations montées de toutes pièces. Il a déjà donné le ton en se déclarant Ministre de la Défense, créant un Conseil Supérieur des Forces Armés et nommant dans son cabinet des Généraux acquis à sa cause depuis fort longtemps comme Bouréma Condé. Il nous montre des signes de continuité dans les méthodes de fonctionnement de nos précédents chefs d’Etat comme « le décret de nomination des Ministres du gouvernement » qu’il a lui-même proposé en lieu et place de son Premier Ministre ; c’est la preuve que ce dernier n’est pas chef de son gouvernement. Sans doute, Alpha veut rapidement concentrer les pouvoirs afin d’agir comme bon lui semble avant l’installation de la future assemblée nationale. Pour éviter un tel scenario, il est plus qu’urgent de se pencher sur les préalables à réaliser avant la tenue de ces législatives. Tout simplement parce que les derniers événements en Guinée et en Côte d’ Ivoire ont permis de cerner la position de la communauté internationale sur le processus de démocratisation du continent africain. Elle ne respecte et ne défend point l’expression populaire mais plutôt le défenseur de son intérêt économique. Elle est prête à sacrifier la démocratie au prix du plus offrant pour sauvegarder ses intérêts dans l’exploitation des ressources des pays dont le sous-sol est riche en matières premières. Les observateurs internationaux des élections dans les pays en voie de développement ne sont point neutres, ils ont des consignes à faire respecter ou à valider selon le candidat qui défend le mieux leurs intérêts pour dire si oui ou non « les élections se sont bien déroulées » dans le pays en question.

Pour les législatives en Guinée, il faut absolument restructurer l’institution qui organise les élections en l’occurrence la fameuse CENI (la commission électorale nationale et indépendante). Cette commission qu’on peut traiter de tout sauf d’indépendante, est une commission corrompue, incapable de fonctionner librement, une commission capable de sacrifier la vérité pour le mensonge moyennant quelques millions de « francs glissants ». Les membres de cette commission cèdent facilement à la pression, ils n’ont aucun respect et aucune considération pour l’expression populaire. Ils siègent au sein de cette institution uniquement pour défendre leurs intérêts personnels et non pour la transparence du scrutin organisé. Nous ne pouvons énumérer tous les manquements de cette commission lors de la présidentielle, nous allons tout de même alerter l’opinion nationale et internationale, combien de fois c’est risquer d’aller aux législatives avec cette même CENI. Elle risque de récidiver avec les mêmes scenarios qu’elle a l’habitude de produire pour distraire le peuple afin de jouer la pièce théâtrale qui l’arrange. Malgré la nomination du Général malien à sa tête, cette commission n’avait en rien changé sa façon de fonctionner et son organigramme non plus n’avait pas été revu malgré toutes les suspicions sur certains de ses responsables. Sangaré est venu exécuter la mise en scène orchestrée par Lounceny Camara.

Toumani Sangaré, l’expert en élection de la Francophonie, l’homme de confiance de Diouf n’a pas honoré sa réputation en Guinée. Il a été plus qu’un amateur à la tête de la CENI avec son expertise électorale. Il a convoqué le second Tour de la présidentielle sans au préalable faire « l’état des lieux » de son institution, ensuite sans aucune évaluation des membres et des présidents des bureaux de vote, tous nommés par Lounceny Camara et à la solde d’Alpha Condé. S’ils sont maintenus, dites-vous d’avance que les législatives seront à l’image des présidentielles. Et pour éviter un second fiasco électoral, attaquons-nous à la refonte de notre « célèbre CENI » pour épargner au valeureux peuple de Guinée une autre dictature sanguinaire.

Nous mettrons également en garde la communauté internationale sur le risque de favoriser et d’accepter des élections législatives mal organisées. Avant de libérer les fonds liés au 9ème et au 10ème FED pour financer ces législatives, l’Union Européenne doit s’assurer de la transparence de la CENI en y impliquant ses délégués. Les institutions internationales doivent rectifier le tir en Guinée avec ces législatives pour mettre en marche un véritable processus de démocratisation. Elles sont bien conscientes qu’elles ont favorisé et accepté « le candidat de l’armée » pour qualifier la présidentielle guinéenne d’élection libre et transparente. Elles peuvent se racheter en finançant et en favorisant des élections crédibles aux yeux des guinéens et des amis de la Guinée.

Pour éviter à la Guinée le syndrome ivoirien, il est impératif de l’aider à organiser des élections législatives libres et transparentes pour l’instauration d’une véritable démocratie. C’est une nécessité qui s’impose à elle, si la Guinée veut éduquer son peuple à la culture électorale et également renforcer la cohésion sociale entre les communautés qui la forment.
Les premières nominations du président élu nous rappellent les méthodes de ses prédécesseurs, s’entourer d’hommes à la personnalité faible et acquis à sa cause afin d’exécuter « bêtement » sa politique. On ne change pas un pays en utilisant les vieilles méthodes de gestion, tout changement implique du nouveau. Il a constitué son cabinet avec les hommes qui ont longtemps incarné la mauvaise gouvernance sous Lansana Conté. Ces hommes sont comptables de la mauvaise situation socioéconomique et politique que vit la Guinée depuis de nombreuses années. Refuserions-nous de nous regarder dans le miroir et nous dire que ce n’est pas un changement mais plutôt une continuité? Ne perdons jamais confiance en la capacité de certains guinéens à relever le défi du changement pour permettre à leurs compatriotes de vivre dans la dignité et dans le respect de leurs libertés fondamentales. La politique ce n’est pas seulement les promesses et les paroles mièvres, c’est aussi poser des actes concrets allant dans le sens de la réalisation des promesses tenues. Certains guinéens ont du mal à croire à l’appel d’unité et de réconciliation nationale du président élu car, c’est lui-
même qui a contribué à la division ethnique qui sévit aujourd’hui en Guinée.

Il faut un pouvoir législatif fort à la Guinée pour corriger les erreurs de la présidentielle et contrer les mauvaises intentions du camp de la présidence. Il revient aux partis politiques guinéens d’exiger la tenue des élections législatives dans les plus brefs délais pour sortir totalement de la transition comme prévu par les accords de Ouagadougou. Contrairement à la présidentielle, il faut constituer une vraie alliance politique pour obtenir un groupe parlementaire fort à l’assemblée nationale afin de défendre les idéaux de leurs partis respectifs. Assisterions-nous à la dislocation des alliances pour mieux préparer les législatives ou seront-telles renforcées ? Une chose est claire pour chaque parti politique, il est impératif d’avoir des représentants à l’assemblée nationale pour assurer ou maintenir sa survie politique sur le plan national. C’est dans cette assemblée qu’il faudrait désormais agir pour défendre les intérêts du peuple en votant et en adoptant des lois utiles pour le bon fonctionnement de l’Etat de droit que les guinéens attendent depuis l’indépendance de leur pays.

Les partenaires au développement doivent également mettre la pression sur le président élu pour qu’il fixe rapidement la date de ces élections législatives. A l’instar de l’Union Européenne qui a fixé la reprise effective de la coopération avec la Guinée après l’installation de la nouvelle assemblée nationale, le reste des partenaires au développement devrait s’en inspirer pour garantir aux guinéens une démocratie crédible.

Vivement ces élections en Guinée pour doter à l’Etat un pouvoir législatif fort, capable de défendre les intérêts du peuple.

Que Dieu bénisse la Guinée en lui offrant une assemblée nationale digne de ce nom.
Amen !

Marwane Diallo
3 janvier 2011
Belgique

 
DIVERGENCES D’OPINIONS DANS LE GOUVERNEMENT DORE(par Marwane Diallo)

2010/9/14



Depuis l’annonce du fameux projet de décret d’application sur la cogestion du second Tour par la CENI et le MATAP par Jean Marie Doré, les prises de position se multiplient dans son gouvernement. Ces divergences d’opinion au sein du gouvernement alimentent, de près ou de loin aujourd’hui, le débat politique en Guinée, permettant comme d’habitude aux colporteurs d’intoxiquer et de manipuler les informations diffusées par les radios locales et les différents sites web d’information guinéens. Doré et ses ministres ne partagent pas la même vision sur l’organisation du second Tour de la présidentielle, d’ailleurs cette organisation n’a pas encore fait l’objet d’un conseil des ministres pour obtenir une position consensuelle du gouvernement.

Doré a décidé unilatéralement son projet de décret et cette attitude lui a valu des critiques très amères, de la part de certains ministres de son équipe et de tous les partisans d’une véritable démocratie en République de Guinée. Les rumeurs qui circulent à Conakry font entendre que Doré s’apprêterait à suspendre son Ministre de l’élevage qui n’est autre que Mouctar Diallo (Président des NFD). Motif invoqué : ce dernier aurait participé à un débat politique sur les antennes d’une radio privée de la place, au cours duquel, il aurait dénoncé les manœuvres de son patron et aurait rappelé les rôles de leur gouvernement.

Connaissant notre pays où les rumeurs influencent le plus souvent les attitudes de nos administrateurs, il importe de se pencher sérieusement sur cette incroyable cacophonie.

Il convient de rappeler que le Gouvernement Doré formé le lendemain de la signature des accords de Ouagadougou le 15 janvier 2010, est un gouvernement d’Union Nationale et surtout de mission, celle d’organiser le plus rapidement les élections présidentielles. En son sein, cohabitent des ministres mandatés par les partis politiques qui composaient le forum des forces vives. Cependant, depuis l’annonce de l’organisation de l’élection présidentielle, il ya eu fissure au sein du gouvernement sur la durée de la transition. Certains ministres voulant prolonger cette transition à l’instar de Jean Marie qui veut coute que coute "Doré" sa vie le plus longtemps possible. Tandis que d’autres ministres désirent ardemment l’application des accords de Ouaga pour lesquels ils se sont battus.

Il ya des signes qui ne trompent car, dès le début, Jean Marie a "doré" son tableau politique par des écritures difficiles à comprendre, refusant jusqu’à la dernière minute de notifier au peuple sa non candidature à ce scrutin présidentiel.

Les accords de sortie de crise du 15 janvier 2010 signés à Ouaga, n’interdisent à aucun leader, aucun ministre de s’afficher avec sa famille politique publiquement, encore moins de participer à un débat politique. Ces accords stipulent plutôt qu’aucun ministre de la transition ne doit être candidat à l’élection et le président des NFD ne l’est pas. Donc, il n’ya pas eu infraction de ces accords au cas où Doré voudrait utiliser cela comme argument pour justifier sa décision de suspendre son ministre de l’élevage.

Les divergences entre Doré et Mouctar ont commencé quand les NFD avaient demandé qu’on fixe rapidement la date du second tour. Jean Marie n’avait pas apprécié la démarche et il avait fait comprendre cela à son ministre de l’élevage. Le président des NFD n’est pas le seul à entretenir des relations tendues avec Doré, Kerfala Yansané Ministre de l’économie et des finances est également dans sa ligne de mire, ce dernier aurait refusé de signer un contrat d’exploitation de certaines mines guinéennes via le port de Monrovia(Liberia).

Suite à ce refus, Jean marie avait préparé un projet de décret limogeant les deux Ministres, tout simplement parce qu’ils ne cautionnent pas ses manœuvres. Si cette rumeur qui alimente le débat politique en Guinée s’avère exacte, c’est l’occasion aussi de demander ouvertement la démission du premier Ministre qui a publiquement montré son choix avec sa tournée à l’intérieur du Pays. Nous l’avons vu à Kankan, n’hésitant pas à s’afficher avec un foulard jaune autour du cou, histoire de montrer qu’il est avec le RPG.

C’est un acte de communication délibéré en cette période de campagne pour le candidat Alpha Condé avec qui, il a d’ailleurs un « deal », celui de conserver son fauteuil.

Il est bien clair que Doré n’observe pas sa neutralité parce que, au vu et au su de tout le monde, il s’active pour instituer les mécanismes de fraudes afin de compromettre le cours de la démocratisation de la Guinée. Il s’inscrit à contre sens de l’histoire de notre pays pensant qu’il peut duper tout le peuple avec ses agissements partisans. Il oublie qu’avec une telle attitude, il risque de se retrouver dans les poubelles de l’histoire.

C’est regrettable de voir un premier ministre d’un pays cautionner la communautarisation du débat politique. Jeudi, sur les antennes de la RTG, nous avons vu Doré recevoir la coordination du manding venue lui dire que leur candidat n’ira pas aux élections si ceci ou cela n’est pas fait, comme s’il ne l’avait pas rencontré à Kankan. Plus grave encore, il autorise la rediffusion de l’intégralité de leur débat. Il faut le dire, Jean Marie et son Ministre de l’information ne respectent pas le temps de parution des candidats à la télévision nationale. Tout nous amène à croire que c’est Jean Marie lui-même qui a demandé à cette coordination de venir le voir à Conakry. Il instrumentalise cette organisation pour justifier ses manipulations.

C’est une honte pour lui, il a déjà terni son image d’homme d’Etat et il met en péril l’unité nationale car, il a choisi la Haute Guinée et la Forêt ; en reléguant la Moyenne Guinée et la Basse Côte au second plan. L’attitude de Doré, c’est l’expression d’une peur, la peur de voir l’alliance des bâtisseurs au pouvoir pour déceler toutes ses combines pour se remplir les poches. Cette alliance lui fait peur depuis que les NFD sont venues la renforcer et la dynamiser pour la victoire finale, la victoire qui sortira le peuple de Guinée de l’impasse.

Ce n’est pas le moment de changer et de déplacer le débat politique, par des manipulations de textes pour détourner les guinéens de l’essentiel. La signature du protocole d’entente de mener une campagne électorale apaisée et de respecter l’indépendance de la CENI par Cellou et Alpha, a rassuré plus ou moins le peuple de Guinée, même s’il reste toujours prudent. Ce protocole d’entente a réduit les élans affichés de Doré de remettre en cause le rôle indispensable de la CENI dans cette élection présidentielle.

Nous rappelons à Jean Marie Doré que c’est dans la confrontation d’idées que naît la vérité, il ne doit en aucun cas avoir peur de l’opinion de ses propres ministres ; c’est la démocratie qui l’exige d’ailleurs. L’Etat de droit que nous voulons bâtir, ne peut se réaliser qu’avec la participation au débat de tous les guinéens, que le doyen Doré le sache.

Que Dieu bénisse la Guinée et guide ses fils.
Amen !

Marwane Diallo
Belgique
14 septembre2010


 
Second tour : contribution au débat (
Docteur B. Diakité)

2010/8/19

Contribution au débat pour le deuxième Tour du 19 Septembre 2010 de l’élection présidentielle en Guinée.

« Pour le deuxième tour de l’élection présidentielle le 19 septembre 2010, les guinéens devront prendre de la hauteur pour élever notre Nation. »

Chers compatriotes : « Il est facile d’allumer un incendie mais très difficile de l’éteindre. » Notre pays a, non seulement, énormément souffert mais a frôlé maintes fois la catastrophe. Cependant, depuis la signature des accords de Ouagadougou en Janvier 2010 et l’installation des organes de la transition, la Guinée garde l’espoir d’un réel changement dans l’intérêt de tout le Pays. Pour ne pas décevoir cet espoir, les acteurs politiques, « les intellectuels » et les leaders d’opinions doivent aujourd’hui élever le débat pour nous éviter à tous des lendemains qui déchantent.

« Comment élever le niveau du débat ? » Simplement en sortant de la culture du sectarisme, de la négativité , de la surenchère , de la désinformation , bref, de la haine et de la violence gratuite


Est-ce que les questions essentielles aujourd’hui sont : « Qui sera le président de la Guinée ? », « De quelle ethnie sera-t-il ? » ou alors « Qu’est ce que ce nouveau président pourra t-il nous apporter comme amélioration de niveau de vie, de bien-être et de sécurité à nos populations ? » A mon avis c’est cette dernière question qui doit nous préoccuper, à savoir : « qu’est ce que le futur président propose au pays comme programme ? »

Notre pays a des priorités urgentes et incontournables comme l’électrification et l’adduction d’eau de la région de Conakry, le bitumage de la route internationale Conakry Kankan (surtout dans sa portion Mamou, Dabola, Kouroussa qui est la « route de la Honte Nationale »).

Pendant la campagne électorale du premier tour, tous les candidats ont sillonné les routes guinéennes. Ils savent très bien dans quel état elles sont !! L’enclavement de nos villages, de nos villes et de nos régions contribue à nous couper les uns des autres et renforce nos replis identitaires.
Chers compatriotes, nous ne sommes pas condamnés par atavisme à la division, la confusion et à la médiocrité.

Par la lutte et au prix du sang de notre peuple, nous avons relevé un premier défi en arrachant le pouvoir au CNDD en 2009. Nous en appelons donc au sens civique des guinéens afin de mettre au dessus, l’intérêt général du pays, la paix et la cohésion nationale.
Ce qui est essentiel et qui manque à notre pays, c’est le développement social, économique et humain dans la paix. Aujourd’hui, l’essentiel n’est plus « qui va être l’Elu ? » mais « qu’est-ce que cet Elu va faire pour le Pays ? »
Ne perdons plus notre énergie et notre temps à nous dénigrer et à nous vilipender les uns les autres.
Notre problème c’est la mal gouvernance qui n’est le propre ni d’une Ethnie, ni d’une région ni d’un seul individu. C’est un système basé sur l’ incompétence, l’ état de non- droit pour ne dire de non –Etat avec une déliquescence complète des Institutions . Notre ennemi c’est notre division, le repli identitaire avec le déficit de citoyenneté qui place « l’ individu ethnique » avant le citoyen et la « nation ethnique » avant la NATION CIVIQUE avec un déficit de nationalisme pour notre malheur à tous ! En effet seule cette nation civique guinéenne peut réunir ses différentes composantes pour nous unir tous dans notre pays.
En Guinée, tout reste à faire dans tous les domaines ; tous les guinéens pourront avoir du travail et de quoi vivre largement si nous arrivons à négocier ce virage dangereux du 2ème tour du 19 septembre 2010. Pour cela, prenons tous de la hauteur et respectons la mémoire de nos martyrs tombés au champ d’honneur pour le changement !
Notre vote du 19 Septembre 2010 pour le deuxième tour ne doit pas être qu’ un vote émotionnel basé sur l’ administration d’ un candidat et notre désir de le voir gagner à tout prix ou une haine viscérale et le rejet de l’ autre candidat. Nous devons garder raison pour penser au pays surtout aux guinéens qui ont tant souffert et l’ après- élection où tout reste à faire.
Pour relever cet énorme défi nous devons respecter le vote de nos compatriotes mais aussi et surtout respecter les résultats quel que soit le vainqueur. Pour cela commençons dès à présent à désamorcer les bombes d’émotions destructrices de haine, de dénigrement, de violence que certains extrémistes sont entrain de goupiller.
En Démocratie, que je sache, tout citoyen a le droit de voter en son âme et conscience pour le candidat de son choix, quelles qu’en soient les raisons et les motivations ; ou alors c’est de l’ embrigadement non la démocratie. C’est cette liberté de choix du citoyen qui lui confère sa souveraineté.
Chers compatriotes ,une Nation est quelque chose de très fragile dont l’ équilibre peut être rompu à tout moment s’ il n’ y a pas une volonté politique farouche de vivre ensemble dans la paix sociale, le dialogue, le respect mutuel pour l’ intérêt général. C’est pour cela que le respect du vote de nos concitoyens s’avère impératif, les contestations des résultats doivent toujours se faire par voie légale.

Chers compatriotes : nous nous sommes battus comme un seul homme au sein du Forum des Forces Vives en 2009 pour mettre fin à la dictature de la junte militaire. Pourquoi ne serons pas capables maintenant de voter dans le calme le 19 septembre 2010( comme le27 juin ) et de respecter démocratiquement le résultat des urnes ? Nous pourrons le faire et nous le ferons car l’ Afrique nous observe ainsi que le reste du monde !Comme dit le proverbe « il ne faut pas manger le rat et laisser la queue »


Docteur B. Diakité..





 
Lettre ouverte au général d'Armée Sékouba Konaté
(Propositions de solutions pour la réussite du second tour), par Mohamed Condé

2010/7/20

A Son Excellence Monsieur le Président de la République par Intérim, Président de la transition le Général d’Armée Sékouba Konaté

Excellence Monsieur le président,
votre nomination à la tête de l’Etat guinéen a été accueillie comme une pluie qui tombe dans un désert ramenant ainsi l’espoir à tout le peuple assoiffé et affamé de démocratie.

En date du 15 janvier, vous et le capitaine Dadis aviez signé un protocole d’accord donnant ainsi l’ouverture pour une Guinée démocratique par le respect de vos engagements antérieurs de ne pas vous présenter aux élections à venir.

Excellence Monsieur le Président, le 27 Juin dernier, les Guinéens ont accompli avec enthousiasme l’une des premières élections démocratiques, libre et transparente dont le pays n’a jamais connu. Et cela grâce à votre détermination et votre abnégation à aller aux élections coûte que coûte.

Mais certaines personnes avaient préparé des agissements pour mettre en doute votre neutralité afin de salir votre noble combat.

Monsieur le Président, je suis un jeune Guinéen qui après analyse de la situation électorale passée du 27 juin 2010, et avec votre permission vous propose certaines solutions afin de barrer la route à ces personnes qui veulent changer le cours de l’histoire à leur profit. Ce sont :

Faire de sorte que tous les Guinéens accomplissent leur devoir civiques sur toute l’étendue du territoire contrairement au 1er tour où dans certaines localités du pays surtout dans la région de la savane guinéenne, une partie de la population n’a pas pu voter à cause de la mauvaise conduite de certains membres de la CENI n’ayant pas joué un rôle de neutralité au cour de cette élection présidentielle.

Associer le Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques (MATAP) à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour une meilleur transparence dans la gestion du second tour de la présidentielle.
Remplacer certains membres de la CENI qui après vérification ont roulé pour un parti politique, qui ont donc manqué de transparence et de neutralité.

Prendre comme présidents des bureaux de vote, des étrangers pour une bonne sécurisation des PV de bureaux de vote.

Interdire les votes par procuration qui ont été à la base de beaucoup de fraudes de la part de certains chefs de quartiers qui ont signé certaines procurations sous le poids de la manipulation.

Faire un bulletin unique pour le second tour de la présidentielle 2010.
Reprendre la formation des délégués de bureaux de vote.

Régler le contentieux des 492 000 personnes n’ayant pas de cartes électorales et faire en sorte qu’elles soient identifiées et enregistrées afin qu’il n’y ait pas d’amalgame le jour du vote.

Réduire les distances entre le lieu d’habitation et celui de vote comme l’indique le code électoral (moins de 5 km)

Excellence Monsieur le président de la transition, la Guinée ne doit plus être montrée de doigt comme un pays de misère, et pour cela Dieu vous a envoyé afin que vous puissiez démontrer aux yeux du monde entier que le Guinéen est celui qui peut se sortir des situations les plus difficiles car à cœur vaillant rien d’impossible.

Mon Général, dans une de mes correspondances que je vous ais adressée j’ai dit ceci : « Le premier ennemi d’un chef, c’est son entourage, alors entourez vous des personnes intègres, loyales ayant l’amour du pays comme vous, qui pensent d’abord à la Guinée et non à des intérêts égoïstes, ethnocentriques, régionalistes pouvant conduire notre pays à la dérive.

Les Guinéens ne doivent plus souffrir, le sang des innocents ne doit plus couler, il faut combattre la corruption, l’impunité et rendre justice à qui de droit ».

Excellence Monsieur le Président de la République, Général d’armée, nous prions le Tout Puissant Allah, le Miséricordieux, le Bienfaiteur, le Guide, de vous assister, vous guider toujours sur le droit chemin. Qu’il vous épargne des esprits mal sains, qu’il vous garde longtemps auprès de nous. Que Dieu fasse que personne n’arrive à vous dérouter de votre engagement vis-à-vis de votre peuple.
Que Dieu fasse de vous le sauveur de notre chère patrie la Guinée que nous aimons tant.

Que l’âme de tous ceux qui sont morts au nom de la démocratie repose en paix et que la terre qu’ils ont chérie leur soit légère.
Le chef éclairé est celui qui reste à l’écoute de son peuple.

Excellence Monsieur le président, les principaux portails de l’histoire vous sont ouverts à jamais, vous et toutes vos progénitures. Je vous prie de braver tout, je dis bien tout pour franchir le seuil et y inscrire votre nom en or sur le tableau en marbre et y vous installer pour l’éternité.

Tout en espérant que cette lettre retiendra votre attention, je vous prie Excellence Monsieur le Président de la transition, d’agréer mes sentiments les plus distingués.

Un jeune Guinéen assoiffé de changement véritable.

Condé Mohamed
condemso@yahoo.fr





 
"Guinée:... Et Maintenant" ? (Ansoumane Doré)

2010/7/7

Je pense de même pour le second tour et je dis aux deux candidats : Que le meilleur pour la Guinée, selon l'intime conviction des Guinéens, gagne!

Que reste-t-il à faire?
Eh bien! À poursuivre l'élan qu'a donné ce premier tour d'élection présidentielle (27 juin 2010) aux Guinéens de participer après 53 ans à une occasion de libre expression sur leur pays. Ils étaient nombreux, très nombreux à saisir cette occasion. On indique 77% des inscrits. C'est encourageant pour l'avenir.

D'autres ne l'ont pas fait pour diverses raisons mais ont peut dire que la très grande majorité de nos compatriotes ont montré à eux-mêmes et au reste du monde, combien, ils tiennent, malgré les malheurs subis, à ramener leur nation, de la honteuse situation de marginale à celle de nation respectable.
À considérer le nombre des organisations ayant dépêché à Conakry des observateurs sur la régularité des opérations de votes, nos compatriotes ont dû comprendre que leur message d'espoir d'un avenir national meilleur a été entendu.
Des appréciations globalement formulées par ces observateurs, il ressort que les choses se sont mieux passées qu'on ne pouvait attendre.

Certes, nous avons appris que quelques dysfonctionnements ou même des tentatives de fraudes géographiquement limitées ont été constatées mais ces cas ont dû être très limités pour ne pas avoir déclenché plus de bruits.

En effet, des partis et non des moindres ont pris acte des résultats provisoires annoncés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Les irrégularités ne devaient donc pas être de nature à entacher la validité des données statistiques publiées pour l'ensemble du territoire national.
Encore qu'il faille souligner que dans un point de presse, animé, samedi 3 juillet, par Sidya Touré (UFR, arrivé, troisième avec 15,60% des voix), celui-ci conteste les résultats d'Alpha Condé (RPG) dans des centres de Haute-Guinée et signale qu'un recours serait fait devant la Cour Suprême?
Quoi qu'il en soit et compte tenu de l'environnement politique tendu qui prévaut, la publication du verdict des urnes dans un relatif calme (ce qui n'est pas toujours courant en Afrique) peut être considérée comme une indication de maturité politique des Guinéens.

C'est donc le lieu de rendre hommage à l'important travail, même s'il est jugé imparfait par certains, accompli par Ben Sékou Sylla et son équipe de la CENI mais aussi au Général Sékouba Konaté dont la Présidence intérimaire a permis que cette opération d'élection présidentielle arrive au stade où nous sommes aujourd'hui.

Des 24 candidats, les deux qui se retrouveront pour le second, sont connus de tous: Cellou Dalein Diallo avec 39,72% des suffrages exprimés et Alpha Condé en ayant obtenu 20,67%.
À ce stade, il est délicat de faire des commentaires solides qui se font habituellement entre deux tours d'élection sur des paysages politiques aux variables connues: stratifications sociales, comportements habituels d'électeurs, modes de raisonnements sociopolitiques, différenciations objectives de ces modes en matière politique.
Tous ces éléments demeurent flous sur notre champ politique guinéen encore fortement marqué par l’ethnocentrisme, par diverses autres considérations et par la divagation de rumeurs incontrôlables. Il faut d'ailleurs noter que contrairement à ce qu'on entendait du temps de Dadis, la Guinée-Forestière se sera montrée moins ethnocentrique qu'ailleurs en Guinée, Papa Koly Kourouma (RDR) a été loin de recueillir la première place en voix à Nzérékoré et on cherche où sont passées les voix ayant rallié Jean Marc Telliano (RDIG) qui entend « poursuivre l'œuvre » de Moussa Dadis Camara.
Pour le reste, savoir comment vont s'opérer rationnellement les reports des voix obtenues par les 22 candidats, à présent hors compétition, peut relever de la conjecture. Les expressions « potentiel de réserves de voix, plein de voix », réalisées ici où là doivent être maniées avec prudence.

Un grand nombre de partis étant de création récente, les liens unissant les leaders à leurs électeurs du premier tour ne peuvent qu'être minces et donc pas de nature à obéir, les yeux fermés, à des consignes de vote.
À cela, peuvent s'ajouter quelques petites rancunes nées de frictions sans gravité ou de simples regards obliques entre militants de bases et même au sommet lors des campagnes précédentes, pour ne pas vouloir faire cause commune.
Autres éléments difficiles à saisir: les jeunes électeurs non marqués politiquement (chacun le sait), qui assistent indistinctement avec ardeur à divers meetings de divers leaders. Tous ces aspects doivent conduire encore à la prudence de jugement tout fait.
Pour le premier tour, en lisant et en entendant certains de nos compatriotes affirmer de façon péremptoire que « les jeux sont déjà joués », j'avais écrit: « Non les jeux ne sont pas encore joués et c'est pour cela qu'il faut que les campagnes aient lieu dans la civilité et c'est ce que les candidats doivent faire comprendre à leurs militants ». (Voir l'article, Guinée: voici venu le temps des campagnes électorales, 19 mai 2010).
Je pense de même pour le second tour et je dis aux deux candidats : Que le meilleur pour la Guinée, selon l'intime conviction des Guinéens, gagne!
C'est le vœu que je formule en dehors de toutes autres considérations. C'est aux candidats de convaincre les électeurs.

C'est après ce deuxième tour d'où sortira le Président élu de tous les Guinéens qu'on pourra se livrer à des commentaires de réflexions pour autant que cela pourrait servir.

Ansoumane Doré (France).
7 juillet10
Guinea Forum



 
COMME EN ÉCHOS AUX PRÉSIDENTIELLES(par Ansoumane Doré)

2010/6/11

De l'ivraie, il y en a parmi les prétendants et je persiste à croire que certains n'ont aucune espèce d'étoffe de dirigeant de peuple. Ils ont été seulement culturellement pétris dans des moules de la foire aux cancres

Vingt-quatre candidats ont déposé, au greffe de la Cour suprême, leur candidature pour les élections présidentielles du 27 juin prochain. Ils ont passé la visite médicale , versé la caution de 400 millions de francs guinéens et ont été retenus.Ils avaient déjà été 42 , au 24 Mai à remplir ces formalités. C'est encore TROP, comme nombre mais ces échos n'ont pas pour but de dire à la Cour suprême de revoir sa copie sur les critères qu'elle a retenus.

Je dis tout simplement que ce nombre de candidats qui n'est, peut-être , pas clos est trop élevé, car contrairement à une idée assez répandue en Guinée, on peut participer à la gestion de la chose publique sans être forcément dirigeant de parti politique et comme il n'y a pas de distance entre les “idéologies” exprimées des uns aux autres,on voit qu'il y avait des possibilités d'ententes, avant la course aux candidatures. Autrement dit , on peut efficacement être membre d'un orchestre sans être chef d'orchestre. La ruée des leaders sur le poste de la magistrature suprême d'un pays aussi démoli que la Guinée d'aujourd'hui, avec autant de problèmes à résoudre, doit amuser des observateurs étrangers mais pas du tout des Guinéens conscients de l'avenir menacé de ce pays. Cette ruée aux profondes motivations non ouvertement avouées, suggère quelques observations :

* L'État guinéen est tombé si bas, dans la conscience des citoyens qu'on aurait pu considérer comme l'élite de la nation, qu'il leur apparaît comme une place de marché populaire où chacun se précipite de bonne heure pour trouver un étal où il pourrait décupler la chaland de ses produits. C'est un état d'esprit de déconsidération et de ravalement à bas de l'État guinéen. Là, réside un danger pour maintenant et pour demain. Bien que nous ayons été un certain nombre à rendre hommage, faute de mieux, au quarte de la Transition pour sa difficile mission , c'est une œuvre inachevée qu'il laissera. La Transition que prépare la junte nigérienne à Niamey annonce des exigences élevées ,notamment de niveau de formation aux hommes et aux femmes qui auront des prétentions à la gestion de l'État nigérien au niveau supérieur. C'est un gage d'avenir.

Le cas de marchandage de l'État guinéen peut conduire à une plus grande division du pays que par le passé. Un groupement de la Diaspora d'une Région pousse,dans ses réflexions, cette conception de l'État-marchandise en établissant des critères de choix d'un candidat pour cette Région et accorde 3 points à “l'intégrité et à la moralité” des postulants et 40 points à leurs possibilités de “moyens financiers”. Ce qui signifie que la pire des fripouilles de cette Région aura la faveur des maîtres à penser de cette diaspora face à un des leurs qui a des qualités de moralité publique pour servir la Guinée. Où va cette Région, où va la Guinée, si une conception aussi matériellement basse pour une nation faisait école?

Enfin, cette ruée pour ce poste qui excède et de loin la capacité en tous points de certains aspirants candidats à la Présidence de la République - mais cela ne les effleure même pas-, cette ruée, dis-je, traduit une tendance déjà ancienne de bon nombre de nos compatriotes. Il s'agit de la surestimation de soi. N'importe qui se croit capable d'accomplir n'importe quelle tâche nationale. Il est inutile ici de remonter à la source de cette croyance. Disons seulement que les uns et les autres ayant été habitués à ne percevoir que des hommes et des femmes en boubous brodés et en costumes scintillants se réunir et bavarder aux ministères, à la Primature ou à la Présidence à longueur d'années sans résultats pouvant se qualifier en termes de développement, ont fini par croire que c'était cela la gouvernance d'un pays. En somme la belle vie, gratinée d'appellation d'origine non contrôlée (aonc) de titres ronflants comme “Son Excellence” , (excellents en quoi? On s'est souvent posé la question). Il n'en reste pas moins que de toute cette culture de fainéantise et de mensonge à soi-même, découle un énorme handicap qui demeurera à surmonter.

Sur le chapitre précis des élections si vous mettez à la tête de l'État guinéen un margoulin , il sera reçu , comme tout Chef d'État par ses homologues avec tous les égards. Et ce margoulin, après s'être étonné (en son fort intérieur) de ce qui arrive à sa “modeste personne”, finira par croire que c'est ainsi que fonctionnent les États et le monde. Il se satisfera de cette compréhension des hommes et choses . Il laissera son pays s'enfoncer dans les abîmes, sans peut-être même s'en apercevoir, puisqu'il aura atteint, lui, le nirvana. Cet état d'esprit me semble être l'une des explications du naufrage de la Guinée (et même de quelques autres pays africains) : la médiocrité satisfaite d'elle- même,assise aux commandes. La médiocrité acceptée par l'extérieur , parce que ce sont pas ses affaires a conforté beaucoup de médiocres en Guinée, à croire qu'ils sont capables de devenir Chef d'Etat, Ministres ou Ambassadeurs. Sans autres entregents que la magouille, les trafics de toutes sortes et les salamalecs à des protecteurs lointains, ces baladins ne seront d'aucune capacité pour aider la Guinée à se relever.Seuls leurs fantasmes et des folies de grandeur sans aucun fondement les poussent dans ces campagnes à moins d'escompter quelques pour cents de voix à monnayer entre les deux tours pour s'accrocher à des postes. Où est l'intérêt général? Cette question ne les effleure même pas.

Les élections présidentielles comme les législatives à venir ,sont devenues en Guinée, des champs d'investissements à la profitabilité financière , estimée plus sûre , que celle d'entrepôts de commerces d'import-export, de boutiques de produits divers, des ateliers de fabrication ou des champs de riz ou de manioc.Autrement comment comprendre que cette Guinée chroniquement sous-développée dans toutes ses structures ait pu engendrer plus d'une vingtaine de candidats qui acceptent allègrement de verser 400 millions de francs guinéens dans cette aventure? Ne me dites pas qu'il s'agit pour tous d'équipée patriotique. Je vous ai signalé, sans détour, que pour certains candidats, heureusement pas tous, il s'agit d'une course comme à des affaires commerciales, ou à une entreprise commerciale.C'est pourquoi les organes compétents de la Transition et la Cour suprême auraient encore dû éclaircir la ruée des candidatures en faisant la lumière sur les sources de financements des candidats. Ce n'est pas parce qu'on a été employé salarié , même de toute une vie qu'on peut être en mesure d'accumuler une fortune considérable, même en monnaie nationale. Si cet examen avait été sérieux , seul un petit nombre de candidats s'en serait sorti honorablement sans doute et cela aurait levé des hypothèques sur l'avenir de la Guinée. Avenir sur lequel rien n'est sûr, d'autant plus que nous avons une Armée nationale, nourrie de la culture de l'impunité et du repli sur soi. L'opinion internationale ne semble pas la préoccuper. Le Général Sékouba Konaté a tout de même semblé transcender cette image pour apparaître en Officier supérieur républicain. Mais bien qu'ayant des partisans avec lui, d'autres sont sans doute tapis dans l'ombre pour saisir la première occasion de se révolter De fait, les poursuites de sanctions internationales, brandies après les massacres de septembre 2008, n'ayant produit aucun effet dissuasif, cette Armée n'en sera que plus convaincue que les menaces extérieures ne sont que “des foutaises”, pour remettre son putsch à la moindre constatation d'incompétence des autorités en place. Il faut donc que ces autorités soient des hommes solides et non des pantins habillés en dignitaires.

C'est en considération de ces perspectives que personne de censé ne désire, que j'exprime, pour la Guinée martyrisée depuis un demi-siècle, le souhait de voir arriver aux commandes des dirigeants compétents et capables . Et il faut que nous priions tous ensemble Le Tout-Puissant Allah pour conduire les Guinéens à séparer le bon grain de l'ivraie. De l'ivraie, il y en a parmi les prétendants et je persiste à croire que certains n'ont aucune espèce d'étoffe de dirigeant de peuple. Ils ont été seulement culturellement pétris dans des moules de la foire aux cancres et n'ont plus aucune conscience de participer à un jeu dangereux de déconsidération et de démolition de l'État guinéen seul capable de construire une Nation guinéenne, une et indivisible, pour l'épanouissement humain et le bien-être de tous.

Ansoumane Doré, Dijon, France
Vendredi 11juin 2010
Source:guineenet.org

 
Campagne Electorale : 5 Milliards GNF, que de gâchis en perspective !

2010/5/27

Dans le cadre de leurs campagnes qui précèdent les élections du 27 juin 2010, les candidats ont été invités par la CENI et le MATAP, selon les prescriptions du code électoral, à ne jamais excéder le montant de 5 milliards de francs guinéens.

C’est dire qu’en carburant, tee-shirts, meetings et autres cérémonies de mobilisation les candidats aux prochaines élections, les états majors des partis politiques devraient s’arranger à cadrer leurs dépenses dans les limites définies par les lois en vigueur. Au risque d’écoper des sanctions...

Il faut cependant remarquer que si cet argent ne représente pas grand-chose sous d'autres cieux, mais en Guinée, vu la précarité ambiante, cinq milliards, c'est une coquette somme qui aurait pu régler beaucoup de problèmes notamment dans les collectivités rurales en Guinée.

Alors, un petit calcul, admettons qu'au moins dix candidats seront retenus par la Cour suprême. Ce qui fera une dépense totale admise d'au moins 50 milliards de francs guinéens.

Une manne financière qui aurait pu servir à chaque leader, soit pour construire un hôpital ultramoderne, une université entièrement équipée dans toutes les 7 régions administratives, des aires de jeux dans toutes les 33 préfectures, ou de nombreuses écoles secondaires à travers le pays...


Autrement dit chacun des leaders politiques du pays aurait dû se rendre utile à son pays, avant de prétendre occuper le fauteuil présidentiel.

En réalité, quelque soit l'angle sous lequel, on analyse ces futures et présentes dépenses de campagne, elles apparaissent dans un pays pauvre comme la Guinée, telle qu'une véritable insulte à la conscience.

 GuineeConakry.info

 

2010/5/27

Vingt-quatre candidats ont déposé, au greffe de la Cour suprême, leur candidature pour les élections présidentielles du 27 juin prochain. Ils ont passé la visite médicale, versé la caution de 400 millions de francs guinéens et ont été retenus.

Ils avaient déjà été 42, au 24 Mai à remplir ces formalités. C'est encore TROP, comme nombre mais ces échos n'ont pas pour but de dire à la Cour suprême de revoir sa copie sur les critères qu'elle a retenus.

Je dis tout simplement que ce nombre de candidats qui n'est, peut-être, pas clos est trop élevé, car contrairement à une idée assez répandue en Guinée, on peut participer à la gestion de la chose publique sans être forcément dirigeant de parti politique et comme il n'y a pas de distances entre les « idéologies » exprimées des uns aux autres, on voit qu'il y avait des possibilités d'ententes, avant la course aux candidatures.

Autrement dit, on peut efficacement être membre d'un orchestre sans être chef d'orchestre. La ruée des leaders sur le poste de la magistrature suprême d'un pays aussi démoli que la Guinée d'aujourd'hui, avec autant de problèmes à résoudre, doit amuser des observateurs étrangers mais pas du tout des Guinéens conscients de l'avenir menacé de ce pays.

Cette ruée aux profondes motivations non ouvertement avouées, suggère quelques observations :

L'Etat guinéen est tombé si bas, dans la conscience des citoyens qu'on aurait pu considérer comme l'élite de la nation, qu'il leur apparaît comme une place de marché populaire où chacun se précipite de bonne heure pour trouver un étal où il pourrait décupler la chalandise de ses produits.

C'est un état d'esprit de déconsidération et de ravalement à bas de l'Etat guinéen. Là, réside un danger pour maintenant et pour demain.

Bien que nous ayions été un certain nombre à rendre hommage, faute de mieux, au quartet de la Transition pour sa difficile mission, c'est une œuvre inachevée qu'il laissera.

La Transition que prépare la junte nigérienne à Niamey annonce des exigences élevées, notamment de niveau de formation aux hommes et aux femmes qui auront des prétentions à la gestion de l'Etat nigérien au niveau supérieur. C'est un gage d'avenir.

Le cas de marchandisage de l'Etat guinéen peut conduire à une plus grande division du pays que par le passé. Un groupement de la Diaspora d'une Région pousse, dans ses réflexions, cette conception de l'Etat-marchandise en établissant des critères de choix d'un candidat pour cette Région et accorde 3 points à « l'intégrité et à la moralité » des postulants et 40 points à leurs possibilités de « moyens financiers ».

Ce qui signifie que la pire des fripouilles de cette Région aura la faveur des maîtres à penser de cette diaspora face à un des leurs qui a des qualités de moralité publique pour servir la Guinée.

Où va cette Région, où va la Guinée, si une conception aussi matériellement basse pour une nation faisait école?

Enfin, cette ruée pour ce poste qui excède et de loin la capacité en tous points de certains aspirants candidats à la Présidence de la République - mais cela ne les effleure même pas-, cette ruée, dis-je, traduit une tendance déjà ancienne de bon nombre de nos compatriotes.

Il s'agit de la surestimation de soi. N'importe qui se croit capable d'accomplir n'importe quelle tâche nationale. Il est inutile ici de remonter à la source de cette croyance.

Disons seulement que les uns et les autres ayant été habitués à ne percevoir que des hommes et des femmes en boubous brodés et en costumes scintillants se réunir et bavarder aux ministères, à la Primature ou à la Présidence à longueur d'années sans résultats pouvant se qualifier en termes de développement, ont fini par croire que c'était cela la gouvernance d'un pays.

En somme la belle vie, gratinée d'Appellation d'Origine Non Contrôlée (AONC) de titres ronflants comme « Son Excellence », (excellents en quoi? On s'est souvent posé la question).

Il n'en reste pas moins que de toute cette culture de fainéantise et de mensonge à soi-même, découle un énorme handicap qui demeurera à surmonter.

Sur le chapitre précis des élections si vous mettez à la tête de l'Etat guinéen un margoulin, il sera reçu, comme tout Chef d'Etat par ses homologues avec tous les égards.

Et ce margoulin, après s'être étonné (en son fort intérieur) de ce qui arrive à sa « modeste personne », finira par croire que c'est ainsi que fonctionnent les Etats et le monde. Il se satisfera de cette compréhension des hommes et choses.

Il laissera son pays s'enfoncer dans les abîmes, sans peut-être même s'en apercevoir, puisqu'il aura atteint, lui, le nirvana. Cet état d'esprit me semble être l'une des explications du naufrage de la Guinée (et même de quelques autres pays africains) : la médiocrité satisfaite d'elle- même, assise aux commandes.

La médiocrité acceptée par l’Extérieur, parce que ce ne sont pas ses affaires a conforté beaucoup de médiocres en Guinée, à croire qu'ils sont capables de devenir Chef d'Etat, Ministres ou Ambassadeurs.

Sans autres entregents que la magouille, les trafics de toutes sortes et les salamalecs à des protecteurs lointains, ces baladins ne seront d'aucune capacité pour aider la Guinée à se relever.

Seuls leurs fantasmes et des folies de grandeur sans aucun fondement les poussent dans ces campagnes à moins d'escompter quelques pourcents de voix à monnayer entre les deux tours pour s'accrocher à des postes.

Où est l'intérêt général?

Cette question ne les effleure même pas.

Les élections présidentielles comme les législatives à venir, sont devenues en Guinée, des champs d'investissements à la profitabilité financière, estimée plus sûre, que celle d'entrepôts de commerces d'import-export, de boutiques de produits divers, des ateliers de fabrication ou des champs de riz ou de manioc.

Autrement comment comprendre que cette Guinée chroniquement sous-développée dans toutes ses structures ait pu engendrer plus d'une vingtaine de candidats qui acceptent allègrement de verser 400 millions de francs guinéens dans cette aventure?

Ne me dites pas qu'il s'agit pour tous d'équipée patriotique. Je vous ai signalé, sans détour, que pour certains candidats, heureusement pas tous, il s'agit d'une course comme à des affaires commerciales, ou à une entreprise commerciale.

C'est pourquoi les organes compétents de la Transition et la Cour suprême auraient encore dû éclaircir la ruée des candidatures en faisant la lumière sur les sources de financements des candidats.

Ce n'est pas parce qu'on a été employé salarié, même de toute une vie qu'on peut être en mesure d'accumuler une fortune considérable, même en monnaie nationale.

Si cet examen avait été sérieux, seul un petit nombre de candidats s'en serait sorti honorablement sans doute et cela aurait levé des hypothèques sur l'avenir de la Guinée.

Avenir sur lequel rien n'est sûr, d'autant plus que nous avons une Armée nationale, nourrie de la culture de l'impunité et du repli sur soi. L’opinion internationale ne semble pas la préoccuper.

Le Général Sékouba Konaté a tout de même semblé transcender cette image pour apparaître en Officier supérieur républicain.

Mais bien qu'ayant des partisans avec lui, d'autres sont sans doute tapis dans l'ombre pour saisir la première occasion de se révolter.

De fait, les poursuites de sanctions internationales, brandies après les massacres de septembre 2008, n'ayant produit aucun effet dissuasif, cette Armée n'en sera que plus convaincue que les menaces extérieures ne sont que « des foutaises », pour remettre son putsch à la moindre constatation d'incompétence des autorités en place. Il faut donc que ces autorités soient des hommes solides et non des pantins habillés en dignitaires.

C'est en considération de ces perspectives que personne de censé ne désire, que j'exprime, pour la Guinée martyrisée depuis un demi-siècle, le souhait de voir arriver aux commandes des dirigeants compétents et capables.

Et il faut que nous priions tous ensemble Le Tout-Puissant Allah pour conduire les Guinéens à séparer le bon grain de l'ivraie. De l'ivraie, il y en a parmi les prétendants et je persiste à croire que certains n'ont aucune espèce d'étoffe de dirigeant de peuple. Ils ont été seulement culturellement pétris dans des moules de la foire aux cancres et n'ont plus aucune conscience de participer à un jeu dangereux de déconsidération et de démolition de l'Etat guinéen seul capable de construire une Nation guinéenne, une et indivisible, pour l'épanouissement humain et le bien-être de tous.

Ansoumane Doré, Dijon, France.

 
Les enjeux de la présidentielle en Guinée(par Marwane Diallo)

2010/4/17

Dans deux mois le peuple de Guinée est appelé à désigner son « tout premier président démocratiquement élu » et cet acte est un geste patriotique qui aura une grande portée historique pour notre chère Guinée s’il s’effectue dans le respect des règles démocratiques. Cette élection sera la première digne de nom et crédible dans l’histoire de notre pays d’où la nécessité de tout mettre en œuvre pour qu’elle réussisse et qu’enfin soit instaurée la culture démocratique en Guinée.

Le peuple de Guinée, par l’élection présidentielle du 27 juin prochain, ouvrira une nouvelle ère de son existence que la communauté internationale est toute pressée de lire afin de réintégrer la Guinée dans le concert des grandes nations qui marquent toujours l’histoire de notre continent voire de notre planète.

C’est un challenge politique que nous pouvons et devons atteindre pour amorcer rapidement les différentes refontes de notre appareil administratif. Il nous faut un vrai leader, un leadeur issu des urnes, un leader fédérateur de toutes les ethnies qui forment notre pays. Un leader derrière lequel, le peuple s’identifiera et accompagnera dans l’exercice de son mandat afin de sortir rapidement notre pays de cette impasse sociopolitique qui, depuis quelques temps nous empêche de prendre un véritable élan pour notre développement.

Les enjeux de cette élection présidentielle sont multiples, ils sont surtout à réaliser pour redonner espoir et confiance au peuple de Guinée qui a du mal à prendre le train de l’histoire de ces grandes nations contemporaines. Et pourtant, le peuple de Guinée est un peuple qui sait répondre présent aux grands rendez-vous s’il est bien préparé. Rappelons-nous un 28 septembre 1958 loin de celui que nous avons connu en 2009 ; en 1958 les guinéens avaient répondu massivement à l’appel de Feu Sékou Touré pour dire Non à la colonisation française. Par cet acte responsable et historique, le peuple de Guinée a montré la voie à suivre aux autres peuples africains pour retrouver leur indépendance nationale.

C’est dire combien de fois notre peuple est un peuple modèle, un peuple qui sait soutenir, un peuple qui sait également faire confiance en ses leaders même si ces derniers l’ont toujours trahit depuis l’indépendance du pays sinon, il n’allait point se retrouver dans cette pénible situation.

Le peuple de Guinée et ses leaders politiques doivent saisir solennellement le formidable espoir qu’a suscité de Ouagadougou à Conakry, le Général Konaté pour nous permettre de choisir pour la première fois notre président par le truchement d’une élection démocratique qui, espérons-le sera transparente. Le premier enjeu de cette élection est d’intégrer la culture électorale dans la mentalité du guinéen. Le temps est venu d’encourager et d’habituer le guinéen à choisir son président. L’homme qui défendra ses droits et l’intégrité de son territoire mais également de l’image de son pays. C’est l’occasion pour tout guinéen de se sentir fier d’avoir été consulté pour choisir son président.

Le second enjeu revient à l’homme qui sortira vainqueur des urnes. Il doit être avant tout le président de tous les guinéens quelques soient leurs sensibilités sociales et politiques. Il doit être au dessus de toutes les considérations subjectives basées sur un raisonnement purement ethnique. Il ne pourra réussir sa mission qu’en impliquant tous les guinéens dans son projet de société. C’est une nécessite qui s’imposera à lui et au gouvernement qu’il formera à l’issue de ces consultations électorales. Il devra instaurer un dialogue constructif avec ses adversaires politiques car, la Guinée doit être construite par tous les guinéens sans exception.

L’autre enjeu est qu’au lendemain de cette élection le citoyen guinéen puisse avoir un gouvernement qui sera à son service. Un gouvernement qui se battra pour améliorer ses conditions de vie. Tout est possible s’il ya une véritable volonté politique de changer le cours des choses dans notre pays. C’est une occasion de rétablir la relation de confiance entre l’Etat et le citoyen, de mettre également en place la relation « Win- Win » comme disent nos amis du pays de l’oncle Sam. Le guinéen doit se sentir fier de s’acquitter de ses devoirs car, le développement du pays passe par-là aussi. Il doit être confiant en payant ses taxes et non avoir peur que son argent ne se retrouve dans les poches de ses dirigeants.

Il ya un autre enjeu qui revient à la jeunesse guinéenne qui doit se montrer responsable en réclamant une implication non négligeable dans la gestion des affaires publiques. Il faut qu’elle soit digne de réclamer sa part de responsabilité. La Guinée appartient à toutes les générations, la jeunesse ne doit pas rester indifférente à la situation sociopolitique du pays. Elle est l’avenir de ce pays, elle doit pouvoir dessiner une Guinée juste, paisible dans laquelle chacun de nous se sentira en sécurité. Elle doit pouvoir également assurer à nos ainés une retraite convenable leur permettant de s’habituer à ce principe de la vie active. Une telle retraite favoriserait d’une part la création d’emplois à la jeunesse, d’autres part réconforterait les doyens d’avoir servi le pays car, toutes les administrations du monde transmettent le témoin de génération en génération évitant ainsi l’exode massif de sa jeune génération, relève de demain.

Guinéennes et guinéens nous avons l’occasion d’écrire une nouvelle fois une page importante de l’histoire de notre pays alors, saisissons-là.

Que Dieu nous guide vers la réussite de cette élection présidentielle pour qu’enfin notre chère Guinée soit parmi les pays où règne une réelle démocratie.

Amen !

Marwane Diallo,
Bruxelles.
aujourdh'ui-en-guinee.com

 
Prochaines élections: : “Le vote du 27 juin prochain marquera une rupture avec les pratiques électorales douteuses du passé”, dixit Aboubacar Fofana, Economiste

2010/4/17

La date du premier tour des élections présidentielles est fixée au 27 juin 2010, sur proposition de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et pour être en conformité avec les accords de Ouagadougou signés le 15 janvier 2010 entre le Capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, sous l’égide de Monsieur Blaise Compaoré, médiateur désigné par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de L’Afrique de l’Ouest). Le deuxième tour est programmé trois semaines plus tard.

Après la nomination d’un premier Ministre, en la personne de Monsieur Jean Marie Doré, issu des rangs des Forces Vives (FV), le gouvernement ainsi que le Conseil National de la Transition (CNT) ont été mis en place.

Comme vous pouvez le constater, tous les organes de la transition sont à présent en place à défaut d’être opérationnels.

La mission dévolue à ces organes reste la restauration de l’autorité de l’Etat, la continuation du recensement des populations et l’organisation d’élections libres et transparentes d’ici trois mois maintenant.

C’est dans ce cadre que le recensement des guinéens à l’extérieur a repris ce mardi 18 mars en Europe après une interruption suite aux dramatiques évènements du 28 septembre 2009 à Conakry.

Il est impératif qu’un maximum de ressortissants se fasse recenser dans ce délai de deux semaines pour pouvoir figurer sur les listes électorales et ainsi satisfaire au devoir civique que constitue le vote et qui est consacré par la constitution. Cette dernière d’ailleurs ne fait pas de distinction entre les différentes composantes territoriales qui constitue la nation.

Pourquoi est-ce important de se faire recenser et de voter, pour les guinéens vivant à l’extérieur?

Parce que c’est un droit qui a été conquis de haute lutte, après la fin de la première république où cette catégorie de guinéens était considérée par le régime de Monsieur Sékou Touré comme des apatrides, des parias que l’on opposait volontiers à ceux qui étaient resté et qui avaient vécu les affres de la pseudo révolution qui a abouti au drame humain que l’on sait.

Il faut d’ailleurs noter que c’est une spécificité, une avancée en Afrique, que ce vote des guinéens vivant à l’extérieur des frontières nationales. En effet, à moins d’une erreur, nous ne connaissons pas beaucoup de pays sur le continent dont les ressortissants jouissent de cette possibilité. C’est quelque chose de positif qu’il faut préserver, quelque soit le prix à payer. C’est certainement dû à l’histoire mouvementée de notre pays qui a vu près du tiers de sa population s’exiler pour fuir les atrocités et la dureté du premier régime mis en place au lendemain de l’indépendance en 1958.

Ce droit de vote découle de la constitution de la deuxième république qui l’a consacré et mis en pratique à travers son approbation par référendum en 1992, le tripatouillage de celle-ci en 2002 et l’élection présidentielle de 1993 qui s’en est suivie.

Pour les grandes consultations nationales qui engagent l’avenir de la nation, cela fait maintenant vingt ans que cet acquis est pratiqué. C’est d’ailleurs pour cette raison fondamentale que les inquiétudes sur la participation des guinéens à l’extérieur aux prochaines élections présidentielles devaient être relativisées, voire minimisées car même aux pires moments du régime autocratique de Monsieur Lansana Conté, on n’a pas osé y toucher.

«Un droit ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.»

Le vote du 27 juin prochain marquera une rupture avec les pratiques électorales douteuses du passé. Pour la première fois, les guinéens dans leur ensemble voteront pour des élections que nous souhaitons libres, et transparentes et dont les résultats s’imposeront à tous.

Cela est rendu possible par le fait que toute personne ayant assumé un rôle dans la transition en cours ne pourra être éligible, que ce soit le Chef de l’Etat par intérim, le Premier Ministre, les membres du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement), du gouvernement ainsi que ceux du CNT.

C’est une compétition, non pas entre un pouvoir sortant et son opposition mais plutôt entre les différentes composantes de la classe politique guinéenne.

C’est là un gage d’équité et de succès qui pourra conduire ce pays à une vie politique apaisée après plus d’un demi siècle de violences politiques, de dictature et de confiscation des libertés essentielles du peuple comme celle de choisir librement ses représentants et sans contestation aucune. Ce sera un argument de moins pour les fauteurs de troubles et un antidote contre un coup d’Etat éventuel qui prend souvent appui sur les contestations post électorales et les insuffisances du jeu politique et démocratique.

Nous souhaiterions qu’au soir du deuxième tour de scrutin de ces présidentielles et après promulgation des résultats par la CENI, le perdant reconnaisse aussitôt sa défaite et félicite le gagnant et que ce dernier se montre grand seigneur et traite son adversaire comme cela se doit à l’image des élections qui se sont déroulées au Ghana.

Aboubacar Fofana

Economiste

Président du Club DLG (Demain La Guinée). Paris
Source: Médiaguinee.com

 
Petite note Rapide:"je veux exprimer ma satisfaction sur les bonnes nouvelles que les Guinéens accablés de malheurs viennent de recevoir après les terribles massacres de nos compatriotes par des tontons macoutes..."dixit Ansoumane Doré

2010/3/29

Je dis petite note rapide car j'ai l'habitude d'adresser à l'attention des lecteurs des textes plus longs pouvant comporter quelques idées à réflexion que je compte, d'ailleurs, poursuivre. Inch'Allah!

Dans cette petite note, je veux exprimer ma satisfaction sur les bonnes nouvelles que les Guinéens accablés de malheurs viennent de recevoir après les terribles massacres de nos compatriotes par des tontons ma coutes qui croient encore mériter l 'appellation respectable d'Armée nationale et que certains ,par un mimétisme ridicule , continuent d'appeler «la grande muette».

Ces bonnes nouvelles , vous devinez, ont été apportées de l'Extérieur par des témoignages d'ONG devant l'opinion publique internationale mais aussi par les rapports accablants de HRW et de la Commission d'enquête internationale des Nations Unies sur la responsabilité de Dadis et du CNDD dans le crime contre l'humanité que constituent les hécatombes de septembre 2009 à
Conakry .

Il y a naturellement aussi la position courageuse du Président de la Commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas ; sans oublier l'action de l'Intérieur par l'apport du Forum des forces vives , dans toutes ses composantes et celle de Guinéens engagés en particulier pour la manifestation de la vérité sur les crimes commis. Les créatures du CNDD, habituées à l'impunité dans les violations permanentes des droits fondamentaux de l'homme , n'avaient pas d'abord semblé véritablement prendre conscience de leurs forfaitures même quand elles parlaient de commission d'enquête internationale .Le CNDD a même été jusqu'à former une commission nationale composée pour l'essentiel d'affidés de Dadis et de son camp. Qui pouvait donc croire à la neutralité d'une telle commission? Mais ce genre de question ne se pose pas à des gens de leur conception de l'État ni chez leurs supporteurs, tous adeptes actifs ou passifs de la manipulation. Sur ce point, c'est exactement comme si une bande de criminels constituaient une commission pour juger leurs crimes. C'est ce qu'on désigne couramment par l'expression « être juge et partie ».

Mais ces hommes ne savent manier que la manipulation des citoyens .

Quand ils insistent sur le fait d'être parvenus au pouvoir sans effusion de sang en décembre 2008; qui sont les auteurs des assassinats de Guinéens en 2006, 2007 ,2008 ( avant le coup d'État) , sans parler des exécutions sommaires d'anonymes citoyens, sinon des soldats?

Le coup d'État du 3 avril 1984 contre l'État hyper organisé du PDG n'avait rencontré aucune trace de résistance , donc pas d'effusion de sang. Comment voulez-vous qu'un putsch contre l'État déliquescent de 2008 ait pu rencontrer de la résistance pour faire couler du sang?


Je le répète comme je l'ai déjà fait que n'importe quel groupement de cette armée qui aurait pris l'initiative du putsch ,n'aurait pas eu en face de résistants. C'est du reste, Toumba, qui dans son interview donne une idée du degré de vaillance des tontons ma coutes du CNDD. Quand Dadis était à terre suite au coup de Toumba, un grand nombre de ceux qui étaient chargés de le protéger, ont pris la fuite, dit Toumba. C'est peut-être ce qui a été sa chance à lui de s'échapper. Et dire que le fameux Idrissa Chérif parlait dans un délire de deuxième armée de l'Afrique de l'Ouest. Où a-t-il donc pris les éléments de comparaison avec d'autres armées ouest-africaines? Encore de la manipulation de l'opinion guinéenne, du bluff! Rien d'autre.

Tout ce constat devrait conduire nos compatriotes qui se sont alignés derrière le CNDD à réfléchir. Ils sont dans la position de ceux qui ont attrapé un oiseau par la queue. Il est encore temps pour les moins compromis de lâcher prise, autrement, c'est l'oiseau qui leur échappera et s'ils ne voient pas comment aujourd'hui; ils le verront bientôt.

Si le contexte paraît favorable pour les combattants légitimistes pour la démocratie en Guinée que constituent les Forces vives, les seuls vrais démocrates, aujourd'hui, la bataille est encore loin d'être gagnée. Il faudra plus d'unité d'action de ces Forces vives. C'est l'objet de la 3e partie de l'article « Le nœud gordien » à venir.
Les échafaudages qui se construisent actuellement, à partir de l'Armée , sur l'après- Dadis ne paraissent pas et ne pourraient pas être annonciateurs d'avenir cohérent.

Sékouba Konaté est loin de maîtriser des tontons ma coutes qui ignorent ce que sont discipline et lois. D'ailleurs cela se sent dans son discours du 23 décembre à ses frères d'arme. Chaque fois qu'il a parlé de victimes, ce mot s'est accompagné des qualificatifs «civils et militaires».Or, à ce qu'on a su, aucun militaire n'a été tué ni blessé, le 28 septembre 2009, mais il y a eu 157 tués et plus de 1200 blessés civils, ce jour là. S'il s'agit, d'ajouter à ces victimes innocentes, celles des militaires tombés dans le règlement de comptes de Koundara entre militaires qui s'étaient jurés fidélité , cela sent l'embarras et cette macabre comptabilité ne tient pas debout.

Konaté doit, d'ailleurs , se dire que des tontons ma coutes qui ont prêté le serment de fidélité sur le Coran ou la Bible sont exactement comme des ivrognes qui jureraient sur des bouteilles vides leur disant qu'ils ne boiraient plus le liquide qu'elles avaient contenu. Qui, au Camp Alpha Yaya pouvait-il , un instant, penser en septembre 2009 que c'est le Lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité dit Toumba, l'aide de camp (l'homme de confiance) de Son Excellence Capitaine Moussa Dadis Camara, Président du CNDD, Président de la République, Commandant en Chef de l'Armée guinéenne, qui allait tenter de l'assassiner en lui logeant une balle dans la tête? Tout le rapport de confiance mutuelle entre militaires guinéens se trouvera encore consigné longtemps , à mon avis, dans cette interrogation. Dans ce contexte, je ne vois pas comment, avec un minimum de bon sens, des militaires guinéens peuvent s'imaginer diriger ce pays la tête au repos. Dans la suspicion des uns et des autres, puisqu'il ne s'agira pas seulement de règlement entre gradés comment continuer à travailler ensemble?

Ce disant, je sais qu'il existera des individus butés comme Moussa Keita, des caniches d'allées des pouvoirs comme Idrissa Chérif prêt à renifler n'importe quelle boule puante. Mais comme je l'écrivais sur sites vers le 5 septembre dernier dans « Guinée: toujours le brouillard »: « C'est le pouvoir démocratique qui est la voie de l'avenir , même en Afrique.

Toute politique qui consiste à payer avec des deniers publics des soutiens fantoches est à courte vue. L'orgueil démoniaque qu'on peut éprouver dans la quête du pouvoir , l'aveuglement de ne pas pouvoir s'arrêter à temps , le cynisme dans les calculs politiciens peuvent conduire non pas aux délices du pouvoir mais des à cauchemars voire à des drames familiaux. Mais l'habitude du Guinéen est de projeter l'avenir même collectif dans des hypothèses très optimistes mais rarement l'inverse est envisagé pour se tenir dans une position de reconversion ».L'avenir guinéen peut donc être favorable aux Forces vives pour une reconstruction du pays à conditions que chacun des dirigeants mette la Guinée au-dessus des intérêts partisans.

Les nombreux Guinéennes et Guinéens tombés directement ou indirectement au nom de cette liberté de notre patrie exigent enfin une union sacrée des forces du progrès. Dadis, selon toute vraisemblance, ne sera plus de retour au pouvoir. Même avec des hésitations, Sékouba Konaté, son intérimaire a parlé dans son discours d'élections transparentes sans plus.

Les leaders des partis des Forces vives doivent donc continuer la pression à l'Extérieur comme à l'Intérieur mais aussi sérieusement penser à l'organisation d'une courte transition pour cela .

Ils doivent aussi réclamer à l'Extérieur et avec conviction l'intervention d'une force extérieure pour la protection de la population et une assistance humanitaire.


Ceux qui disent le contraire n'ont rien compris et rien ressenti des malheurs de 51 année du peuple guinéen. Nombre d'entre eux vivent dans de relatif confort ailleurs en Afrique ou en Occident. Ils mangent matin et soir et bénéficient de la protection de leurs droits élémentaires dans des États de droit où ils vivent.

Il est donc facile pour eux de se donner bonne conscience en ressortant des idéaux de dignité, de souveraineté et d'indépendance qui ont continuellement bafoués en Guinée.

A ces soutiens du CNDD qui vivent en Amérique, en Europe et ailleurs, pourquoi, préfèrent-ils faire n'importe quoi à l'Extérieur plutôt que d'aller aider Dadis et le CNDD à réaliser leur programme pour la Guinée?

Comment peut-on vivre avec une telle contradiction en soi et un tel mensonge avec soi-même? Quant à ceux qui se sont rangés derrière les Forces vives guinéennes pour le changement de la gouvernance dans notre pays; ils ne peuvent plus continuer à croire la parole de cette Armée qui n'a pas de parole d'honneur.

Ansoumane Doré
Dijon (France)
guineelibre.com

 
Forum des Forces Vives Section France : le Président de la CENI Ben Sékou Sylla rencontre les guinéens de France

2010/3/29

Le Forum des Forces Vives section France vous invite à une rencontre d’échanges avec le Président de la commission Électorale Nationale Indépendante ( C.E.N.I) , M. Ben Sékou Sylla : Le mercredi 31 mars 2010 de 18h à 21h à l’AGECA.

177 rue de Charonne

75011 Paris

Métro : Alexandre Dumas

Nous vous remercions d’avance de votre participation effective à cette rencontre.

Nous sommes à une étape décisive de notre démocratie et d’un État de droit pour lesquels vous vous êtes toujours battus.

Pour le bureau,

Dr B. Diakité.
Coordinateur des Forces Vives de Guinée section France
guinee58.com

 
DES PROCHAINES ELECTIONS: C’est une compétition, non pas entre un pouvoir sortant et son opposition mais plutôt entre les différentes
composantes de la classe politique guinéenne.(Aboubacar Fofana)

2010/3/29

La date du premier tour des élections présidentielles est fixée au 27 juin 2010, sur proposition de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et pour être en conformité avec les accords de Ouagadougou signés le 15 janvier 2010 entre le Capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, sous l’égide de Monsieur Blaise Compaoré, médiateur désigné par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de L’Afrique de l’Ouest). Le deuxième tour est programmé trois semaines plus tard.

Après la nomination d’un premier Ministre, en la personne de Monsieur Jean Marie Doré, issu des rangs des Forces Vives (FV), le gouvernement ainsi que le Conseil National de la Transition (CNT) ont été mis en place.

Comme vous pouvez le constater, tous les organes de la transition sont à présent en place à défaut d’être opérationnels.

La mission dévolue à ces organes reste la restauration de l’autorité de l’Etat, la continuation du recensement des populations et l’organisation d’élections libres et transparentes d’ici trois mois maintenant.

C’est dans ce cadre que le recensement des guinéens à l’extérieur a repris ce mardi 18 mars en Europe après une interruption suite aux dramatiques évènements du 28 septembre 2009 à Conakry.

Il est impératif qu’un maximum de ressortissants se fasse recenser dans ce délai de deux semaines pour pouvoir figurer sur les listes électorales et ainsi satisfaire au devoir civique que constitue le vote et qui est consacré par la constitution. Cette dernière d’ailleurs ne fait pas de distinction entre les différentes composantes territoriales qui constitue la nation.

Pourquoi est-ce important de se faire recenser et de voter, pour les guinéens vivant à l’extérieur?

Parce que c’est un droit qui a été conquis de haute lutte, après la fin de la première république où cette catégorie de guinéens était considérée par le régime de Monsieur Sékou Touré comme des apatrides, des parias que l’on opposait volontiers à ceux qui étaient resté et qui avaient vécu les affres de la pseudo révolution qui a abouti au drame humain que l’on sait.

Il faut d’ailleurs noter que c’est une spécificité, une avancée en Afrique, que ce vote des guinéens vivant à l’extérieur des frontières nationales. En effet, à moins d’une erreur, nous ne connaissons pas beaucoup de pays sur le continent dont les ressortissants jouissent de cette possibilité. C’est quelque chose de positif qu’il faut préserver, quelque soit le prix à payer. C’est certainement dû à l’histoire mouvementée de notre pays qui a vu près du tiers de sa population s’exiler pour fuir les atrocités et la dureté du premier régime mis en place au lendemain de l’indépendance en 1958.

Ce droit de vote découle de la constitution de la deuxième république qui l’a consacré et mis en pratique à travers son approbation par référendum en 1992, le tripatouillage de celle-ci en 2002 et l’élection présidentielle de 1993 qui s’en est suivie.

Pour les grandes consultations nationales qui engagent l’avenir de la nation, cela fait maintenant vingt ans que cet acquis est pratiqué. C’est d’ailleurs pour cette raison fondamentale que les inquiétudes sur la participation des guinéens à l’extérieur aux prochaines élections présidentielles devaient être relativisées, voire minimisées car même aux pires moments du régime autocratique de Monsieur Lansana Conté, on n’a pas osé y toucher.

«Un droit ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.»

Le vote du 27 juin prochain marquera une rupture avec les pratiques électorales douteuses du passé. Pour la première fois, les guinéens dans leur ensemble voteront pour des élections que nous souhaitons libres, et transparentes et dont les résultats s’imposeront à tous.

Cela est rendu possible par le fait que toute personne ayant assumé un rôle dans la transition en cours ne pourra être éligible, que ce soit le Chef de l’Etat par intérim, le Premier Ministre, les membres du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement), du gouvernement ainsi que ceux du CNT.

C’est une compétition, non pas entre un pouvoir sortant et son opposition mais plutôt entre les différentes composantes de la classe politique guinéenne.

C’est là un gage d’équité et de succès qui pourra conduire ce pays à une vie politique apaisée après plus d’un demi siècle de violences politiques, de dictature et de confiscation des libertés essentielles du peuple comme celle de choisir librement ses représentants et sans contestation aucune. Ce sera un argument de moins pour les fauteurs de troubles et un antidote contre un coup d’Etat éventuel qui prend souvent appui sur les contestations post électorales et les insuffisances du jeu politique et démocratique.

Nous souhaiterions qu’au soir du deuxième tour de scrutin de ces présidentielles et après promulgation des résultats par la CENI, le perdant reconnaisse aussitôt sa défaite et félicite le gagnant et que ce dernier se montre grand seigneur et traite son adversaire comme cela se doit à l’image des élections qui se sont déroulées au Ghana.

Aboubacar Fofana

Economiste

Président du Club DLG (Demain La Guinée).
Paris le 26 mars 2010.
infoguinee.com

 
Nous venons tous du ventre d'un serpent

2010/3/29

Ce devait être Le Grand Serpent du Wagadou. Tous ou presque, nous sommes sortis de son antre, « dinga », diraient les Bamanas. A l’exception peut-être d’un segment de Peuls comme leurs cousins Tutsis venus, selon une version historique, directement d’Egypte. Une autre version parle de métissage entre Arabes et Nègres probablement Sarakollés. Ce Wagadou qui a bâti une civilisation sinon antérieure du moins contemporaine de celle de l’Egypte antique dont les scribes parlent de leurs origines africaines. Il y a de cela plus de 5000 ans, quand les habitants de ce royaume « mythique » commerçaient déjà avec la Chine, la Turquie, etc.

La paléontologie moderne dit que nous venons de plus loin, par de-là les abysses du Dinga, la fosse, l’Ancêtre comme disent les Bamanas. Nous venons de Lucie. Nous ? Yes, all we are Niggers, les Baptous (Toubas en langue du 9,3), les Chinois et les Lapons ! Et même ceux qui jactent « Allgemeine uber ales !

(orthographe ?). Voilà, le malentendu, une grande partie du Mal entendu, le mal en temps dû, l’ère de la gésine (Cheik Hamidou Kahn), vient de ceux qui nous ont baptisé notre ancêtre commune délivrée par l’Afrique en travail (le nom pourrait changer, mais pas le Continent africain), oui, de Lucie fut-elle affublée, au lieu de l’appeler Fanta, ou mieux, Korotoumou. Lucie, oeuvre de Lucifer, le Malin !

En effet si Fanta est une africanisation de Fatima, fille du Prophète Mouhammad (PSL), Korotoumou ne vient pas de Khartoum (au Soudan) déformation arabe de.. Korotoumou, vocable égyptien de l’Egypte antique, selon une de nos dernières bibliothèques vivantes (1).. Et la source de ce « discours » n’est pas dans Cheick Anta Diop, ni de son héritier Obenga, ni du Professeur Niangoran Boua qui est arrivé aux mêmes conclusions que le Professeur sénégalais, pour l’essentiel, à propos de l’origine nègre de l’Egypte et de l’unité culturelle de l’Afrique (mais pas des Africains d’aujourd’hui). Le Professeur Boua y est parvenu par d’autres voies, notamment la « drummologie », discours du tambour à nouvelles (Korokoto) ; on dit aussi le tambour bien nommé, tambour à lèvres, n’est-ce pas mes frères Maninka (et), Konias ? Ce « discours » vient des chasseurs bamanas qui n’ont jamais lu ni Anta Diop, ni le Professeur Niangoran Boua. Cela se trouve dans leurs textes sacrés, qui parlent des pharaons, ou de cités situées en Afrique aux noms à consonance égyptienne. Je parle de l’égyptien antique.

Le vrai chasseur bamana était surtout Dioula, qui veut dire chercheur de Vérité, eh oui, pas seulement massacreur de biche. Et donc le Dioula n’est pas seulement vendeur de casse à Mafanco-Condé-RPG « a lélé tchô ! », en Guinée ou à Séguéla-Ouatara-RDR, « tout sauf ADO.. », en Côte d’Ivoire !

D’ailleurs et je vais du cok à l’âne, dans Konia et Nko, il y a deux radicales (en gros, consonnes) : k et n. Les deux renvoient au « Kun Fa Ya Kun » du saint Coran, équivalent du « « Que la lumière soit, elle fut » de l’autre monothéisme. Mais ces deux radicales sont des lettres égyptiennes, car comme chacun ne le sait pas forcément, l’hébreu n’existe pas, l’arabe non plus, les deux langues venant directement de l’égyptien ancien, (2) tout comme le monothéisme fut « inventé » (trouvé devrais-je dire pour ne pas choquer les croyants) oui, dans le secret des temples des Egyptiens, à la fois nos fils et nos pères, si l’on m’a bien suivi jusqu’ici. Akhenaton (fils du Dieu unique Aton, le Soleil), alias Aménophis IV du temps où il était polythéiste adorant Amon, est le plus connu parmi les « découvreurs » du monothéisme en Egypte. Ce changement de nom ne serait pas fortuit, à cause du k de Akhenaton, nous y allons.

Donc le vocable Nko qui divise tant ces derniers temps, est insensé. Oui le O de Nko pouvant être pris pour U (en effet le monosyllabe OM des Hindous peut s’écrire AUM), donc Nko peut se dire Nku, inversion de Kun, celui-là même du « Kun, fa ya kun ! ». Ici et maintenant j’improvise. On peut oublier le n et ne retenir que la radicale K. Je dis oublier et non jeter. En effet « kun, sois ! » pouvant être « kana : a été, entrain d’être » (précisément est, le présent de l’indicatif français n’existe pas à proprement parler en arabe), veut bien dire que le n bouge, il a une fonction attributive (je ne suis pas linguiste, au secours pour la terminologie !) Bref, le K est fixe, comme celui de Kemia dont on peut oublier le m. Kemia (al Kémia, alchimie des Baptous). Kemia chez les Egyptiens veut dire terre noire. Et vous savez que les alchimistes recherchent la pierre philosophale (voir Google.) qui n’est pas un caillou en or comme croit le béotien, mais la connaissance absolue.

Kemia terre noire ou terre des Nègres. Si donc le n et le m peuvent bouger, le K reste fixe et droit comme un AXE, ce qui est fondamental. L’axe qui relie le Ciel et la Terre, l’argile et l’eau : l’Homme, sans couleur. « L’Homme sans qualités » (3). Ni noir ni blanc. Mais puisque nous parlons de « l’Homme sans qualités » chef-d’œuvre de cet autrichien dont le nom me reviendra peut-être, parlons de la terre en sa langue. Donc erd en allemand, arthun en arabe, earth en anglais, et pourquoi pas, terre en gaulois (il y a toujours ces deux radicales t-d, r), cette synonymie-homonymie suggère que nous avons affaire avec la même langue, la langue mère : l’argile dont nous sommes pétris disent tous les monothéismes. Cette terre nègre faite Homme. Kemia, terre. Il y a même un patronyme égyptien, Kam, le Cham, maudit fils du prophète Noé de la sainte Bible, parmi une trentaine de patronymes de mon « ethnie », les Diawambhè, Diogoramè, en bamana, dont mon nom est au centre à cause du K. Les Bassoum, Niane, Niangadou et autres Diawambhè (diaw : rapide, plus rapide que le plus intelligent Peul, dixit Amadou Hapâté Bah, désolé Monenembo), donc les Diogoramè sans k n’ont ka se ranger derrière moi ! Je ne serais pas content de ceux qui me rabaisseraient en écrivant Bocoum. Je suis Konia Ka ? Figurez-vous ! L’Homme c’est le K, Ka ? demandent les Hal Poular surtout les Toucouleurs ou Peuls du Toro, comme Abdou Anta Ka, Djibo Ka..

L’Homme qui est au large de l’homme, c’est le k. Et c’est le cas de le dire ! Ni Dupont Ni Bokoum, ni Cissé, ni Soumah, ni Diallo, ni Kaba, tiens, tiens, Kaba Plato, Kaba tô, voyons voir, k baa, le grand K, faut aller vérifier cela à Kankan, nettoyez les voyelles et vous aurez « Kun Kun ! Sois ! Sois ! » Je délire !

Ni Doré, ni Assifat, ni..

Continuons, car « Lonni tè ban », le Savoir est infini. « Finkè banna ! Oï Allah ! » Dit-on en manika-bamana. Untel est fini, mort. Donc si « Lonni tè ban », le vrai savoir est immortel. De là à dire que le Vrai est immortel est une évidence. Mais y accéder ici et maintenant, c’est la quête du Graal ! L’ésotériste soufi dirait c’est Al Haq. L’inépuisable Absolu. Le Vrai, la Vérité. Dans Hak, il y a le h de Houwa, l’Ipséité (Lui), qui renvoie au tétragramme hébreu du Nom imprononçable, Y H W, équivalent du Grand Nom dans l’ésotérisme musulman. YAHVE, des Juifs, surtout, surtout il y a ce « K, noir,.. » pour parler comme le visionnaire Rimbaud dans son fameux poème des correspondances, titillant « L’Etre dans son étantité » insondable (Heidegger) qui échappe à la connaissance, mais qui « Se révèle en Se retirant comme la mer », a dit Hölderlin, l’autre génial poète qui y a sombré.

Le K, nègre. La Vérité. Le Vrai. J’arrête pour qu’on ne croit pas que je distille quelque prosélytisme.
Je disais, continuez, vous avez réussi à sortir même Ansoumane de ses gongs. Il faut le faire. Or le coup de gong siffle la fin d’un match, le match des « maninkadjon », « O bhalèdjo !» (Ce Nègre !), face au « petit Métisse sarakollé, ou négro-perse, joutant avec le Man-dingo qui lui jette à la figure « flakè !», voulant dire comme Moussa, le Dioula de Côte d’Ivoire, « Blanc pour nous-là » !Hé kéla ! dirait Sassine.

Alors où est la diff-errence entre le Koniaka de Beyla et celui transloqué et qui fut stoppé net par ce « I lô ! I lô.. » à Lola ? Allô là, vous me suivez toujours ? La différence entre ce Doré si, et ce Doré là, n’est qu'une petite musique, une affaire de culture. Mais laquelle ? Celle de l’igname ou celle de la langue de singe ? Ce débat est sain, il pourrait même mener à la sainteté si..Tant qu’il traduit une quête de soi, aussi désordonnée soit-elle. Il finit par devenir malsain si l’on s’entête à ne pas l’initier par une enquête.
« Cherchez, vous trouverez ! »

Le Dinga n’a pas commencé un certain 28 Septembre. Remontez de Septembre en Septembre, vous tomberez dans le Dinga de nos origines, et vous serez sauvés des cauchemars ethno. Mais ne faites pas comme Nietzsche (3) qui finit par avaler le grand serpent qui croyait pouvoir échapper à son propre engloutissement par ce dernier. Soyez fiers Koniaka de Beyla ou de Lola ! Il y a de koi. Mais cela crève l’œil et ne se voit pas. Ne dit-on pas Konia ? Vous y êtes ? Alors Kogna, ça va mieux ? Vous ne voyez toujours pas ! Kogna, la manière d’être d’une chose. Il faut être bref, konia-kogna est un état de l’Etre, une de ses multiples manifestations (4). Chaque être naît K, c’est l’éducation qui fait de nous tous Koniakas ! Et non pas Touré (Sékou) ou Konté, (Lansana) ou Kamara (Dadis), ou même Konaté. Stop ! « Kô na tè ! » Une chose, l’être et son.. « entre », ou antre, son dinga. Qu’est-ce l’ »entre », sinon l’intermédiaire, c’est-à-dire l’intérimaire ! Si vous voyez ce que je veux dire ! Excellence M. L’Intérimaire ! Je ne suis pas né griot, je ne suis pas Koyaté, mais Kô yan tè ! Comme entre Soumangourou Kantè et l’ancêtre des Kouyatè !

On chante partout que je suis, j’étais le griot de Moussa Kèta. Tant qu’à faire, dès fois qu’il vous resterait encore un petit Marokin..Je n’ai pas eu beaucoup de chance. D’abord la balle de Toumba. Et vous vous n’êtes pas kandidat. Aucune chance.

Eh Kéla !

Mais n’oubliez pas Excellence :

« Ce n’est pas par hasard si nous sommes là ! Ce-n’est-pas-au-hasard-, si nous sommes là ! » (Dadis, il y a longtemps, vraiment longtemps de cela..).

En effet il n’y a pas de hasard dans la géographie du sacré. Il suffit d’être un bon griot, de naissance, ou croire en la puissance de la Palabre, du Verbe.

Qui a dit :

« Nous avons crée le monde par le Verbe » ?

Querellez, battez-vous ! Seulement par le verbe. C’est ce qu’on nous a appris, Ka ? Non ? Et non par les canons ! Vous avez vu « 2001, Odyssée de l’Espace », à ne pas confondre avec notre cinquantenaire « Odyssée de l’Impasse ». A la scène d’ouverture, deux bandes de singes se battaient à coups de « Ka ? Non ! » Et « Ka ? Non ! ». Voilà que l’un d’eux, qui avait le bras assurément trop long, trouva un os qu’il balança à ceux d’en face. Le sang coula pour la première fois, depuis des siècles et des siècles de palabres. Alors vinrent les guerres à coups de canons.

Cela suffit. Le reste se trouve dans mon sommeil. Encore une fois, que cessent vos chahuts autour des Doré de Dijon et ceux qui sont à la Primature !
Salam à Ansou et même à ceux qui s’ébrouent dangereusement autour de Dinga !

Saïdou Nour Bokoum
aujourd'huienguinee.com

 
Analyse: Il faut débarquer Ben Sékou dit Scylla (Par : Saïdou Nour Bokoum)

2010/3/3

La transition vers l’Etat de droit par des élections libres, transparentes et crédibles avance à grands pas, mais à reculons. Grâce à Ben Sékou.

Sylla, vous avez dit Scylla ?

Je croyais avoir tout dit à propos de cet abus de langage, qu’est la CENI qui n’est qu’une CENA, Commission Nationale Autonome, devant gérer les élections avec le Ministère des fraudes de l’époque. Et vinrent Dadis et le CNDD. La CENI fut domiciliée au camp Alpha Yaya, comme « mon pognon, ma télé, mon agriculture, mon pétrole.. », pour parler comme l’autre, paix à son âme. On ne saurait énumérer toutes les richesses de ce pays, maudit par la nature, puisque ses misérables populations n’en profitent guère.

Donc il faut décrocher la CENI-CENA du haut de nos armureries, l’émanciper du ministère des fraudes, afin d’en faire une commission nationale souveraine pour éviter les tripatouillages sémantiques. Mais il y a une mesure urgentissime de salut public que je n’ai jamais évoquée puisqu’en Guinée on a vite fait de mélanger les personnes avec le système ou la fonction qu’elles incarnent. D’où d’ailleurs cette fâcheuse, que dis-je, cette criminelle privatisation des affaires publiques (Sassine). Les régies d’avance, les crédits alloués pour le bien commun sont l’argent de poche de nos braconniers en cols blancs.

Je disais donc, il faut débarquer l’empereur Scylla.

J’entre en vrac dans son empire, cette « CENI », empire à prendre dans tous les sens du mot. Je refuse de périodiser les chiffres qu'il a donnés tout le long de ce chronogramme qui a fini dans un bain de sang. A cause des mensonges des uns et de la frénésie, du fétichisme électoraliste des autres. Ce qui permet à un Scylla d'éructer ces derniers propos d’exclusion des Guinéens. Postillons auxquels il serait absurde d’opposer des arguments. Crachotant sur la Diaspora, il ânonne goulument que jusqu’à maintenant il n’a reçu aucun kopek qui ne soit pas glissant. Mais il a dit à plusieurs reprises que la CENICENA était prête pour les élections, que les populations étaient recensées à près de 80% à l’intérieur du pays, qu'elles le seraient à plus de 50% dans la capitale, ou l’inverse, peu importe. En réalité, chiffres largement soutirés des listes de 2005 !

En foi de quoi lors de la grande restitution de la Commission ad-hoc faite par Monseigneur V. Coulibaly (ou Gomez ?), les élections étaient donc déjà possibles dans un chronogramme ainsi dilué de six mois à la fin du premier trimestre 2010. Si on laisse faire Scylla, la transition durera le temps que met un franc glissant à atteindre le fond d’un tonneau danaïde. De six mois à perpète !

On raconte que Ben Sékou CENICENA a fait envoyer des personnes à la Mecque. Salam sur lui ! Est-ce vrai, est-ce faux ? Même dans ce cas ce hajj pourrait être agréé, mais malheur à son mécène ! Certes, les rumeurs ne sont pas un argument. Seulement voilà, « ce que tout le monde dit c’est ce qui est vrai ». Dixit Bouki l’hyène.

Supposons que ce que dit le manœuvrier de la CENICENA soit vrai. Que les bailleurs de fonds ont lié leur apport à la condition que l’Etat guinéen s’acquitte de ses obligations financières. Ben Sékou ne dit pas que l’Etat est défaillant. Dadis aurait débloqué les 15 milliards, son dû. Il aurait même débloqué 7 milliards pour permettre le vote des Guinéens de l’Extérieur. Ce qui correspond à peu près et même un peu plus au million d’euros exigés aujourd’hui par Scylla.

« Hélas ! » dit Ben Sékou Scylla, dont les traineaux furent dit-on transis par les glaces du Nord hollandais, comme jadis les panzers du malade mental de Berlin par les neiges de Stalingrad !

Surtout, on ne peut pas recenser les quelques millions de Guinéens de l’Extérieur, tous ces Sans papiers fuyant un recenseur comme devant un flic de Sarko ! Imaginez des centaines de milliers de Guinéens tapis dans des trous de Métro, voire dans les catacombes parisiens, depuis des décennies ! Pas étonnant qu’ils soient diaspourris ! Aussi nombreux que les rats des égouts de Paris. Aussi pouilleux.

Quel recenseur, que dis-je quel flic oserait donc faire le décompte de cette gent des sombres venelles de l’Exil ?

L’Empereur Scylla dit qu'il y aurait un million cent mille Guinéens en Côte d'Ivoire, un peu plus au Sénégal. Scylla aurait recensé 11 000 « flekefleke » en Côte d'Ivoire et 8000 navetanes au Sénégal. Encore des richesses pires que le trop fameux scandale géologique guinéen.

Scylla pleurniche et verse des larmes de crocodile après le Tsunami du Stade qui aurait selon lui cadavéré les Guinéens du Gabon et poussé les jeunes apprentis de Toumba qui, écœurés, ont effacé des mémoires des sous-équipements électroniques de nos chancelleries de Paris, Washington, tous les fichiers du software haut de gamme mis au service de l'Empereur Scylla également ambassadeur extraordinaire depuis que le CNOSSG avait tenu le haut du pavé en janvier-février 2007.

Son excellence qui ignore l'importance du mot-geste SAUVEGARDE, depuis le temps qu'il nous drible avec les mots "quitter", "kit" et "squatter" du jargon de la mondialisation et des NTI. C'est au cours de sa tournée de star mondiale du massacre en boucle des journées de janvier-février 2007, que j'ai appris le joli mot "proactif", qu'il suçait comme un bonbon devant les flash des paparazzi que nous étions tous devenus, fascinés par celui qui venait d’être reçu par M.de Bonnecorse, (orthographe ?), un gratte-papier de l'Elysée, je crois..

Il faut débarquer Sékou Ben Scylla.

Avec tout le pognon qu'il aurait reçu je ne sais plus quand, 45 000 euros, ses flics, supplétifs de Sarko et des Rois Leo le Belge et Juan l’Espagnol, n’ont réussi à recenser que 56000 « Sans papiers » guinéens. Cinq tondus à Abidjan, deux pelés à Dakar et le tour est joué, les diaspos ne voteront pas dit l’Empereur Scylla, qui ne sait pas qu’il n’y a pas d’ambassade de Guinée en Hollande, dont le territoire relève de la compétence de notre Excellence à Bruxelles qui s’étend à ce pays aussi.

Non, dit-il, les Guinéens de là-bas sont reclus dans des Camps inaccessibles aux recenseurs qu’il a envoyés sans pécule, qui n’ont dû leur salut qu’après avoir bidouillé un recensement dans un Chawarma loué à quelque 800 euros pour une petite semaine. On se demande où sont passés les 45 000 euros. D’ailleurs, il décrète, ou plutôt ordonne à la place du Président par intérim, la présidentielle aura lieu le 27 juin !

Premier tour précise-il. Feignant de nous assurer qu’on n’aura pas des élections coréennes, comme c’était l’habitude à Dubréka où Feu Lansana Conté avait recueilli lors d’un scrutin cent « et quelques » voix sur cent votants !

L’Empereur Scylla est un système qu’il faut démanteler.

La CENI-CENA est à mettre à plat pour la reconstruire puisqu’elle ne reflète plus le dosage des composantes qui la constituent. Un seul rappel, le PUP y aligne 10 représentants, ce qui n’a plus de sens et politiquement c’es insupportable.

Naturellement avant toute mise à plat, il faut un audit des sorties d’argent pour préparer des élections dont on dit tantôt qu’elles auront lieu avec une date bien précise, tantôt on soupire que les bailleurs extérieurs n’ont encore rien donné. Scylla dit si, si...

Bref on a compris, avec l’Empereur Scylla on roule avec des si. On sait même qu’il roule dans l’UFR. Pour qu’il soit tenté de rouler pour L’UFR, il n’y a qu’un pas qu’il faudra l’empêcher de franchir, en le débarquant à temps, pour le plus grand bien de Sidya Touré qui est présidentiable si, et seulement si... disons sans Scylla, et donc qui devrait ne pas laisser ce boulet le tirer par derrière.

Quand le Scieur de la CENICENA écarte d’un revers de la main 3 000 000 de Guinéens pour ne pas participer à son machin, le Scylla a scié la branche sur laquelle il se balance come un primate à qui on dit que son fils est beau.

« Et dire que je ne lui ai même pas encore lavé le visage ! ».

L’Empereur Scylla gère ici la CENICENA et le CNOSCG. Il gère là-bas à distance par personne interposée, le grand schlem Forces Vives/CNDD, grâce à son dynamique porte-voix ou portable, lors des gnaga-gnagas, Ouaga par-ci Ouaga par-là. Il y était omniprésent, grossièrement dissimulé derrière cet homme de paille qui a si bien joué les porteurs de masque, qu’il s’est retrouvé ministre d'Etat, il eût fallu de peu qu'il se retrouvât ministre des fraudes. Un ministre des Affaires étrangères a son mot à dire sur l'aide étrangère et la manne électorale qui en (dé)coule. Trop c’est trop !

Presque deux fois patron des élections, Ben doit faire comme Scylla son homonyme romain, qui au faîte de sa puissance dictatoriale, se retira soudain et renonça à son pouvoir.

Fiston, ton Mborin, te dis, dépose cette casquette à double visière et n’attends pas qu’on te dépose toi-même.

Wa Salam !

Saïdou Nour Bokoum

Pour www.nlsguinee.com

guineaforum


 
Libre Opinion: Le Conseil National de Transition : Organe politique délibérant ou consultatif ?

2010/3/3

Cette question est particulièrement importante car la réussite de la transition guinéenne dépendra en grande partie de l’équilibre des pouvoirs entre les différents organes de la transition.
Deux possibilités s’offrent à nous :

La mise en place d’un organe consultatif dont les avis ne lieraient pas le pouvoir exécutif

Dans cette configuration le pouvoir normatif appartiendra au seul exécutif. Par conséquent, toutes les règlementations de la transition relèveraient de la compétence exclusive du pouvoir règlementaire du président et du gouvernement.

Cette configuration, selon beaucoup de spécialistes, est contraire à l’intérêt de notre pays (absence de séparation de pouvoirs), contraire aux accords de Ouagadougou qui prévoient un CNT, organe politique délibérant. Pour finir, ce modèle avait été refusé sous la présidence active de monsieur Moussa Dadis Camara.

La mise en place d’un organe politique délibérant

Il s’agit dans ce cas de mettre en place une assemblée provisoire ayant des véritables compétences législatives. Un tel organe est tout à fait indispensable pour la réussite de la transition. En effet, quelle que soit la qualité des acteurs politiques de notre pays aujourd’hui, il nous faut des institutions fortes et structurées de telle sorte qu’on puisse avoir des contrepouvoirs pour éviter de décevoir encore une fois le peuple de Guinée.

Attribuer des compétences législatives au CNT est d’autant plus important que cela donnerait un signal fort au peuple de Guinée en ce qui concerne le respect de la parole donnée par le Général Konaté dans le cadre des accords de Ouagadougou, qui prévoient la mise en place d’un tel organe.

La question de l’absence de légitimité du CNT pour légiférer est à mon sens un faux débat pour plusieurs raisons :

Tout d’abord comment reconnaitre à un pouvoir exécutif issu d’un coup d’Etat militaire, la possibilité de diriger par ordonnance, à un gouvernement de consensus la possibilité d’exercer son pouvoir règlementaire et refuser au CNT issu du même consensus, des compétences législatives limitées au besoin de la transition. Il n’est pas nécessaire d’être un praticien du droit pour voir le caractère illogique de cette démarche.

Ensuite, il est important de ne pas se tromper de débat et de comprendre que notre objectif est le retour à l’ordre constitutionnel, qui n’est pas un phénomène naturel et nécessite par conséquent des actes préalables.

Le président par intérim a donné quelques précisions sur les missions du CNT qui vont dans le bon sens. Mais il est regrettable que l’ordonnance portant création du CNT, le qualifie d’organe consultatif. Cette qualification va créer un déséquilibre entre les attributions du gouvernement et du CNT, les premières étant prévues par une ordonnance et les secondes par une simple feuille de route.

Il serait également dommage de limiter les missions du CNT à la seule révision des lois organiques sans profiter de l’occasion pour doter la Guinée d’une véritable constitution avec un régime politique clair. En effet, la loi organique a pour fonction de préciser ou de compléter la constitution. Plusieurs questions fondamentales échappent du domaine de la loi organique. Par exemple la création d’un poste de premier ministre, la limite d’âge des candidats, faut-il un exécutif bicéphale ou monocéphale, faut-il une séparation rigide ou souple des pouvoirs…

En conclusion, le CNT doit à mon sens avoir deux missions claires. D’une part, il doit être chargé du toilettage de la constitution suspendue pour éviter notamment que les élections se fassent sans constitution et surtout que la future constitution ne soit faite à l’image du futur chef d’Etat. D’autre part, il doit avoir des compétences législatives pour permettre une coproduction des règlementations nécessaires pour une transition réussie dans notre pays.

Malick Khadra Diaby

Consultant juridique et fiscal

Chargé de cours à Paris Graduate School of management et à l’INFA

E-mail : malickkhadra@yahoo.fr

guineafurum

 
Guinée : Les premiers pas de la transition (Par : Lamarana Petty Diallo)

2010/2/10

Quelques explications seraient les bienvenues

La majorité des Guinéens ont salué la geste du Général Sékouba Konaté car ce qu’il a arraché le 15 janvier 2010 à Ouaga n’est rien d’autre qu’une geste. C’est un acte de bravoure et une preuve de clairvoyance et de pugnacité d’un homme qui a abouti à la récapitulation pacifique de Moussa Dadis Camara.



Désormais, et plus que jamais, notre pays, la République de Guinée tend vers l’instauration d’une démocratie qui passe par le suffrage universel.



Néanmoins, les observateurs et analystes politiques pourraient relever quelques éléments plus ou moins incongrus qui ont marqué ce début de la transition. S’ils ne sèment pas le doute, ils ne sont pas tout à fait très rassurants. Du moins, ils n’offrent pas assez de lisibilité à certains aspects des premiers pas de la transition.



De la désignation du premier Ministre.



Les accords de Ouaga stipulaient qu’il y aurait un Premier Ministre et deux Vices- Premiers Ministres pour mener la transition.



Les discussions, pour ne pas dire le combat au sein des Forces Vives, ont apparemment fini par sacrifier le pouvoir tricéphale à la primature. Ce qui, en soi, n’est pas condamnable car une décision à trois se réduit toujours à deux.



Par conséquent, ce cas de figure est plus problématique que consensuel. Il y aura toujours dans une décision à trois une personne qui se retrouvera en position minoritaire et qui, à force, se sentira exclue par les deux autres.



La question se pose cependant sur la raison de la suppression de la vice- présidence où elle était envisagée et son transfert au Conseil National de la Transition (CNT) où elle ne l’était pas.



L’opposition réelle ou supposée entre M. Jean- Marie Doré l’actuel Premier Ministre et la Dame de Fer, Hadja Rabiatou Sérah Diallo de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) justifierait- elle ce nouveau cas de figure ?



L’opinion publique guinéenne n’en sait rien et les Forces Vives sont restées jusqu’à présent muettes là- dessus.



Pourquoi ?



De la passation de service entre MM. Kabinet Komara Premier Ministre sortant et Jean marie Doré entrant
Cette passation de service pose deux questions majeures face à l’urgence du changement.
Tout d’abord, un Premier Ministre part de son poste et ses ministres qui doivent assurer le suivi des affaires courantes restent aussi longtemps à leur poste.



Ceux- là ne devraient- ils pas partir aussitôt après la passation de service ?



Deuxièmement, le nouveau gouvernement ne devrait- il pas être immédiatement formé pour remplacer le gouvernement sortant ?



La lenteur enregistrée actuellement dans la formation des forces Vives n’influence t- elle pas de manière négative la mise en place du futur gouvernement ?



Y aurait- il à ce niveau, comme le pensent un certain nombre de Guinéens, l’impact d’une mésentente, voire d’une rupture, qui se dessinerait entre M. Jean- Marie Doré et ceux- là même qui l’ont désigné ?



Des explications ne seraient pas futiles pour éclairer l’opinion publique.



Le manque d’explications pousse beaucoup de nos compatriotes à, penser que le maintien du gouvernement aussi longtemps après le départ de M. Komara n’est rien d’autre que le résultat des actions de certains membres du CNDD. Ces actions qu’ils qualifient de maléfiques hantent dangereusement la transition. Il s’agirait tout simplement d’une combine manigancée par certains ténors du pouvoir de Dadis pour intégrer le nouveau système.



A défaut, ils pourront disposer du temps nécessaire pour tout rafler et s’en mettre davantage dans les poches.



Qu’on qu’il en soit, le nouveau premier Ministre a, malgré les obstacles qu’il a lui- même évoqués, beaucoup plus à gagner en accélérant le processus de nomination des membres de son gouvernement. Tout cela, dans le respect des compétences des uns et des autres.



De la composition du Conseil National de la Transition



Hadja Rabiatou Sérah Diallo est finalement nommée à la présidence de cette instance qui devrait avoir des prérogatives en matière de législation.



Qui oserait s’en offusquerait ?



Auparavant, plusieurs portes et non de moindres auraient été fermées à la brave dame. D’ailleurs, moi, je l’appelle « la Dame des Dames » tant elle fait figure d’homme où certains, parmi les hommes se montreraient, comme dit l’adage populaire, en femme.



Mais, cette femme se retrouve non pas en face, mais au milieu de deux religieux. Cette composition du CNT, je le soulignais ci- haut, n’était pas envisagée au départ.



Pourquoi ce revirement ?



Pourquoi Rabiatou a deux vices- présidents avant même la composition du CNT ?



Pourquoi, n’a t- elle pas eu le loisir de désigner ses vices- présidents comme le Premier Ministre le fera de son équipe ?



Ne serait- il pas plus objectif que le CNT élise ses propres membres aux postes et commissions de son choix ?



Une autre interrogation.



On en conviendra sûrement qu’il n’est pas facile pour une femme de se retrouver face à des religieux. La situation est un vrai challenger pour Hadja Raby qui, on le sait, a affronté d’autres combats dans son parcours de militante et de femme engagée. Mais, celle- ci est différente à bien d’égards.
Espérons que le combat pour la démocratie et pour le bien- être du peuple de Guinée prendra le dessus sur toute autre conception des choses.



Du retard dans la nomination du Gouvernement de Transition



Beaucoup de questions ont été posées à ce sujet. Je n’entrerai pas dans la polémique car je n’ai pas les tenants et les aboutissants du retard.



On peut néanmoins se demander quelles sont les vraies ambitions du nouveau Premier Ministre.



M. Jean Marie Doré croirait- il que le peuple lui accordera ce qu’il a refusé à Dadis ?



Ce qui est impensable de sa part, car vouloir jongler avec la transition face à un peuple assoiffé de démocratie est à la fois irréaliste, utopique et surtout suicidaire.



Espérons que M. Jean- Marie Doré tirera, contrairement à d’autres, les leçons de l’histoire et qu’il sortira par la grande porte après avoir réussi des élections libres, transparentes dans le temps des 6 mois qui lui sont impartis.



Enfin, de nouveaux enjeux se dessinent pour la Guinée. Le Général Sékouba Konaté, Jean- Marie Doré et Hadja Rabiatou Sérah Diallo doivent, plus que jamais, avoir à l’esprit que le peuple de Guinée compte sur eux.



Sans aucun doute, se souviendront- ils que ce peuple qui a su dire non et de manière catégorique, qui a osé affronter des soldats armés et enjamber des morts pour la revendication de la démocratie est à la fois un puissant allié et un potentiel adversaire.



J’espère que ce nouveau pouvoir sur lequel toute la Guinée et le monde entier comptent n’essaiera pas d’abuser le peuple. Pour le moment, assurons aux dirigeants issus de l’après- Ouaga notre soutien en mettant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout.



Dans l’idéal d’une Guinée démocratique, la principale tâche revient avant tout au Général Konaté qui doit être intransigeant sur la durée de la transition.



Je lui suggérerais vivement de commencer par fermer sa porte aux éternels faiseurs de pouvoir et qui sont, en réalité, des vrais tombeurs de chefs.



N’est- ce pas que Moussa Dadis en sait quelque chose ?



Prions pour une transition sincère, courte et efficace !



Lamarana Petty Diallo



E-mail: lamaranapetty@yahoo.fr

 
CONTRIBUTION DE NABBIE SOUMAH : L’IMPUNITE SERA-T-ELLE SACRIFIEE SUR L’AUTEL DE LA TRANSITION ?

2010/2/10

Conférence-débat organisée par le Centre d’études des mondes africains CEMAF) de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en collaboration avec l’OPSA et le Club-DLG / Samedi 6 février 2010


THEME : Quelle transition politique et quelles perspectives démocratiques pour la Guinée?


CONTRIBUTION DE NABBIE SOUMAH : L’IMPUNITE SERA-T-ELLE SACRIFIEE SUR L’AUTEL DE LA TRANSITION ?


« Le bourreau tue deux fois : d’abord par la mort, ensuite par l’oubli ! » selon un axiome, un vieil adage. Le bourreau mise toujours sur l’oubli et l’impunité pour ne pas répondre de ses actes devant la justice.


La transition, relancée après l’accord de Ouagadougou du 15 janvier 2010 dont la valeur juridique suscite des débats et conclu par Blaise Compaoré, le médiateur dans la crise guinéenne, Sékouba Konaté et Moussa Dadis Camara le « chef en titre » de la junte, pose trois équations à résoudre : sa durée, son contenu et les personnes qui l’animeront.


Pour le moment on ne connaît que sa durée qui est de 6 mois, une primature « tricéphale » et la structure du gouvernement que dirigera Jean-Marie Doré, ancien porte-parole des Forces vives qui est une structure tripartite qui représente la véritable opposition à la junte.


Des interrogations demeurent bien que des perspectives heureuses se dessinent en Guinée sous la férule de Sékouba Konaté, ministre de la défense et chef d’Etat par intérim (et non Président car non élu).


Trois sentiments m’habitent ; c’est le triptyque : espoir, soutien et vigilance.


Car certaines forces obscures de la Restauration, rétives au changement et arc-boutées sur de juteuses rentes de situation mal acquises, qui ont intérêt à ce que rien ne change sont tapies dans l’ombre et manœuvrent contre l’intérêt général et l’alternance démocratique. Malgré un bilan désastreux du CNDD qu’elles soutiennent en réalité.


L’impunité est devenu leur allié objectif ; elle concerne à la fois les crimes économiques et toute forme d’atteinte aux droits humains.


Il faut sortir le plus tôt possible de cette transition militaire dévoyée en organisant des élections libres, transparentes et équitables pour que le pouvoir politique en Guinée retrouve les bases de sa légitimité ; surtout pour mettre fin à la dictature, au culte de l’impunité et de l’injustice en y instaurant un réel Etat de droit, des pratiques démocratiques dans nos mœurs politiques.


La tache ne sera pas aisée mais, contrairement à certains, je préfère une après-midi enchantée au fameux « Grand soir » qui ne vient jamais.


Par réalisme et dans le souci d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Parce qu’ il est grand temps de refermer la parenthèse, la page du régime militaire.


Mais avant de tourner une page il faut la lire.


Pour éviter le replâtrage, le maintien de cette caste administrative, militaire, commerçante et affairiste et favoriser aujourd’hui la Renaissance, le changement, le début d’une nouvelle ère empreinte d’espoir et de prospérité, il est urgent et vital de mettre fin à la récurrente impunité dont jouissent ces forces de la Restauration.


Le rapport accablant et nominatif de la Commission d'enquête internationale onusienne aura sûrement des suites judiciaires à l’encontre de la junte guinéenne qui se trouve dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI).


Cette justice internationale au service de la vérité historique bénéficie de la traque constante des auteurs de crimes contre l’humanité, de génocide et d’une Jurisprudence implacable, notamment la Jurisprudence « Jean-Pierre Bemba » sur le fondement juridique du « principe de la hiérarchie militaire ».





1°) L’IMPUNITE, L’ ALLIEE DES FORCES DE LA RESTAURATION





Malgré son bilan désastreux au niveau de la gestion de l’Etat, malgré ses crimes économiques et humains, le CNDD est soutenu par une coalition hétéroclite et tentaculaire d’affidés favorables au statu quo ; leur allié objectif étant l’impunité.


Il est grand temps d’éradiquer l’accommodement à la culture de l’impunité et de l’injustice, à l’avilissement de la personne humaine en Guinée, à la violence, aux nombreux et répétitifs manquements aux droits de l’Homme depuis les années 50 à l’ère du CNDD.





a) CNDD : un bilan désastreux




Notre pays, malgré ses potentialités naturelles et humaines incommensurables, a enregistré beaucoup de retard sur le plan de son développement économique et social : les ratios concernant les consommations d’eau potable et d’électricité, les soins de santé primaire, la scolarisation et l’alphabétisation restent très insuffisants.


Il est classé parmi les pays les plus corrompus dans le monde selon Transparency International, parmi les derniers pour l’Indicateur du Développement Humain (IDH) et continue encore de faire partie des pays les plus pauvres au monde avec plus de 40% de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté absolue.


La Guinée demeure dans la sous-région, dans la zone Mano River, l’épicentre du trafic humain, des armes, de la drogue et de la fausse monnaie.


Depuis le 23 décembre 2008, on a assisté à :
• l’arrestation ou à la mise à l’écart de presque tous les dignitaires du régime défunt ;
• l’émergence de nouvelles autorités militaires inexpérimentées et démesurément ambitieuses ;
• la prééminence du facteur ethnico-régional dans le processus de recrutement et de promotion des cadres civils et militaires ;
• la volonté inébranlable de la junte de se maintenir au pouvoir au mépris de la volonté du peuple de Guinée et des exigences de la communauté africaine et internationale ;


• la formation des clans militaro-politiques, ce qui a consacré la fin de la discipline, du commandement unifié et de l’esprit de corps dans l’armée guinéenne, au sein des forces de sécurité ;


• l’immixtion grave et intolérable du chef de l'Etat DADIS, au mépris du principe de la séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire avec une violation du principe de la présomption d'innocence et du secret de l'instruction (cf. le dossier du trafic de drogue) ;


• l’usage partisan et personnel des deniers publics : décaissement de centaines de millions de FGN à la Banque centrale au motif fallacieux de dépenses de souveraineté pour acheter les consciences, engloutis dans des Mamaya pour vendre la candidature de DADIS dans la perspective de l’élection présidentielle : par exemple, les 22 chefs de quartiers de N'Zérékoré auraient reçu chacun une 4X4 Toyota double cabine et des chefs de secteurs 450 motos ; le CNDD est devenu ainsi une structure, un « machin » avec des réseaux internes de promotion sociale sur des fondements subjectifs, « identitaires », d’enrichissement personnel, de népotisme, etc… ;


• un système éducatif non performant avec notamment moins de 23 % de réussite au BAC en 2009, alors que l’Ecole a pour rôle de créer des citoyens éclairés ;


• des crimes humains du CNDD : arrestations arbitraires et extrajudiciaires, détention dans des lieux non conventionnels de civils et de militaires à qui on refuse l’assistance d’un avocat et la visite de parents ; tortures ; meurtres ; viols qui provoquent des traumatismes inaltérables sur les plans physique, affectif et mental.



b) Une coalition hétéroclite et tentaculaire favorable au statu quo



« La vertu se perd dans l’intérêt, l’opportunisme comme les bras des fleuves se perdent dans la mer ! ».


Mon cursus social m’interdit certains parcours contrairement à certains de nos compatriotes, notamment ceux qui résident en France qui, malgré les viols et massacres de pacifiques manifestants au stade du 28 septembre, continuent d’enjamber la mare de sang et la dépouille de nos martyrs afin d’assurer une hypothétique promotion sociale.


Il y a le prix que certains attachent à leur honneur, à leur dignité, à leur reniement, à leur consumérisme, à leur ralliement à DADIS et au CNDD à qui ils témoignent une bienveillante servilité. C’est un vil prix. Ceux qui essaient désespérément de donner un vernis de respectabilité à des tueurs et violeurs en masse ; notamment avec le fallacieux alibi que DADIS est bon, est un « ange » que son entourage aurait induit en erreur.


Mais notre pays, derrière sa molle couche de corrompus, d’opportunistes, de recyclés permanents a des ressorts moraux insoupçonnés.


L’histoire, ce juge incorruptible, qui fait son chemin avec le temps, interrogera un jour, chacun des Guinéens, sur ses responsabilités lorsqu’il avait été confronté à ce défi devant son destin.


Le CNDD est soutenu par une coalition hétéroclite et tentaculaire, de sbires, d’affidés venus d’horizons divers :


• Des « intelligences » au service d’une mauvaise cause, mais ne dit-on pas que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ? » ;


• Les rebus et les imposteurs de la diaspora cherchant une place au soleil ;


• Les recyclés du système Conté ;


• Des partis politiques « alimentaires » venus se créer et se greffer au CNDD ;


• Des partis politiques existants venus servir de supplétifs pour le CNDD ;


• Ceux qui ont trahi leur structure partisane originelle, dénommés les « Transhumants » ;


• Ceux qui croient que c’est au tour de leur ethnie ;


• Ceux qui ont des préoccupations alimentaires très prononcées ;


• Ceux qui ont des rentes de situations juteuses à préserver ;


• Ceux qui veulent exister, qui ne supportent pas l’ombre, l’anonymat, l’effacement ;


• Ceux qui préfèrent le maintien de DADIS ou d’un autre militaire au pouvoir à la victoire d’un rival politique ;


• Ceux qui empruntent toujours des raccourcis et des mauvaises routes politiques pour tenter de devancer leurs concurrents ;


• Ceux qui ne supporteraient pas qu’un leader politique issu de la diaspora accède à la magistrature suprême ;


• Ceux qui estimaient qu’un pouvoir ne se transmets pas et qu’il fallait que DADIS le conserva à tout prix comme ses prédécesseurs, même malades et incapables quitte à l’instrumentaliser comme Lansana Conté le fut en fin de vie (cf. les décrets falsifiés).





c) Le devoir de mémoire et la justice sacrifiés





Des familles pleurent encore des morts, des disparus, soignent des blessés et des victimes de viols, de la violence d’Etat depuis les années 50 à nos jours.


Trois ans après le carnage du 12 juin 2006 et celui du 22 janvier 2007, les auteurs et les commanditaires de ces tueries courent toujours.


Cet anniversaire a été passé sous silence par les nouvelles autorités du pays, les Forces vives et les grands acteurs de la scène politique.
Pour tromper l'opinion nationale et internationale, les autorités avaient mis en place une commission d'enquête nationale mais elle n'a jamais fonctionné faute de dotation financière de la part du gouvernement de Lansana Kouyaté, l’ancien Premier ministre de consensus.


Le vendredi 22 janvier 2010, le Mouvement des jeunes guinéens de France (MJGF) a déposé une gerbe de fleurs à l’ambassade de Guinée à Paris pour rendre hommage aux victimes (plus de 300 personnes en majorité des jeunes) et réclamer que justice leur soit rendu.
Par ailleurs, nous venons d’assister à la manifestation d’une justice nationale laxiste et aux ordres du pouvoir militaire avec le verdict ignominieux de la commission nationale d’enquête indépendante (qui n’est indépendante que de nom) sur les évènements du 28 septembre, mise en place par l’Ordonnance N° 053/PRG/SGG du 7 octobre 2009.


Cette CENI a rendu, en effet, sa conclusion le mardi 2 février 2010 par l’entremise de Siriman Kouyaté. Elle a absous, disculpé les forces de sécurité et inculpé Aboubacar Toumba Diakité et ses hommes, mis en cause tous les leaders politiques présents au stade le 28 septembre dernier et victimes d’exactions. C’est le comble du cynisme : le bourreau se mue en justicier !


Il n’est pas inutile de rappeler qu’un membre de cette CENI, Mme Juliette Tolno la négationniste, avait nié l’existence de ces viols : « il n’y a jamais eu de viol le 28 septembre (…) des femmes ont été payées 40 euros pour faire de faux témoignages »..


Enfin, on note un curieux oubli des événements de septembre 2009 dans les 12 points de l’accord de Ouagadougou du 15 janvier dernier.


Paradoxalement, pendant qu’à Conakry on disculpe des criminels et violeurs, de jeunes Guinéens, qui étaient indignés et révoltés à juste titre par les massacres du 28 septembre et avaient saccagé sous le coup de l’émotion les locaux de l’ambassade de Guinée à Paris, vont être jugés au TGI de Paris le 08 février 2010. Tout ceci témoigne d’une disproportionalité, d’une forme d’injustice.


En conclusion, les producteurs de violence continuent de bénéficier en Guinée d’une totale impunité et tout est fait pour qu’un drap d’oubli soit jeté sur leurs méfaits. Au détriment du droit à la vérité, à la justice et à la réparation.





2°) LA JUSTICE INTERNATIONALE AU SERVICE DE LA VERITE HISTORIQUE





a) La traque des criminels et la Jurisprudence internationale implacable





A l’inverse de la Guinée, l’identification, l’arrestation et le jugement d’auteurs de crimes contre l’humanité s’opèrent sans relâche au sein de la communauté internationale. Les exemples sont nombreux.


L’Espagne avait accepté de regarder à nouveau son passé en face grâce à l’iconoclaste magistrat Balthasar Garzon. Ce dernier avait ouvert une instruction le 17 octobre 2008 après avoir accepté d'étudier les plaintes déposées par les familles des disparus du franquisme pendant la guerre civile ; ces victimes seraient au nombre de 114 266 et 19 fosses communes auraient été identifiées. Dans l’acte introductif qu’il avait dressé, le juge Garzon estima que « la répression franquiste ne peut en aucun cas être prescrite ; les crimes contre l’humanité ne peuvent être prescrites, échapper à toute limite temporelle ».


Au Chili, le général Augusto Pinochet (1915-2006), fut arrêté le 16 octobre 1998 dans une clinique à Londres à la suite d'une plainte internationale pour « génocide, terrorisme et tortures » ; il fut inquiété, ébranlé judiciairement mais mourut sans avoir été jugé pour les plus de 3 000 morts et disparus, plus de 27 000 torturés, des dizaines de milliers d’arrestation de dissidents.


En Argentine, un juge fédéral avait déclaré inconstitutionnelle une amnistie présidentielle concernant l’ex-Président Jorge Rafaël Videla qui fut finalement jugé et déclaré coupable en 1985, avec huit autres leaders de la junte pour enlèvements, tortures et meurtres.


L’Afrique du Sud avait établi en 1995 la « Commission vérité et réconciliation » pour faire face aux crimes commis pendant l'apartheid.


Hissein Habré, qui vit en exil au Sénégal, fait l’objet d’une plainte pour crimes contre l’humanité et crimes de torture. Pour favoriser et accélérer son procès, le Sénégal a du réviser sa constitution le 23 juillet 2008.


Depuis septembre 2004, des poursuites de crimes commis ont été instruites en Afrique par la CPI. Trois d'entre elles l'ont été à la demande des gouvernements concernés (Ouganda, République démocratique du Congo et République centrafricaine), la quatrième (Soudan) ayant été déférée à la Cour par le Conseil de sécurité des Nations unies.


Treize mandats d'arrêt ont été délivrés dans le cadre des situations en Ouganda contre les dirigeants de l’armée de résistance du Seigneur de guerre Joseph Kony, en RDC contre MM. Lubanga, Katanga, Ngudjolo et Bosco Ntaganda, en Centrafrique contre Jean-Pierre Bemba ainsi qu'au Soudan contre le Président Omar Al Bashir, poursuivi depuis le 4 mars 2009 pour crimes de guerre et crime contre l'humanité durant la guerre civile au Darfour.


À ce jour, quatre personnes, toutes originaires de la RDC, sont détenues : MM. Lubanga, Katanga, Ngudjolo et Bemba.


Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSS) a rendu, lundi 26 octobre 2009, son ultime verdict à Freetown en condamnant en appel trois ex-chefs rebelles pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité » Augustine Gbao, Morris Kallon et Issa Hassan Sesay, respectivement à 25, 40 et 52 années d'emprisonnement.


Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, voisin de la Guinée-Conakry et du Liberia, 120.000 personnes sont mortes et des dizaines de milliers ont été mutilées en une décennie de guerre civile (1991-2001) marquée par toutes sortes d'atrocités.


Les trois hommes étaient initialement poursuivis au côté du fondateur du Revolutionary United Front (RUF), Foday Sankoh (1937-2003) qui est décédé en détention préventive avant d'être jugé.


Ce tribunal spécial, établi en 2002, doit fermer ses portes après cet ultime jugement prononcé à Freetown.


Le seul autre procès du TSSL encore en cours se tient aux Pays-Bas, pour raisons de sécurité : l'ancien président libérien Charles Taylor y est jugé pour son implication dans cette guerre civile. Après avoir été incarcéré à La Haye en juin 2006, il a été le premier chef d’Etat africain jugé par un tribunal pénal international pour crimes contre l’humanité et 11 chefs d’accusation.


D’autres tribunaux seront créés par le Conseil de sécurité : pour l'ex-Yougoslavie, le TPIY institué le 25 mai 1993 ; pour le Rwanda, le TPIR mis en place le 8 novembre 1994 ; et pour le Liban après l’assassinat de Rafiq Hariri, le 14 février 2005.


La Cour suprême du Pérou a confirmé à l'unanimité, le 7 avril 2009, la condamnation à 25 ans de prison de l'ancien président Alberto Fujimori. Ce tournant essentiel dans la lutte contre l'impunité au Pérou montre que « personne n'est dispensé de rendre compte de ses actes », déclara Amnesty International.


Ceci est un précédent dans les efforts réalisés au Pérou et dans tout la région de l’Amérique latine afin d’éliminer la profonde impunité et promouvoir plus largement les droits à la vérité, à la justice et à la réparation.


L'ex-ministre israélien des Affaires étrangères Tzipi Livni, a dû annuler en décembre 2009 une visite à Londres après avoir été informée qu'elle était sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par un tribunal britannique à la suite d'une plainte sur la base de la « Compétence universelle » pour son implication dans la guerre israélienne dans la bande de Gaza il y a un an.
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair est venu s'expliquer sur l'engagement britannique en Irak le vendredi 29 janvier 2010 durant environ six heures devant la commission d'enquête de Sir John Chilcot.


Pour exorciser la violence politique en Guinée un devoir de mémoire contre l'impunité s’impose comme ce fut le cas l’année dernière avec le procès des « Khmers rouges » au Cambodge.





b) La junte dans le collimateur de la CPI





Saisis par des familles de victimes à Conakry et disposant de preuves accablantes, Maîtres Jacques Vergès et Jean-Louis Keita avaient convié à Paris le lundi 19 octobre dernier la presse internationale, avec pour objectif la prise en charge de plaintes contre la junte.
La Guinée ayant ratifié le Statut de Rome qui a institué la CPI, cette dernière est sur la brèche ; elle n'est compétente que si l'une des trois conditions suivantes est remplie :


• l'accusé est ressortissant d'un Etat partie au statut ou qui accepte la juridiction de la CPI ;


• le crime a été commis sur le territoire d'un Etat partie ou qui accepte la juridiction de la CPI ;


• la saisine par un Etat partie au statut de Rome, le Procureur ou le Conseil de sécurité des Nations Unies en vertu du chapitre VII.


Ces conditions sont totalement remplies pour le cas d’espèce guinéen.


Le rapport accablant et nominatif de la Commission d'enquête internationale onusienne aura sûrement des suites judiciaires à l’encontre de la junte guinéenne.


L’étau se resserre autour d’elle, Luis Moreno-Ocampo, le Procureur général de la CPI, ayant rendu publique l’ouverture d’un « examen préliminaire » et décidé d’envoyer à Conakry la Procureur aux poursuites la gambienne Fatou Bensouda.


Auparavant l’ONG Human Rights Watch avait qualifié les faits du 28 septembre de crime contre l’humanité : des viols individuels et collectifs, des agressions sexuelles avec les mains et des objets tels que des bâtons, des matraques, des chaussures, des crosses de fusil et des baïonnettes. Après l’épisode de violence qui s’est déroulé dans le stade, de nombreuses femmes ont été retenues dans des résidences privées et ont subi des viols collectifs pendant des jours.
Le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban ki-Moon avait de son côté envoyé à Conakry du 25 novembre au 4 décembre 2009 une équipe de trois enquêteurs composée de l'ancien chef de la diplomatie algérienne, ancien Président de la Cour internationale de justice de la Haye, M. Mohamed Bedjaoui ; de Mme Ngendahayo Kayiramirwa plusieurs fois Ministre des Droits de l’homme au Burundi, également ancienne conseillère auprès du TPI pour le Rwanda ; et enfin la mauricienne Pramila Patten, avocate et auteur de maintes publications sur les violences faites aux femmes.


Auparavant, il y avait dépêché du 16 au 20 octobre 2009 une mission de reconnaissance dirigée par le secrétaire général-adjoint de l'ONU aux affaires politiques, l'éthiopien Haïlé Menkerios pour demander la coopération de la junte aux travaux de la commission.


Tout ceci afin d’élucider le crime le plus odieux jamais commis sur le sol guinéen en 51 ans d'indépendance, en vue de faire la lumière sur les douloureux événements du 28 septembre 2009 au cours desquels entre 57 et 157 militants de l'opposition ont perdu leur vie, plus 1 200 blessés, des dizaines de femmes violées et de nombreux disparus.
Ban Ki-Moon, a déjà remis le rapport d'enquête à l'Union africaine, la CEDEAO et le Conseil de sécurité des Nations-unies, en vue de prendre les décisions qui s'imposent, chacun en ce qui le concerne.


Le Secrétaire général a également saisi cette opportunité pour rappeler au gouvernement guinéen ses obligations pour protéger les victimes et les témoins, dont ceux qui ont coopéré avec les 3 enquêteurs de l'ONU.


La commission a pu auditionner 564 victimes et témoins des évènements du 28 septembre, visité des familles des victimes portées disparues.


Par ailleurs, elle a conclu que la Guinée a violé plusieurs dispositions des conventions internationales des droits de l’Homme qu’elle avait ratifiées. N’en déplaise aux nationalistes ombrageux et « souverainistes » primaires ; la souveraineté nationale est de nos jours « partagée » et non plus « intégrale » eu égard à l’intégration régionale, à l’idéal panafricain et au principe de la hiérarchie des normes qui accorde la primauté des traités internationaux ratifiés sur notre droit national.





c) La Jurisprudence « Jean-Pierre Bemba» contre les criminels et violeurs guinéens ?





La CPI a ordonné lundi 15 Juin 2009 le jugement de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC, pour cinq chefs d'accusation dont crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par sa milice en République centrafricaine :


« Il y a des preuves suffisantes donnant des motifs substantiels de croire que Jean-Pierre Bemba est pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire, des crimes de meurtre, de viol constituant un crime de guerre et un crime contre l'humanité, de torture et d'atteintes à la dignité de la personne ».


L’accusation s’est basée sur le fondement de la hiérarchie militaire, comme semble l’invoquer Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba afin de se disculper pour avoir reçu des ordres de la part de Moussa Dadis Camara.


Toumba, en fuite depuis le 3 décembre 2009 jour où il a tiré sur le chef d’Etat, selon lui, a déclaré jeudi 05 février 2009 sur les ondes de la radio RFI avoir agi sur ordre de ce dernier.


Alors que la CNEI le rend seul responsable du massacre au stade de Conakry, Toumba Diakité veut faire entendre sa voix et se dit prêt à se rendre devant la commission d'enquête internationale, voire la CPI : « Je suis prêt à me rendre devant la Commission d'enquête internationale voire même devant la Cour pénale internationale (…) la justice nationale est purement dépendante de l'exécutif en place et n'a aucune crédibilité (…) je préfère la Cour pénale internationale, la commission d'enquête nationale veut faire de moi un bouc émissaire (…) je ne me reproche de rien parce que l'armée, nous sommes sous ordres. C'est clair ! Je ne peux en aucun me permettre de prendre un groupe de militaires et agir. L'armée, c'est la hiérarchie, c'est les ordres. ».


Il fait donc davantage confiance à la juridiction internationale qu’à celle de son pays.


La CPI a qualité pour agir en cas d’inaction, de défaillance, d’iniquité des tribunaux d’un Etat signataire du Statut de Rome ; c’est le cas de la Guinée au regard des conclusions de la CENI du mardi 02 février 2010. Seule la justice pénale internationale pourra élucider les événements tragiques que le peuple guinéen a subi, lui rendre justice et mettre fin à l’impunité récurrente dans notre pays.





CONCLUSION :


Les Forces vives et Sékouba Konaté cristalliseraient aujourd'hui l'espoir de tout le Peuple de Guinée et de l'ensemble de la Communauté internationale ; ils devraient créer un cercle vertueux où les militaires et la classe politique accepteront de jouer le jeu démocratique. Comme ce fut le cas au Ghana avec Jerry Rawlings.


On les jugera à l’aune de leur perspicacité ainsi qu’à leur capacité de se retrouver autour de l’ essentiel pour sortir la Guinée de l’ornière après plus de 51 ans d’indépendance, de misère, de désespérance sociale.


Sékouba pourra-t-il gérer les impératifs sécuritaires, respecter ses engagements initiaux pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. S’il y parvient, il entrerait à coup sûr dans l’Histoire ; la grande, pas celle des arrière-cuisines où se mitonne la tambouille.


Pour ce qui est du devoir de mémoire, des Guinéens et moi-même avions créé le « Club Guinée Mémoire » une structure à vocation mémorielle dès l’attribution du nom « Sékoutouréya » au palais présidentiel. La thérapie adéquate, judicieuse que j’ai toujours appeler de mes vœux est une introspection collective quelle que soit la formule choisie et/ou des poursuites judiciaires en vue de réparer tout préjudice matériel, moral ou autre si certains concitoyens ont des preuves irréfutables de la commission de crimes, d’exactions à l’encontre d’un des leurs.


Ce n’est pas un appel à la rancœur, ni à la vengeance mais tout simplement pour la quête de la vérité, pour exorciser les frustrations et apaiser les cœurs.


Notre pays est-il différent des autres où des exactions, des atteintes graves et constantes aux droits de l’Homme ont été commises ? Je ne le crois guère car la Guinée n’est pas sur un autre planète malgré la singularité, la particularité de ses réalités sociologiques et de son histoire.


L’histoire de notre pays est durablement marquée par l’arbitraire, les arrestations extrajudiciaires, les disparitions, la torture, la violence politique. Certaines mauvaises habitudes y sont fortement tenaces, y ont la vie dure, comme la moule qui s’accroche à un rocher.


C’est peu de dire que la Guinée n’est pas encore sortie de l’auberge. Et il faut sans doute que chacun des protagonistes du processus de sortie de crise déploie des trésors d’ingéniosité pour que se dissipent certains sombres nuages qui pèsent sur cette transition.


La nouvelle ère et la recherche de solutions pour le retour à l’ordre constitutionnel ouvriront plusieurs voies qui susciteront l’éclosion de nouvelles initiatives au plan politique avec, en toile de fond, la recomposition du paysage politique guinéen.


L’objectif ultime reste le retour à l’ordre constitutionnel, la mise en place d’institutions fortes et démocratiques et un Président bien élu pour nous épargner des troubles, des violences post-électorales ; ceci avec des différences d’approche quant à la manière de conduire la transition, son contenu, ses organes et le chronogramme du processus ; avec la recherche de solutions négociées, inclusives, consensuelles et apaisées, fondées sur les vertus du dialogue et de la concertation, à l’exclusion de toute forme de violence.


En somme, œuvrer à la formation d’un esprit républicain et citoyen dans une Guinée nouvelle, enchantée et confiante en l’avenir avec des perspectives heureuses.


Que Dieu préserve la Guinée !


Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH


Juriste et anthropologue guinéen


nabbie_soumah@yahoo.fr


Paris, le 06 février 2010


 
Les forces vives ne veulent plus de commission d'enquête internationale ! (Par Ibrahim Sinkoun Kaba)


2010/1/11

Les forces vives viennent de rendre publique leur première déclaration, la déclaration n°17, suite au discours du général Konaté.

Nous avons vu exprimer les priorités des membres des forces vives et parmi ces priorités pour amorcer une transition apaisée et efficace, « les rôles, les mandats, les missions, les pouvoirs délégués à chaque organe de cette transition ainsi que de sa durée. Une feuille de route assortie d’un chronogramme de la transition devra être élaborée de manière large et consensuelle pour servir de plan d’action au prochain gouvernement ».

Pas une seule allusion à la nécessite première et indispensable de justice.

Justice sans laquelle l'avenir de toute nation est compromise :Tous les difficultés ( politique, militaire, sociologique, économique) que connaissent la Guinée ont pour source le manque de justice. L'injustice, l'impunité ! La source de l'écroulement de toutes les fondations de notre nation..

Cette déclaration est la première des forces vives suite au discours de Konaté

Pas un mot, pas une allusion aux victimes du CNDD au stade du 28 septembre.

Pas un mot, pas une allusion à la commission d'enquête internationale.

Pas un mot, pas un seul engagement envers le Peuple de Guinée.

Un crime contre l'humanité a été commis dans notre pays bon sang !

Pour avoir répondu à l'appel d'une frange importante des forces vives, les guinéens et guinéennes ont été massacrés dans une bestialité atroce.

Pour s'être mobilisés à fin de soutenir les forces vives, les guinéens et guinéennes ont été soumis a une violence qui dépasse la raison humaine.

Face à cet horreur qui a stupéfié par sa barbarie le monde entier, cet acte a été qualifié au nom de chaque être humain sur terre de crime contre l'humanité.

Et voici aujourd'hui la priorité absolue des forces vives. « le Forum insiste sur la nécessité urgente de la confirmation urgente du Président intérimaire en tant que Président du CNDD »

Sans commentaire...

Comme en 2007 les cadavres des victimes serviront de marches- pieds pour entrer dans les ministères.

Et aujourd'hui il est question de partage du pouvoir au sein « d'un gouvernement d'union nationale et de transition » avec les acteurs de crimes contre l'humanité (CNDD).

Et aujourd'hui il est question de partage de pouvoir sous l'autorité de criminels contre l'humanité (Konaté, n°2 du CNDD).

Et aujourd'hui il est question de partage de pouvoir sous la protection de criminels contre l'humanité (Pivi CNDD).

Les forces vives ont levé toutes les digues de la moralité, pour se noyer dans le fleuve de la concupiscence.

Par concupiscence l'on fait semblant de croire au « nouveau » discours du CNDD, qu'est ce qui a été dit dans ce discours qui n' pas été dit par Moussa Dadis Camara ?

Un gouvernement d'union nationale ? Cela a été proposé par Dadis

Un premier ministre issu de l'« opposition » ? Dadis l'a proposé

Des élections dans un bref délai en 2010 ? Dadis l'avait proposé

La proposition de Blaise Compaoré avec Dadis est inacceptable.

La proposition de Blaise avec Sékouba est acceptable.

Sékouba ne propose pas de gouvernement de transition présidé par un civil et il est applaudi

Sékouba ne s'est pas engagé à ne pas se présenter aux élections et il est applaudi

Sékouba ne s'est pas engagé sur le statut des membres du CNDD pendant et après les élections et il est applaudi

Sékouba ne s'est pas engagé sur la commission d'enquête internationale et il est applaudi

Sékouba nomme Pivi ministre de la sécurité présidentielle et il est applaudi.

Les Guinéennes et les guinéens ont été livrés au massacre pour ça ?

Les promesses de démocratie, de justice, de paix ne sont que mensonges comme en 2007 ?

Il y a eu crime contre l'humanité en Guinée et ceux qui ont commis ces crimes ont « comblé tous les espoirs des forces vives » (Jean Marie Doré) ?

Oseront- ils aller voir le peuple « au nom du président de la République , président du CNDD et du gouvernement d'union nationale » ?

Oseront-ils créer un Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes « au nom du président de la République, président du CNDD et du gouvernement d'union nationale » ?

Oseront- ils aller aux Nations Unies après le rapport de la commission d'enquête des Nations Unies sur les massacres en Guinée « au nom du président de la république, président du CNDD et du gouvernement d'union nationale » ?

Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience que la nation est prise en otage par deux entités qui se sont lancées dans une course folle (où l'ennemie est le « partenaire ») , irréfléchie et désordonnée pour l'une accaparer le pouvoir (les forces vives) et pour l'autre échapper au destin du retour dans les casernes et à la justice de la CPI(le CNDD).

Et dans leur irresponsabilité historique, ils mènent la nation vers une autre tragédie.

Par inconscience ils ne se rendent même pas compte que le destin de ce futur premier ministre est plus proche du destin d'un Patrice Emery Lumumba ( là aussi il y avait l'ombre d'un général respectable...Mobutu) que de celui d'un Soumana Sacko ( transition malienne).

Quelles sont les implications politiques d'un gouvernement présidé par des criminels contre l'humanité ?

Quelles sont les implications juridiques d'un gouvernement présidé par des criminels contre l'humanité?

Au delà du manque de moralité, où se situe est la responsabilité sociale et historique des forces vives?

Nous n'avons porté d'intérêt au discours d'intention du Général Sékouba Konaté que parce que le mot CNDD n'a pas été prononcé.

Nous invitons chaque guinéen et guinéenne à aller voir sur le site internet du collectif guinéen contre le pouvoir militaire (CGCPM) ce qu'est le CNDD.

Allez voir « les images de la manifestation ». Parmi ceux qui font la course pour se mettre sous l'autorité et la protection du CNDD, certains étaient au stade du 28 septembre.

Ils ont vu ce que vous allez voir, ils ont vu la peur et l'effroi dans lequel le CNDD a plongé les hommes , les femmes et les enfants de ce pays.

Ils ont vu et entendu les cris des femmes de Guinée.

Ils ont témoigné de ce qu'est le CNDD devant les enquêteurs des Nations Unies.

J'invite chaque guinéen à méditer cet instant

En tant que citoyens de ce pays nous avons un destin collectif.

Nous avons donc à réfléchir ensemble.

En tant que peuple de Guinée qui sommes nous ?

Quel est le message que nous avons à transmettre au monde ?

Quelle est la valeur que nous donnons à la vie de nos pères , de nos mères, de nos frères, de nos s?urs?

Après les massacres de 2006, après les massacres de 2007, après les crimes contre l'humanité de 2009, les forces « vives » ont- elles le droit de consacrer par compromission une nouvelle fois les militaires?

Les nazis, les khmers rouges, les génocidaires rwandais et tous les criminels contre l'humanité sont disqualifiés par l'histoire, jugés et condamnés par l'humanité.

Et au nom du Peuple de Guinée , des guinéennes et des guinéens, sur la terre de Guinée, les criminels contre l'humanité seront qualifiés et honorés ?

Je pense qu'il est temps que le Peuple mette la balle à terre et siffle la fin de la récréation..

Prêt pour la démocratie !

Ibrahim Sinkoun Kaba

 
Demandons pardon à Dieu ! (Par Mohamed Sadibou Camara)

2010/1/11

Le peuple de guinée doit se repentir envers Dieu et lui demander pardon, du faite certains de ses enfants pour des raisons égoïstes ont utilisé sa parole dans la voyoucratie. Certains diront que nous ne sommes pas tous concerné, mais ils oublieront que

La vie de tout un peuple, surtout de celui qui se dit croyant ne doit pas être confie à des athées.

La classe politique et religieuse actuelle de la guinée à un problème avec Dieu, un problème causé par une junte militaire à la tête Dadis et Sekouba, du faite que cette bande a voulu faire croire à tout un peuple que les livres saints, le Coran et la Bible sont des instruments de délinquances. En les profanant dans les camps militaires et autres lieux non purs sans aucune qu’aucune personnalité politique et surtout religieuse ne lève le doigt pour dénoncer cet acte satanique et infernal est une provocation de notre Dieu. C’est vrai que les guinéens oublient vite. Mais il ya des actes qu’on ne doit pas oublier surtout si c’est la destinée de tout un peuple qui est en jeu. Ces actes sataniques commis par l’armée guinéenne á travers Dadis et Sekouba ne doivent pas être oubliés si nous souhaitons un avenir meilleur pour notre nation.

Ils doivent être réparés. Nos compatriotes, qui par une malheureuse coïncidence ont eu notre vie en mains, ont provoqué Dieu. Quand on provoque Dieu, il faut se repentir en lui demander pardon.

Le peuple de guinée doit se repentir envers Dieu et lui demander pardon, du faite certains de ses enfants pour des raisons égoïstes ont utilisé sa parole dans la voyoucratie. Certains diront que nous ne sommes pas tous concerné, mais ils oublieront que ces frères, malgré qu’ils n’ont pas hésité de massacrer certains des leurs, malgré qu’ils n’ont pas hésité de violer certaines de leurs sœurs, femmes et filles, qu’ils sont un de nous. Donc cette responsabilité (dans le cadre de Dieu), nous devons l’assumer ensemble, car notre destinée est commune. Grace au même Dieu. L’adage dit que quand il pleut dans une nature vide, tout se mouille, mais différemment. Sans ce pardon, en condamnant ces vrais coupables, nous ferons tous partie, malgré différemment. Demandons pardon à Dieu. Ceux qui connaissent plus ces livres saints, disent toujours que Dieu, c’est le pardon.

Il est toujours prêt à pardonner ces créatures pour des fautes commises envers lui. Faisons-le immédiatement ! Pas comme le fait la plupart, attendre quand la fin de leur vie s’approche pour aller à la Mecque ou ailleurs pour demander pardon à Dieu, pensant que les forfaitures des années seront complètement effacés. C’est mal connaitre Dieu.

Nous ne devons pas attendre. Demandons pardon en reconnaissant clairement que la Bible et le Coran ne doivent pas être utilisés dans le mensonge, dans la terreur, dans l’injustice, en bref dans tout ce qui va à l’encontre de la dignité divine. Dadis, Sekouba et le CNDD ne doivent plus s’afficher devant ce peuple au nom de Dieu.

Pour se réconcilier avec Dieu, plus que tout guinéen, ils doivent montrer une sagesse plus franche envers lui, en posant, dès maintenant des actes concrets allant dans le sens du pardon. Ils ne doivent rien promettre au peuple, car ce peuple ne les croit pas. Surtout à raison. Un homme qui n’a pas tenu parole devant Dieu son créateur, c’est ne pas devant un peuple désarmé, fatigué des décennies d’injustice et de terreur, quémandeur de paix sociale qu’il va tenir parole. Une fois encore, pour vous réconcilier avec Dieu, aider ce peuple croyant de continuer à croire en Dieu, vous devez partir et plus vite. Avec une volonté sainte, on n’a pas besoins de déplacer le Mont Nimba pour mettre la guinée sur les rails. Dieu à tout donner à ce pays. Seulement, c’est certains de ses enfants qui n’ont pas voulu la prospérité de son peuple. Ne pensez pas qu’en allant que vous abandonnez un peuple. Non ! Le peuple de guinée est très solidaire, tolèrent, courageux, battant et surtout croyant. Des qualités indispensables qu’il faut pour un décollage et une prospérité.

Qu’est- ce que le régime de Lansana Conté et le votre (je ne peux citer que ces deux, ne maitrisant pas le premier) n’ont pas fait pour effacer complètement ce pays de la Carte géographique de ce monde ? Pillage économique, assassinat, tentative de soulèvement interethnique, chasse aux dignes filles et fils du pays, profanation de nos valeurs culturelles et religieuses etc.… Malgré tout, la guinée est là, reste et demeure. D’autres pays n’auraient vraiment pas survécus. Merci Dieu et merci aux courageuses filles et courageux fils de ce pays.
A partir de tous ces exemples cités en haut, vous devez comprendre (Dadis, Sekouba et le CNDD) que vous n’êtes pas une solution, mais un problème. Dieu, notre Dieu à tous, attend vos actes et l’acte du peuple au plus vite que possible.

Les religieux, hommes politiques et autres doivent rectifier leur tire en demandant de commencer par le commencement. Dieu est plus important que les élections et autres organes qui ne peuvent survivre sans sa bénédiction. D’abord se réconcilier avec Dieu qui demande la purification de la maison (le départ des athées). Beaucoup se demanderont de quels religieux, de quels hommes politique et autres ? Car l’adage dit que qui s’assemble se ressemble. Mais maintenant, vous avez (nous avons) à faire à Dieu. Ne l’oublions pas !

Je profiterai de cette occasion, au nom de nous tous, chers compatriotes et amis de la Guinée, de nous demander d’accorder cette semaine un temps de prière (le jour et le temps pourraient peu importer) pour demander pardon à Dieu à cause de ces actes sataniques commis par nos frères Dadis, Sekouba , le CNDD et les autres militaires.

Une fois encore Dieu, nous reconnaissons que ta parole(Le coran et La Bible), n’est pas un instrument de calomnie et de vandalismes. Nous te demandons pardon au nom de nos frères.

Nous te prions de préserver notre paix sociale et d’éloigner la destinée de notre cher pays des mains de tout enfant qui pourrait ressembler à Lansana Conté, Dadis, Sekouba, Pivi, Toumba, clic et clan.

Que Dieu bénisse la Guinée, notre chère patrie à travers la lutte de ses dignes enfants.

Mohamed Sadibou Camara
Hagen, Allemagne

 
Confusion et rififi politique à Conakry ? (Par Ibrahima Diallo –‘’Ollaid’’)

2010/1/11

Or en Guinée, nous ne sentons en aucun chef de parti cette flamme et passion pour le Pays mais plutôt des ‘’leaders’’ pusillanimes, fatalistes et résignés qui rechignent à se risquer : le 28 septembre 2009 est l’exception qui confirme la règle ; malheureusement ternie par la sauvagerie du CNDD.

A lire les réactions au sein du CNDD au discours-propositions du Général de Dadis, Sékouba Konaté, nous pouvons affirmer que ceux qui ont naïvement jubilé et pris pour argent comptant les paroles de ce dernier en sont pour leur frais.

En effet, toute personne avertie et qui veut regarder la réalité en face sait que le pouvoir ‘’exécutif’’ en Guinée -en ce moment- est une nébuleuse où les alliés de Dadis sont encore en position de force. Le simple indice révélateur est que Konaté n’a pas osé s’introniser Président. Dans notre livraison précédente, nous avions posé des interrogations qui s’avèrent pertinentes au vu de la tournure des événements qui semblent préluder un bras de fer au sein du CNDD: nous anticipions sur le sens à donner au vocable ‘’ l’opposition’’ (dans la bouche du CNDD) et si tous les membres du CNDD souscrivaient aux propositions de Konaté ? Et nous avions qualifié d’attrape-nigauds, le terme de « forces mixtes » pour protéger les acteurs politiques car en fait, il s’agit d’éléments milices du CNDD dispersés dans tous les corps armés avec comme ‘’commandeur en chef’’, Pivi Coplan : bien du plaisir à ceux qui seraient sous sa ‘’protection’’ (plutôt sa ‘’garde’’, serait plus approprié).

Le facteur aggravant de notre souci est que le Président intérimaire est lui-même malade ; ou en tout cas d’une santé très précaire. Un autre élément d’inquiétude est la situation figée de la crise car les ‘’leaders’’ de l’opposition semblent eux-mêmes déroutés et sans initiatives au point que leurs réactions aux propositions de Konaté révèlent un manque de stratégie claire, de vision et surtout de contre-propositions comme prémices d’une sortie de crise à savoir la clé de voute : leur sécurité assurée par des agents indépendants du CNDD et bien équipés pour la mission avant tout retour au Pays. Autrement, quelles que soient les bonnes intentions et solutions équitables et consensuelles, personne ne peut négocier librement dans la sérénité avec la peur au ventre pour sa vie.

En effet, cela reviendrait à négocier sans défense face à son bourreau auquel il serait impossible d’imposer ses vues ou les faires accepter car tout reposerait sur sa bonne volonté et disposition à faire des concessions : pour l’opposition, ce ne serait plus des pourparlers mais de la capitulation ! Et ce n’est pas une question qui va de soi si nous nous fions au plan de Konaté et si elle n’est pas posée et négociée comme préalable. Or c’est l’étape initiale qui permettra à tout le reste de se faire ! On sent également que les Forces Vives manquent à la fois de leadership et surtout de méthodologie efficace pour débarquer le CNDD : tout comme sous Conté, ce n’est pas le régime à Conakry qui est fort mais c’est plutôt l’opposition guinéenne qui est si faible que point ! Leur espoir semble reposer entièrement sur les mesures de répression de la Communauté internationale ; ce qui révèle aussi vraiment une attitude de désespoir et que l’attente peut durer surtout avec des pays comme le Maroc et le Sénégal prêts à soutenir les membres du CNDD et leur procurer soins et bouffées d’oxygène : pourquoi ne pas dénoncer au moins ces hypocrites en envoyant ses militants manifester devant leurs ambassades (car les partis politiques sont sensés pouvoir mobiliser plus facilement et efficacement) ? L’image de ces pays ‘’collabos’’ est importante pour eux malgré leurs éventuelles déclarations de défiance ou de négations. C’est la moindre des actions que les opposants pourraient au moins initier sans s’exposer si c’est leur souhait et façon de faire de la politique.

Au risque d’être barbant, il faut avouer encore une fois de plus que Toumba nous a énormément facilité la tâche mais le plus dur reste à accomplir : se débarrasser des racines et du tronc du mal, le clan de Dadis ainsi que des branches Konaté ; après les feuilles civiles tomberont d’elles-mêmes.

Finissons en insistant que finalement, il nous revient, à nous les Guinéens de la Société civile et les militants de partis, de faire collectivement et individuellement pression sur les acteurs politiques pour qu’ils sortent de leur torpeur et attentisme pour agir un peu, plutôt beaucoup plus dans le sens d’une sortie rapide de crise. Ce n’est pas aux étrangers de nous dire, temporiser ou de prendre des initiatives unilatéralement en ce qui concerne la Guinée mais plutôt à nous d’être en charge des décisions à prendre et demander leur assistance pour leurs applications. Par exemple, il est maintenant évident pour quiconque de bonne foi que Blaise Campaoré est plus une nuisance pour nous qu’un faiseur de paix et soucieux du bien-être de la Guinée.

Nous devons impérativement –car le temps presse- pousser les chefs de partis politiques à sortir de leur confort pour soit récuser la médiation du Burkinabé pour quelqu’un de constructif soit (ce serait l’idéal) négocier leur retour à Conakry avec leur propre garde rapprochée adéquatement équipée pour négocier directement avec la junte : l’obstacle majeur qu’était Dadis par sa mytho-mégalomanie étant levé. Au point où nous en sommes, nous pouvons et devons tout tenter ; c’est mieux que le statu quo : la pratique de la bonne politique, c’est se remettre en cause et s’adapter aux situations qui ne sont pas figées mais en évolution permanente à condition aussi (impératif) d’avoir une bonne stratégie de communication sous peine d’être incompris et qualifié de ‘’girouette’’.

Or en Guinée, nous ne sentons en aucun chef de parti cette flamme et passion pour le Pays mais plutôt des ‘’leaders’’ pusillanimes, fatalistes et résignés qui rechignent à se risquer : le 28 septembre 2009 est l’exception qui confirme la règle ; malheureusement ternie par la sauvagerie du CNDD.

NB : Dans la lutte contre la répression et l’injustice d’un régime, il y a en général deux voies, soit la lutte armée (comme les rebellions) soit la lutte pacifique comme nous semblons avoir choisi par défaut en Guinée. Ou encore l’une suivie de l’autre.

Ibrahima Diallo –‘’Ollaid’’

 
Rabat, Capitale De La Guinée (Par Saïdou Nour Bokoum)

2010/1/9

M. Sekouba Konaté, le nouveau chef de ce qui reste du CNDD, n’était pas allé à Rabat pour s’enquérir de l’état de l’ex premier « magistrat » de cet organe militaire qui gérait l’Etat d’exception depuis ce 23 décembre 2008, quand le 3 décembre 2009, une balle mit fin à sa carrière militaire et politique. M. Konaté était convoqué par les principales puissances qui nous gèrent depuis quelques mois. Le Maroc, la France et les Etats-Unis d’Amérique. Chacun peut imaginer le rôle de chacune de ces puissances dans la crise guinéenne.

Ayant à peu près dit tout ce que j’avais à dire sur cette longue crise qui nous gouverne depuis plus de cinquante ans, je voudrais ici proposer quelques idées simples, nées de réflexions antérieures, dont certaines remontent à 2004, date de publication du Manifeste Guinée 2010, Odyssée de l’Impasse. D’après les images de la prestation de M. Konaté et le ton du texte lu, il semble que ces principaux pairs l’ont investi dans son nouveau rôle : Président de ce qui reste du CNDD. Dont acte.

Les Forces vives qui avaient accepté d’entamer un dialogue avec le Capitaine Moussa DAdis Camara, avec l’intercession de M. Compaoré, logiquement, devraient continuer ce dialogue, même si la réunion de Rabat semble avoir disqualifié poliment, M. Compaoré.
Donc voici la substantifique moelle de ce discours : « Opposition désignez un Premier ministre issu de vous ! »

En réalité, l’Oncle Sam, le Tonton de la Gaule et le Cousin chérifien, depuis Rabat, auraient pu ajouter, excusez le quasi blasphème : « Je vous ai envoyé un messager issu de vous.. »(1)
Oublions pour une fois Sékou Touré. Oublions Lansana Conté, puisque nous avons déjà oublié Dadis et sa fosse, sa chambre à gaz aux dimensions du Stade du 28 Septembre.

Oublions la dissolution du CNDD, premier des 15 points d’un certain mémorandum remis au Groupe de contact et à M. Compaoré. Toumba s’en est chargé.
Pour faire vite, je vais essayer de répondre aux questions que le nouveau Chef de la Guinée et ses « conseillers » d’outre-Atlantique ne se sont pas posées.

Le futur Premier Ministre devra être désigné par un organe législatif et non pas seulement par l’Opposition, ni seulement par les Forces vives. Pour ce faire, il faudrait des Etats généraux des composantes de toute la nation. C’est devant cet organe que ce Premier ministre sera responsable et non pas auprès d’un organe d’exception quel qu’il soit.

Cet organe aura auparavant confectionné les termes de référence précis, qui guideront les actions de ce Premier Ministre et de son équipe. Nous sommes nombreux à être devenus allergiques au concept de feuille de route, qui convient pourtant mieux que ce jargon tiré du marché de l’emploi, inventeur de technicien de surface au lieu de balayeur, ou femme de ménage, passons..
Des Etats généraux de la nation sont incontournables

Ils devront rassembler non seulement la centaine de Partis politiques, mais les Centrales syndicales, les deux sensibilités de ce qu’était le CNOSSG aujourd’hui fragmenté en deux (il n’y a plus seulement celle de Ben Sékou Sylla qui n’en est qu’une tendance), des représentants des Guinéens de l’Extérieur, des personnalités de la société civile qui ne se retrouvent pas exactement dans les CNOSSG. Cela fait beaucoup de monde, j’en conviens, mais il y va de la démocratie, de la solidité des nouvelles institutions dont la Guinée veut se doter, pour enfin aller vers cet Etat de droit, condition sine qua non du départ pour un développement digne de nos richesses naturelles et humaines.

Ce Premier ministre et son équipe devront, et ce sera formellement inscrit dans les termes de référence, refléter l’équilibre de nos régions dont les richesses naturelles et surtout culturelles ont été dévoyées, instrumentalisées par les mêmes commis dont on retrouve les pires espèces dans toutes nos ethnies.

Enfin depuis l’avènement du CNDD, nous avons perdu beaucoup de mois à marteler qu'il faut d'abord aller à des élections, en faisant l’impasse d’une parole libérée du Peuple qui avait pourtant dit clairement ce qu’il voulait en janvier eet février 2007. On a fait des voyages couteux et inutiles à Abuja, à Ouagadougou, comme pour y planter des urnes.

Après la "rencontre au sommet" de Rabat, et les oukazes réécrites pour M.. Konaté, prenons le temps, pendant un mois au maximum, d’assurer notre propre médiation.
Note (1) Saint coran, sourate 9, 3 ou 4 derniers versets…

Saïdou Nour Bokoum

 
L’après-Dadis : Konaté quête-t-il un quitus ? (Par Ibrahima Kylé DIALLO)

2010/1/9

N’oublions pas que les véritables « tueurs » de Dadis sont ses propres conseillers. On pourrait même sortir un décret militaro policier interdisant tout comité de soutien à l’action de Sékouba...En résumé, « donnons à Sékouba notre chance » en évitant ... L’occasion nous est donnée de voir si nous avons un tigre pouvant nous sortir du tunnel ou simplement un « Sékou chat ».

Dans un article précédent, j’avais souligné que nous voulions tous, y compris certains militaires, le retrait de l’armée du pouvoir politique. Ce souhait étant largement partagé, se pose une question fondamentale : comment le faire ?

En Guinée nous avons souvent pris le désirable pour le possible en confondant souhait et réalisme. Le souhait c’est d’instaurer un Etat de droit dans notre pays tandis que le réalisme c’est le constat de la présence de bandes armées qui y sont habituées à des privilèges indus et à l’impunité. C’est aussi le constat de la faible marge de manœuvre des partis politiques à la fois nombreux et divisés (en dehors de 4 ou 5 partis, les autres formations ne sont que des sigles).

Aujourd’hui une autre chance de s’en sortir s’offre à la Guinée : on peut maintenant « faire sans Dadis » même s’il faut encore compter avec ses partisans. En neutralisant Dadis, le Dr Toumba Diakité vient de débloquer, peut-être involontairement, la situation guinéenne. Il apparaît comme le vrai facilitateur, contrairement au partial Compaoré. S’il est toujours en « visite officielle » au Maroc où il semblerait encombré (difficultés respiratoires), Dadis n’est plus encombrant. D’ailleurs, le vacarme étourdissant de Ouaga est interrompu depuis un certain 3 décembre 2009. C’est comme si on avait Dadis d’un côté et tous les autres, de l’autre. Autant dire que Ouaga était spécifiquement un problème de Dadis.

Historiquement, la Guinée a incarné, pendant un certain temps, la dignité africaine. Elle n’était pas crainte mais enviée et respectée. A l’avant-garde de l’unité du continent africain et de l’aide aux différents mouvements de libération, notre pays faisait la fierté de ses ressortissants. Aujourd’hui, il arrive qu’on ait honte d’être identifié comme Guinéen. Il faut que cela change !

Les germes de la dignité sont toujours en Guinée mais sous forme de souches qu’il suffit d’arroser pour la faire pousser. Nous avons toujours servi d’intermédiaires pour aider les autres à régler leurs conflits. Pourquoi ne nous retrouverions-nous pas pour résoudre les nôtres ?

Regardez à quel point nous sommes tombés. Je vous donne un petit détail. Dans un Etat de droit, s’il y a un symbole, c’est bien le ministère de la justice. Voyez le loubard Siba Loholamou à qui ce portefeuille a été confié pour des raisons purement claniques. Il est devenu le « garde des sots ». Comment peut-on tomber si bas ?

Ce qui devrait préoccuper tout Guinéen aujourd’hui, c’est comment sortir son pays du blocage actuel. C’est dans cette optique qu’il faut examiner attentivement le discours du général Konaté du 6 janvier 2010. Nous sommes tous habitués aux belles paroles et aux promesses non tenues.

Au regard de tout ce qui s’est passé rien, pour l’instant, ne permet de douter de la sincérité du successeur de Dadis à la tête de la junte. Surveillons-le de près et prenons-le au mot. Il veut relancer la machine ? J’ose espérer qu’il ne s’agit pas de la machine à tuer. Il parle d’un PM issu de l’opposition, de sécurité de chacun, de date d’élections à fixer par la nouvelle autorité de transition, etc. Comme c’est beau, faisons en sorte que ce soit vrai ! Ne donnons pas à Sékouba le sentiment de prêcher dans le désert. Il a de quoi manger mais avant qu’il ne s’essouffle, donnons-lui à boire (de l’eau, évidemment !).
Une junte sanguinaire est aux commandes du pays. Mais je me demande si les porteurs d’armes ne sont pas prisonniers de leur propre « faits d’armes ».

Je m’explique. C’est, me semble-t-il, un signe de faiblesse que d’utiliser systématiquement la force. Au moindre mouvement de revendication (politique, syndicale, scolaire, etc.) les militaires tirent à balles réelles sur nos compatriotes désarmés. N’ont-ils pas peur de ce qui pourrait leur arriver s’ils perdaient le pouvoir ? C’est à croire qu’ils seraient dans la situation de celui qui tient la tête d’un boa constrictor dont il redoute l’étreinte mortelle et qui ne sait pas comment s’en débarrasser. Le fait de dire que tous les militaires sont coupables les crispe probablement. Il faut leur faire comprendre que les degrés de responsabilité et, donc, de criminalité sont variables car tous n’ont pas commis des exactions. L’armée en tant qu’institution a failli à sa mission mais tous ceux qui en sont membres ne sont pas des tueurs et des violeurs. Il faut donc laisser entrevoir à certains exécutants une perspective de justice sereine. Il n’y a pas pire individu que celui que rien ne retient.

La plus grosse bêtise serait de suspecter systématiquement quelqu’un. Peut-être que Sékouba Konaté veut se démarquer entièrement de Dadis et déboucher le tunnel pour nous permettre d’en voir le bout. Comment le savoir sans l’éprouver ? Les militaires guinéens sont spécialistes des tirs tendus. Si Sékouba (qui cherche manifestement a dégager sa responsabilité dans ce qui s’est passé le 28 septembre 2009) tend la main, prenons-la même si c’est avec des gants mais prenons-la quand même ! Personne n’est dupe.

Pour tester la bonne volonté de Sékouba, exigeons de lui un certain nombre de garanties :

- Déclarer sans ambiguïté qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections présidentielles, ni lui ni aucun membre du CNDD et de l’équipe gouvernementale actuelle.
- Mettre en place très rapidement un gouvernement d’unité nationale pour terminer cette transition qui s’éternise. Une transition qui dure n’en est plus une. La première phase étant celle de Dadis (du 23 décembre 2008 au 3 décembre 2009), la seconde phase ne doit pas s’étendre au-delà du 31 mars 2010. Qu’on arrête de nous raconter du n’importe quoi en disant, par exemple, que ce délai est trop court. La Guinée-Bissau a organisé des élections crédibles dans un délai raisonnable après l’assassinat de Vieira. Pourquoi la Guinée ne pourrait-elle pas faire la même chose en moins de 2 mois ? On peut fabriquer des urnes sur place, ce qui donnerait du travail à nos artisans. Les urnes transparentes sont importées et trop chères et rien ne garantit que certaines ne soient pas stockées pour être bourrées d’avance. Par ailleurs, une urne peut être transparente sans que l’élection correspondante ne le soit. De toutes les façons, tout civil qui viendra vaudra mieux qu’un militaire !
- Dans ce gouvernement de fin de transition, l’armée pourrait conserver le ministère de la défense et celui de la sécurité mais avec obligation de résultat : nettoyer l’armée des bandes ethniques et des bandits et assurer la sécurité des personnes et des biens. Ils se connaissent mieux entre eux.
- Sékouba, pour être crédible, ne devra pas porter le titre de président de la république, chef de l’Etat, commandant en chef de ceci ou de cela ou d’Excellence mais sobrement, celui de « Président par intérim » (comble d’ironie, on peut parler à la limite du « Président Moussa Dadis Camara, momentanément absent »). C’est souvent avec la démagogie qu’une dictature commence. N’oublions pas que les véritables « tueurs » de Dadis sont ses propres conseillers. On pourrait même sortir un décret militaro policier interdisant tout comité de soutien à l’action de Sékouba.
En résumé, « donnons à Sékouba notre chance » en évitant toute polémique inutile dans laquelle il n’y a que des perdants. L’occasion nous est donnée de voir si nous avons un tigre pouvant nous sortir du tunnel ou simplement un « Sékou chat ».

Je vous salue.

Ibrahima Kylé DIALLO

 
La Guinée en 2010 (Par DIABY Bakeba)

2010/1/9

Alors que notre cher pays traverse actuellement des moments difficiles de son histoire, les Guinéens d’Amiens : étudiants, enseignants universitaires et travailleurs immigrés et leurs familles, souhaitent à la Guinée une sortie de crise honorable, paix sociale durable, un développement socio-économique rapide et optimal à l’occasion du nouvel an 2010.

Ce qui est important pour nous, à l’orée de ce nouvel an, c’est de nous dire qu’il n’y a pas que les nouvelles alarmantes et récurrentes du spectre de l’instabilité dont nous sommes quotidiennement destinataires à travers les différents média. En effet, tout n’est, tout de même, pas négatif au regard des potentialités à la fois humaines, intellectuelles et matérielles dont dispose notre merveilleux pays "béni".

D’ailleurs, il n’y a jamais rien de définitivement négatif, loin de là ! Il ressort toujours quelque chose de positif de nos propres contradictions, tout comme le commun des mortels. Par conséquent, la Guinée doit continuer de vivre et les Guinéens aussi, si possible, dans la joie et la bonne humeur !
Bien sûr, nous avons tous été bouleversés par ce qui s’est passé en Guinée, par la violence verbale, physique et symbolique des événements qui se sont succédés en 2009 et avant. Bien sûr, j’ai éprouvé, comme tout un chacun de nous, le sentiment de révolte et le rejet de ce qui peut être habituel dans d’autres pays, mais pas la Guinée que je connais, ce beau pays de paix, de tradition démocratique ancestrale, de sagesse et de vertu qui lui sont reconnus mondialement.

Aujourd’hui, avec le courage des hommes intègres de Guinée, à l’instar des ATT Guinéens, l’espoir renaît en moi et je salue au passage le sursaut de l’esprit républicain dont le vent semble souffler à nouveau dans mon pays. Je reste néanmoins prudent, attentif et humble sur le fronton des événements qui se produisent au fil du temps qui passe, inexorablement.
A présent, j’invite mes compatriotes à faire table rase des considérations partisanes, des rumeurs, des images "à bannir" et de l’amertume contenue dans les tréfonds de leurs coeurs. Je leur demande de pardonner même s’il sera difficile d’oublier. C’est à ce prix qu’ils peuvent bâtir une Guinée nouvelle.

Nous devons garder à l’esprit qu’il y a aussi de l’espoir dans les visages des citoyens lambda (enfants et jeunes d’avenir, hommes et femmes, certes de conditions de vie modeste, mais épris d’amour pour le pays, personnes âgées au passé glorieux qu’il ne faut pas oublier). Il y a, heureusement, en Guinée, bien sûr, et à travers le monde, des (con)patriotes qui, dans le silence et dans l’action concrète, pensent en bien à leur (grand) pays et avancent dans leurs différentes entreprises pour qu’un jour, maintenant, demain, ils puissent participer au développement de la Guinée, selon leurs capacités respectives.

En marge des polémiques des uns et des "vérités" des autres, j’en appelle à la conscience de chaque Guinéen : pour l’instant, laissons de côté nos intérêts égoïstes, nos dérives égotiques, nos fantasmes et "pulsions de mort", nos narcissismes primeurs et, surtout, nos complexes et archaïsmes infantiles, pour écouter, dans un premier temps, la voix de la sagesse et la raison, en nous rappelant les enseignements de nos vertueux et respectueux ancêtres, et, dans un deuxième temps, nous mettre à table pour nous dire la Vérité dans un esprit de respect et de reconnaissance mutuels. Il n’y a que comme que nous pouvons nous sortir du guêpier dans lequel nous nous trouvons.

Bien sûr, la Guinée nous appartient à nous tous, à tous nos ancêtres communs, à tout un chacun de nous individuellement et collectivement. Mais, attention Guinéens, cela doit se concevoir dans le cadre du Droit et non de l’anarchie, dans le respect de la Loi et non dans la délinquance fortuite ou systématisée, dans le respect des droits collectifs et individuels et non dans l’égocentrisme, le nombrilisme, le clientélisme, le régionalisme et l’individualisme absolu. Sans loi, ni foi, nous n’aurons pas de quoi ériger un toit, sachons-le. Le respect, et donc l’intériorisation de la Loi doit être inculquée aux jeunes guinéens dès le plus jeune âge (en famille, à l’école guinéenne, dans la rue) à travers des actions concrètes de citoyenneté, de responsabilité, de justice sociale, mais aussi des programmes scolaires adaptés. De telles initiatives favorisent, dans le temps, la lutte contre la corruption, la réduction des coûts de l’incivilité et de la délinquance juvénile et adulte.

De plus, il est, me semble-t-il, grand temps pour certains de nos compatriotes de grandir et de maîtriser ce goût intempestif pour la vanité et le culte de la personnalité. Evidemment, nous devons, comme nous l’exigent nos traditions, respecter nos dirigeants (chefs de famille, hommes de religion et de science, leaders politiques et militaires, doyens d’âge…), mais à leur juste titre, en tant que "frères", compatriotes et être humains. C’est le seul moyen au niveau de l’Entité humaine d’être juste et équitable, d’avoir la liberté de conscience et la grandeur de l’Esprit.

Aujourd’hui, face à un monde de plus en plus "mondialisé", où les tabous, jadis garants de la cohésion sociale, sont quotidiennement désacralisés et les repères perdus, nous devons nous attacher au respect de l’esprit de nos coutumes ancestrales, en cherchant à vivre dans la modernité. Sachons que c’est dans le respect indéfectible de nos traditions que nous trouvons notre originalité de Guinéens, d’Africains. A force de chercher à ne pas être nous-mêmes, nous perdons, à coup sûr, l’amour de la patrie et de la nation, la volonté de recherche de la Vérité.

Sachons que les efforts louables de ceux qui oeuvrent sincèrement pour la paix sociale en Guinée seront reconnus, couronnés de succès et récompensés. En revanche, ceux qui, en apprentis sorciers, vivent grassement du malheur actuel de la Guinée, en se délectant du sort lamentable des faibles, en jouant sur la fibre ethnique, sur la corde sensible de la logique de la politique politicienne, et en surfant sur le "Faden’ya" (cet orgueil à caractère anthropo-culturel contre-productif), ceux-là doivent savoir que, tôt ou tard, tout petits, ils devront un jour en rendre compte au Grand peuple de Guinée. Ils sont observés et seront jugés par les "Enfants de Guinée".

Sans me prononcer, actuellement, en tant que citoyen guinéen, sur le fond et la forme des événements tragiques et déplorables qui ont secoué notre cher pays le 28 sep 2009, - car je n’ai pas le recul suffisant par rapport aux tenants et aboutissants de ce drame humain, et puis des enquêtes nationales et internationales sont toujours en cours-, j'aimerai d'abord apporter mon soutien, en tant que patriote guinéen (et fier de l'être), aux familles des victimes et aux hommes et femmes de bonne volonté de ce grand pays africain (la Guinée), terre des de nos pieux ancêtres, et pays aux mille visages, doté d'un héritage culturel et "civilisationnel" inégalable à bien des égards.

Pour ceux qui ne l'auraient pas su ou compris, la Guinée est un pays multicolore, multiforme, multidimensionnel et aussi multi-ethnique (si vous voulez). Il n'est pas possible de confirmer, comme certaines personnes tendaient à insinuer récemment, que parmi les victimes du 28 septembre 2009, telle ou telle ethnie était majoritairement représentée.

Que je sache, aucune étude empirique à caractère ethnologique n'a jusqu'à ce jour, été faite sur ces victimes (même si, en effet, l'on peut dégager une certaine tendance, de manière approximative). Par conséquent, il est inutile, prématuré, farfelu, voire tendancieux d'en tirer des conclusions ethniques hâtives et de spéculer sur un éventuel "futur président guinéen" de telle ou telle ethnie.

Par ailleurs, il faut éviter (toujours sans preuve) de faire véhiculer la prétention selon laquelle une ethnie ou un groupe social particulier en Guinée serait le moteur du progrès social réalisé dans notre pays ces dernières années. Je me méfie également des chiffres et statistiques (officiels ou officieux) qui donneraient telle ethnie minoritaire et telle autre ethnie majoritaire. Bien que je ne conteste pas les chiffres quand ils sont vérifiables et vérifiés, je m'inscris, toutefois, en faux contre certaines interprétations qui peuvent en être faites.

En effet, qui peut prouver scientifiquement son appartenance à une race pure? Alors, attachons une grande méfiance à certaines statistiques qui peuvent être potentiellement dévastatrices pour les peuples. Il en va de même, à titre d’exemple, de l'idée selon laquelle, il y aurait 1 milliard, voire deux milliards de musulmans ou chrétiens sur terre! Tout en ne mettant pas en cause le fait que les musulmans ou les chrétiens sont de plus en plus nombreux aujourd'hui dans le monde, je m'interroge sur les critères de désignation des musulmans et des chrétiens : critères raciaux, linguistiques, de tradition, de conversion, etc... (Qui est musulman, chrétien et qui ne l'est pas?).

Je dis donc : attention, Guinéens, aux concluions hâtives, aux jugements de valeur, aux considérations partisanes. Personne n'a le monopole sur la Guinée. La Guinée appartient à tous les Guinéens, sans exclusive, militaires et civils, je dirai même à tous les Africains, dans une certaine mesure. Sachons que sans le peule, l’armée n’a pas raison d’être, et sans l’armée, le peuple ne peut être défendu en cas d’adversité, de crise majeure, de menace sur son existence.

C’est ensemble que nous, civils et militaires, devons trouver des solutions à nos problèmes et bâtir le pays dans la fraternité, la justice, l’équité et la solidarité. Arrêtons de nous dire les mots qui créent des maux.
Aucun groupe ethnique n'a le droit de dire "c'est notre tour" (je ne désigne personne par cette phrase).

Arrêtons de nous diaboliser mutuellement et de nous livrer à des exercices de critiques "intellectualistes" sans fondement ni juridique, ni rationnel, ni historique et encore moins divin. Faisons confiance aux gens en les responsabilisant.

Jetons les bases d’institutions réellement démocratiques, efficaces, efficientes stables et crédibles. Disons-nous la vérité et arrêtons les jugements de valeurs "subjectifs".
Soyons clairs, l'important n'est pas de dire "le futur Président de la Guinée doit être de mon ethnie, mais de dire simplement le futur Président guinéen sera démocratiquement élu (avec, s'il vous plaît, les voix éclairées et librement exprimées de la majorité des Guinéens)".

Pour terminer sur une note, somme toute, positive, je dirai que le jour où nous aurons des partis politiques au sein desquels des Guinéens, toutes tendances confondues, se reconnaîtront et s’exprimeront librement et dans le respect de leurs semblables, nous pouvons alors parler de débat constructif, de confiance, de transparence, de démocratie, de bonne gouvernance. Pour le moment, restons calmes, tranquilles et ne réveillons pas les vieux démons, au risque de mettre en péril l’essence même de notre existence, et avec elle celle de notre nation.

A bon entendeur, salut !

DIABY Bakeba,
Docteur en psychologie sociale,
Université de Picardie Jules Verne (France).

 
Pas de confusion, mon Général ! (Ibrahim Sinkoun Kaba)

2010/1/7

Un gouvernement de transition est politiquement neutre et a pour vocation de permettre le transfert d'une autorité à une autre; Ceci dans un cadre consensuel et juridiquement légal.


Un gouvernement d'union nationale a vocation à associer les différentes compositions politiques à la gestion du pays.

Mon Général si l'intention que votre verbe a exprimée est d'aller vers une démocratie, alors vous devez écarter la confusion du cadre national.

Une transition apaisée et réussie relève de votre devoir.

Un gouvernement d'union nationale relève de la responsabilité de celui que le peuple aura légitimement élu, dans un esprit de rassemblement.

Entrelacer les deux sèmera la confusion, détournera le gouvernement de l'objectif initial. Le sentiment de « partage du gâteau » entachera la confiance et l'adhésion nécessaire en ces futurs gouvernants.


Mon Général le pardon et l'apaisement est le souhait de chaque guinéen et guinéenne

Mais il est difficile de pardonner, quand celui qui vous a meurtri tient encore une arme à la main et de l'autre main épingle votre plaie.

Posez l'acte fondateur, l'acte qui fera de votre discours une vérité historique, L'acte qui apaisera dans la sincérité la nation, l'acte qui entamera le début du processus de pardon,l'acte qui permettra qu'une justice apaisée refoule l'esprit de vengeance.

Mon Général,monsieur Konaté, libérez les guinéens emprisonnés suite au 28 septembre 2009 et rendez les corps des victimes du 28 septembre à leurs familles, permettez que vos concitoyens , vos frères et sœurs soient enterrés dans la dignité de nos croyances et de nos traditions.

Voilà l'acte fondateur, le début de la vérité, de la sincérité.


En posant cet acte nous reconnaitrons en vous l'homme du moment historique. Et nous répondrons à votre appel, pour la Guinée, pour les guinéens, la jeunesse guinéenne vous accompagnera avec ses espoirs et son énergie, sur la base de la vérité et de la justice.


Prêt pour la démocratie !

Ibrahim Sinkoun Kaba

bioservice@yahoo,fr

00 336 7064 0389

 
Attention à la somalisation guinéenne ! (Par Abdoulaye Portos Diallo, Allemagne )

2010/1/7

En tant que patriote guinéen vivant depuis 1978 en Allemagne et ami intime de feu Jean Claude Diallo qui m’a remis le flambeau de la toléranceet des droits de l’homme que j’aimerai partager avec vous en ne citant par exemple que l’ancien Premier ministre guinéen François Fallrendant hommage à Jean Claude Diallo « La mort, cette indésirable compagne de tous les jours, vient encore d''arracher à notreaffection un homme exceptionnel, un patriote, un visionnaire, un homme d''honneur et de grande conviction. Jean Claude Diallo,puisqu'il s''agit bien de lui, avait ouvert une page nouvelle de l''histoire de notre pays, en réussissant pour une grande première àinjecter dans le circuit gouvernemental des Guinéens de l''extérieur réputés pour leur expérience et leur compétence. N’en déplaise àceux qui les appelaient à l'époque " Ministres importés " ou simplement " Diaspos ". Cependant, avec le recul, il est incontestable que lesBana Sidibé, Kerfalla Yansané, Edouard Benjamin et autre Ousmane Sylla, ont apporté à l'administration guinéenne leur savoir fairedans leurs domaines respectifs.
A-t-on d'ailleurs fait mieux après Kerfalla Yansané à la Banque centrale ou à l'urbanisme-habitat, après Bana Sidibé? L'histoirejugera. »
Dans la logique de cette pensée et dans la situation actuelle de notre pays, on doit se garder de toute idée de division, entre une « GuinéeDiaspos » (« Diapos » au sens guinéen de la Diaspora..) et une « Guinée non-Diaspos », une « Guinée militaire » ou une « Guinée civile », une« Guinée Peulh » ou une « Guinée Forestière », une « Guinee Malinke ou Mandingue » ou une « Guinée de la Basse Côte », à mon avis il n’y a qu’une Guinée de patriotes et dedémocrates sensés se réconcilier sur une nouvelle base de tolérance et avec un souci de reconstruction nationale, car la Guinée dispose des ressources nécessaires au bienêtre de sa population. Tous ceux qui n’ont pas une telle exigence ne méritent pas de se réclamer du peuple guinéen, ce ne sont que des escrocs, des agitateurs et de vraisapatrides.
Jean Claude me disait souvent « Singa (jeune frère en Peulh), si tu dois gouverner la Guinée, il faut écouter tout le monde, mais fais attention à ce que tes parents teproposent pour conduire les affaires de l’Etat, et si possible fais le contraire… » Faites le bilan des gouvernements Sékou Touré et Lansana Conté, voyez le bilan de Dadis enun an ! Les affaires du pays ont été gérées de manière féodale plus par népotisme distribuant à leurs proches emplois et faveurs, que sur une appartenance à une communauté,.Peut-on vraiment affirmer qu’une ou l’autre des communautés auxquelles appartenaient ces despotes ont véritablement profité de ces régimes !
Faisons un parallèle entre la Somalie et la Guinée : Pour la première fois dans l'histoire la communauté internationale a voulu mettre fin dans le bon sens à un conflitafricain en intervenant dans une guerre civile africaine. Cette intervention a pris la forme d’une opération militaire prénommée « Restore Hope » ; débarquementspectaculaire des marines américains sur les plages de Mogadiscio puis par l’envoi d’un contingent de l'ONU dont l’action a consisté pour l’essentiel en des « raidspunitifs ». Ces interventions n'auront été qu'un entracte entre deux catastrophes : la famine, résultat d'une guerre civile
qui a fauché près de 300 000 Somaliens dans l'indifférence d'un monde longtemps coupable de non assistance à une population en danger et une tentative de restaurationd'un Etat victime d'un « suicide national », livré aux seigneurs de la guerre responsable du pillage et de la dévastation d’un pays pour toute une génération
Attention au drame guinéen de 2008-2009 ? Nourrissons-nous du drame somalien, de 1989 à juillet 1993, de la lente et sanglante agonie du régime de Siad Barre, desleçons de sa chute, des lut- tes fratricides à la famine des populations prises en otage, de l'intervention militaro-humanitaire des Américains au retour de l'ONU. L’exemplesomalien montre que la seule implication de la communauté internationale en dehors de toute analyse politique de la situation ne suffit pas et encore moins sans une certaineprise de conscience des forces politiques nationales. Cette manière d’aborder le problème somalien avec un point de vue essentiellement occidental permet d’expliquer enpartie le situation que connaît aujourd’hui ce pays. La Somalie est aujourd’hui livrée à une lutte sans merci entre des clans menés par des seigneurs de guerre.
Quel devenir pour notre Guinée après une succession de dictateurs et le court règne d’un apprenti despote? Sommes-nous dans la logique somalienne ? La communautéinternationale pour une fois semble prendre ses responsabilités, des leaders politiques guinéens qui font front commun et une population guinéenne qui n’en peut plus sontsoutenus par cette même communauté internationale qui tient compte des erreurs somaliennes. Et que voit-on survenir dans ces moments difficiles qui mériteraient lesoutien de tout patriote guinéen dans cette tâche difficile ?
Une poignée de compatriotes qui s’en prend aux seules leaders Guinéens encore dignes de respect qui nous restent, qui ont refusé de se compromettre dans le Gouvernementsanguinaire de Conté et qui n’ont pas trempé dans l’actuel Gouvernement militaire aussi sanguinaire que le précédant Pour quelle raison s’en prendre à la Personne du Pr.Alpha Condé, de Feu Siradiou Diallo ou à Feu Bah Mamadou, à des personnes comme M. Fall qui a fait par ailleurs ses preuves dans des missions à l’étranger ? Quel senspeut-on donner aux attaques qui sont dirigées contre le ministre des affaires étrangères français ? Ne gagnerait-on pas plutôt à dénoncer le rôle néfaste que joue un sinistreindividu du nom de Chérif ?
Attention à la « somalisation » de la Guinée et je ne peux que faire un appel à la conscience de tous les patriotes guinéens qui veulent un changement positif en Guinée.Notre seule alternative aujourd’hui, à nous patriotes et démocrates guinéens, c’est un soutien sans faille aux forces démocratiques qui œuvrent pour que nous tournions lapage de 51 années de misère et de violences que le pays traverse.
Et je finis par cette citation de Jean Claude Diallo
« Le bien de l’espoir, c’est qu’il existe, même si personne n’y croit. Nous ne sommes pas obligés d’y croire, il existe comme ça. C’est le bien de l’espoir ».
Je suis persuadé que nous Guinéens retrouveront le pas de la solidarité et de la tolérance que nos parents nous ont léguées. Combien de siècles, malinkés, peulhs, forestierset soussous ont-ils vécu ensemble avant la colonisation, pendant la colonisation et les périodes de dictatures de Sékou Touré, Lansana Conté, Dadis Camara ? Mais l’espoird’une Guinée meilleure se construira dans cette partie de l’Afrique.
Nous EuroGuinée, notre institution participe à cet optimisme et nous tendons la main à tous ceux qui veulent construire la démocratie en Guinée et l’exemple des payslimitrophes comme le Mali, le Ghana, la Sierra Léone et le Liberia, et mieux, mon deuxième pays l’Allemagne Fédérale est un bon exemple d’une transition qui a été soutenue par les organisations internationales passant d’une dictature atroce à une démocratie.
Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010, ainsi qu’à votre famille.

Abdoulaye Portos Diallo, Allemagne


 
Une fois encore Basta ! (Par Mohamed Sadibou Camara Hagen, Allemagne)

2010/1/7

Maintenant ils vont plier bagages.

Ils ont entendu le mot premier ministre issu de l’opposition, ils oublieront tous qu’ils iront partager le pouvoir avec une bande armée condamnée par la communauté internationale pour crime contre l’humanité ; ils oublieront que Konaté-Niari (le chat) faisait partie des proches de Dadis qui l’ont excité à ne pas céder (son discours mal préparé de Fria de vous quelque chose) ; ils oublieront que Moussa Keita avait lancé le slogan Dadis ou la mort ; ils oublieront que Pivi a le sang des centaines de leurs compatriotes sur les mains ; et surtout ils oublieront que les Guinéennes et Guinéens ne réclament pas un premier ministre issu de l’opposition, mais plutôt le départ sans condition de cette bande armée de l’arène politique de la Guinée. Ils oublieront que le peuple réclame la traduction en justice pure et simple des responsables des différents massacres perpétrés sur lui par cette bande armée guinéenne. Je prie le bon Dieu que je me trompe cette fois-ci sur ces politiciens. Le peuple de Guinée a tant souffert. Eh d’ailleurs de quel premier ministre parle-t-il ? Quel serait le pouvoir de ce PM issu de l’opposition sur une armée dite incontrôlable par les chefs hiérarchiques eux-mêmes ; et qui a commis l’un des crimes les plus atroces de l’histoire de notre nation ? Après le Dadis show, nous finirons par suivre l’Eltigre show, mais à la Conté. Il n’y a aucune différence entre ce type et Lansana Conté. Tous deux timides, limités et sournois, ils utilisent la tactique de la terre brûlée pour atteindre leur objectif. Toujours c’est des propositions hors sujet. Konaté, le peuple ne veut pas de ton premier ministre issu de l’opposition et surtout ne te croit pas. Tu as eu Moussa Koffoé, mais nous, tu ne nous auras pas. Qu’est ce que vous n’avez pas promis aux Guinéens à votre prise de pouvoir ? N’avez-vous pas promis un PM civil, chef de gouvernement ? Nous l’avons vu ce PM. Vous avez transformé un vrai homme en une marionnette. D’un coup, Komara parlait comme Mamata. Cela me surprendrait que ce monsieur retrouve sa forme normale, tellement le traumatisme est grand. Que Dieu sauve une fois encore la Guinée.
La plupart des leaders politiques étant des anciens premiers ministres d’un régime militaire, je rêve qu’ils ne se laissent pas piéger cette fois-ci. S’ils veulent sauver la Guinée et surtout se racheter auprès d’un peuple démoralisé et désespéré, ils feront cette fois-ci preuve de maturité politique et de patriotisme. Ils doivent proposer et exiger que la transition soit dirigée par une personnalité neutre qui serait chargée de préparer les élections libres et transparentes. Ni la junte, ni les partis politiques ne doivent prendre part à ce gouvernement et surtout avoir de l’influence sur lui. S’il vous plait, pour l’amour du ciel, faites cette fois-ci ce cadeau à la mémoire des multiples disparus qui se sont sacrifiés pour vous et pour la Guinée.
Selon un site internet, Jean Marie Doré a salué l’initiative de Sekouba-Niari (le chat) et se dit prêt à ajouter son grain de sel. Qui peut s’attendre à d’autres choses de lui ? Il pense récupérer autrement le prix de sa maison saccagée par les milices sauvages. Monsieur ressaisissez-vous ! Battez-vous pour une Guinée de justice, vous recouvrerez vos droits les plus absolus.
Que vivent la solidarité et l’unité pour le changement dans la persévérance.
Une fois encore non à la transition militaire. Non au pouvoir Kaki. Basta Sekouba-Niari !
Vive la démocratie.
Que Dieu bénisse la Guinée à travers notre lutte. Amen !

Mohamed Sadibou Camara
Hagen, Allemagne

 
Les Nouvelles: Quel(s) intérêt(s) pour cacher la vérité sur l’état de sante de M. Moussa Dadis Camara ? (par Aboubacar Fofana)



2010/1/7

Il faut sortir de cet Etat d’exception qui n’en finit plus pour entrer définitivement dans une transition politique tant souhaitée par tous les acteurs de la vie politique et de la société civile sans oublier les populations.

Depuis maintenant un mois, les Guinéens vivent au rythme de communiqués « contradictoires » et/ou « rassurants » sur l’état de santé du Chef de l’Etat, monsieur Moussa Dadis Camara.

En effet depuis le 3 décembre 2009, date de l’attentat dont il a été victime, de la part de son aide de camp, Aboubacar Toumba Diakité, les communiqués se succèdent et se contredisent sur son état de santé réel.

C’est un procédé digne de l’époque d’avant la glasnost, dans l’ex Union Soviétique ou la mort ou l’incapacité du chef ou du premier responsable du parti communiste devait être tenu secret pendant des semaines, le temps de désigner, au sein de l’appareil du parti, son successeur.

Cela participe de l’infantilisation des citoyens, comme s’ils étaient incapables d’affronter la réalité. Quant à nous, le peuple nous semble assez mûr pour affronter les évènements quels qu’ils soient, heureux ou malheureux et il doit savoir la vérité.

Convaincus de la nécessité du combat contre la violence politique et son corollaire qui est l’impunité, nous condamnons l’attentat dont a été victime MDC.

Le fait de cacher son état de santé, après la tentative de meurtre contre sa personne pouvait s’expliquer, dans un premier temps, par le besoin d’installation et de consolidation du pouvoir intérimaire assuré par le Général Sékouba Konaté.

Ce pouvait être aussi dans le souci de prévention d’un embrasement de violence, de la part de ses partisans, contre tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec les vues du CNDD et de MDC quant à son éventuelle candidature aux élections présidentielles à venir.

La vie d’une nation ne doit pas être suspendue au sort d’un homme fût-il le chef de l’Etat. Les institutions doivent perdurer sur les hommes.

C’est le lieu de préciser la distinction qui à nos yeux est importante entre les forces que nous qualifierons de forces rétrogrades et les forces de progrès.

Les premières ont fait le pari du soutien à un homme ou à un système contre la volonté de l’immense majorité des populations guinéennes et qui malgré les douloureux évènements du 28 septembre se sont entêtées dans leur choix et en rejetant la responsabilité des massacres sur les responsables des forces vives. Elles vont ainsi maintenir la nation dans un archaïsme.

Les secondes ont choisi le combat pour les valeurs démocratiques et l’avènement d’une nouvelle ère de progrès et de gouvernance dépourvue de toutes les scories qui empêchent le décollage de notre pays.

Pour la première fois de son histoire, la communauté internationale, dans son ensemble, est venue au secours de la Guinée. C’est ainsi qu’un Groupe de Contact international sur la Guinée (GIC-G) a été mis en place par les instances Africaines dès l’arrivée du CNDD au pouvoir, par un coup d’Etat, le 23 décembre 2008. Dans ce groupe se trouvent l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CDEAO, l’ONU, etc. le même type de groupe existe pour Madagascar et le Niger.

Tout ce monde est d’accord sur le même diagnostique de la situation et se trouve sur la même longueur d’onde dans les exigences sur la période de transition devant mener aux premières élections libres et transparentes dans ce pays.

L’épouvantail du bouc émissaire étant à la base de nos problèmes, ou de l’ex puissance colonisatrice voulant mettre la main sur nos immenses ressources minières ne tient pas longtemps la route.

En effet, à chaque fois que le pays s’est débattu dans ses contradictions internes, il y a eu une « excuse ».

Sous la première république, ce fût le « complot permanent » fomenté par les réseaux de Mr Jacques Foccart avec l’aide de la « cinquième colonne » intérieure.

Sous la deuxième république, le pays est resté dans la même logique d’assiégé, avec un régime dictatorial doublé d’un affairisme qui a mis le pays en coupe réglée.

Avec l’arrivée du CNDD au pouvoir, de grandes idées ont été avancées mais qui n’ont pas connues de début de réalisations. L’on a confondu intentions et actions, professions de foi et mise en œuvre des idées. En politique comme ailleurs, « les actes sont les seuls juges des intentions ».

En Guinée, et depuis cinquante deux ans maintenant, l’on a cru qu’on était un peuple et un pays à part et en dehors du temps. Ce qui était valable partout ailleurs était obsolète et inadéquat chez nous.

Cet épouvantail ou réflexe permet aux dirigeants de souder le peuple autour de ses mots d’ordre. Mais le disque commence à être un peu rayé.

A l’instar des comités de soutien à l’action du CNDD et à la candidature de MDC aux prochaines élections présidentielles, l’on a vu une volée de bois vert à propos des déclarations de M. Bernard Kouchner sur la situation politique en Guinée ainsi que des manifestations devant la chancellerie de la France.

Pourtant, et pour l’essentiel, M. Kouchner fait les mêmes recommandations que l’ensemble des membres du groupe de contact.

Ce sont donc ces forces rétrogrades, qui se parent volontiers d’un nationalisme étriqué et de mauvais aloi, qui ont intérêt au statut quo.

Il est donc nécessaire de faire cesser ce silence sur l’état de santé de MDC pour éclairer le peuple.

Il faut sortir de cet Etat d’exception qui n’en finit plus pour entrer définitivement dans une transition politique tant souhaitée par tous les acteurs de la vie politique et de la société civile sans oublier les populations.

Pour ce faire, il est urgent de mettre en place les institutions de cette transition qui manquent encore à l’appel et activer celles qui sommeillent pour les rendre effectives.

C’est ainsi que la Guinée pourra intégrer le cercle des pays normaux et ordinaires sur la voie d’une gouvernance éclairée.

Aboubacar Fofana

 
La guerre civile peut éclater du jour au lendemain. Déjà l’armée n’en est pas une, c’est un conglomérat d’intérêts divergents (Par Thierno Monenembo).

2010/1/7

À l’occasion de la neuvième édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou qui s’est déroulée du 26 au 30 novembre 2009, nos confrères burkinabés, Le Faso, se sont entretenus avec l’écrivain Thierno Monenembo, pour aborder des questions brûlantes de l'actualité nationale, notamment ses activités littéraires, les festivités de l'An 50 de l'indépendance de certains pays africains, la crise guinéenne et autres.


Sous le régime de Sékou Touré, vous vous retrouvez en 1973 en France, est ce un départ volontaire ou un exil ?


C’est un exil dans la mesure où je n’ai pas quitté volontairement mon pays. Je suis parti sous la contrainte dans un contexte particulièrement malsain. Celui d’une répression généralisée. C’est la dictature de Sékou Touré. Une répression qui a touché toutes les couches de la population guinéenne en particulier les intellectuels.


Dans les années 70, il y a eu trois (3) millions de Guinéens exilés principalement dans les pays voisins notamment au Sénégal, en Cote d’Ivoire, en Sierra Léone, au Libéria et au Mali.


Vous êtes scientifique de formation, d’où est venue cette passion pour l’écriture au détriment de la biochimie ?


La passion de l’écriture est venue progressivement. Je reconnais une chose c’est que quand j’étais petit j’aimais lire. Je pense que le goût de l’écriture commence toujours par là. L’écriture elle-même est venue sous le feu de l’exil. Je me suis retrouvé en 1973 en France, un pays que je ne connaissais pas bien. C’était la première fois que je me rendais en Europe. Là-bas c’est le froid, le froid humain, le froid climatique.


Evidemment c’est un endroit idéal pour ressentir l’exil. Le besoin de l’écriture est né ainsi sans que je ne m’en rende compte. La répression guinéenne était telle que chaque fois que je mettais une radio en marche, j’entendais dire qu’un de mes voisins voire un membre de ma famille avait été arrêté ou exécuté. Cela m’a poussé à prendre ma plume de façon plus ou moins subconsciente.


Je n’avais pas vraiment la conscience claire et nette d’écrire un livre. Je n’avais pas la conscience d’entrer de pleins pieds dans le champ littéraire. J’avais l’impression que c’était un simple acte d’exutoire en quelque sorte. Finalement j’ai écris mon premier roman qui s’appelle « les crapaud- brousse ».


Récemment votre œuvre « le roi de Kahel » a remporté le prix Renaudot. Pourquoi s’intéressé au personnage d’olivier Sanderval dans ce livre ?


Je me suis intéressé au personnage d’Olivier Sanderval sur la recommandation d'un historien guinéen du nom de Djibril Tamsir Niane. Je me suis donc mis à faire des recherches sur l’homme. Je me suis rendu compte qu’il ne restait pas grand-chose de lui aussi bien dans les archives nationales guinéennes que dans la mémoire française. J’ai eu la chance de rencontrer son petit fils, qui lui, avait conservé les archives familiales. Ce qui m’a permis d’avoir une idée précise de la vie et de la personnalité intérieure d’Olivier Sanderval. J’ai donc pu reconstituer le personnage.


Quel a été le rôle et la place de ce personnage dans l’espace peulh ?


Olivier Sanderval est un français qui est né à Lyon dans une grande famille d’industrielle. Il était passionné de voyage et de science. C’était un aventurier dans le bon sens du terme. Il s’est mis dans la tête depuis le plus jeune âge de venir un jour en Afrique pour se tailler un royaume personnel, une colonie personnelle. Et il a décidé de le faire dans le pays qui est le mien c’est-à-dire le Fouta Djalon, le pays des peulh en Guinée. Il est arrivé dans ce pays vers 1880.


Il l’a traversé à pieds avec une colonne d’une centaine de personne composées de tirailleurs pour le protéger et des porteurs. Il est venu se présenté dans la cour de l’almamy de Tembo qui était le roi du royaume du Fouta Djalon et il lui a demandé l’autorisation de créer une ligne de chemin de fer, une autorisation de faire le commerce. Son arrière pensée était de se tailler un royaume dans le Fouta Djalon.


Pour commencer l’almamy l’a mis en prison pour deux mois. Ensuite, ils ont fini par créer des liens d’amitié, des liens affectifs puisqu’à la fin l’almamy finit par le considérer pratiquement comme un fils adoptif et lui a concédé un petit territoire de 26 kilomètres de longueur. Il a créé un petit royaume éphémère qui est justement le royaume de Kahel. C’est le royaume où il a créé une monnaie : le caël, une armée de 20 milles personnes.


Bientôt les Etats africains célébreront leur cinquantenaire. Qu’est ce que le soleil des indépendances a apporté à l’Afrique ?


Pas grand-chose. Les indépendances dès le début furent un gros piège malheureusement dans lequel nous sommes joyeusement tombés. D’ailleurs nous sommes souvent tombés dans tous les pièges qu’on nous a tendus. Le grand problème de l’Afrique c’est qu’elle n’a jamais su éviter le moindre piège.


Les indépendances africaines n’ont toujours été que les conséquences de la lutte de libération qui ont été menées au Viêtnam et en Algérie. Ce sont ces deux phénomènes politiques basés sur la lutte armée qui ont conduit à l’affaiblissement du système colonial français. Ce qui fait que c’est le colonisateur français lui-même qui a organisé la décolonisation en Afrique. Il n’a pas subi la colonisation.


Il l’a organisé à son propre profit. Ce n’est pas pour rien que ces indépendances jusqu’ici, sont plutôt favorables à l’ancienne puissance coloniale qu’aux peuples africains eux même. C’est un constat irréfutable qu’aucun historien ne peut me contester. Maintenant à l’intérieur de cet espace de liberté politique plus ou moins formelle que nous avons obtenu à partir de 1958, on aurait pu si nous avions obtenu les dirigeants qu’il fallait ; établir une stratégie de survie.


Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de survie pour plusieurs raisons. D’abord nous sommes venus vers les indépendances en ordre dispersé. Nous avons fait éclater l’ancienne AOF (ndlr : Afrique occidentale française). Cela a donné ces petits pays absolument paralytiques eu égard au contexte économique, militaire et diplomatique que nous vivons aujourd’hui. Les pays que nous avons hérités n’ont aucun moyen de survie réellement dans le contexte d’aujourd’hui.


Le monde contemporain est un monde de grandes puissances. Nous sommes de petits pays de 5 à 10 millions de personnes avec des économies dont les PIB (ndlr : Produit Intérieur Brut) dépassent à peine 4 à 5 milliards de dollars. Que pesons-nous à l’échelle du monde ?


Deuxième erreur c’est que les stratégies de développement qui ont été mises en place par le système politique sont très aberrantes et très souvent n’ont profité qu’aux castes dirigeantes. Elles n’ont jamais profité aux couches populaires. Je ne joue pas à l’opposant politique mais je ne fais qu’un constat simple de ce qui se passe en Afrique jusqu’ici.


Vous parlez souvent de l’impuissance des intellectuels. À quel niveau se situe cette impuissance ?


La démission est à tous les niveaux. D’abord au niveau des intellectuels. Je pense qu’ils ne se sont pas beaucoup intéressés à la mémoire collective africaine. Ils auraient dû le faire puisque le handicap principal de ce continent réside dans l’engloutissement de la mémoire. Le choc colonial a fait que nous avons rompu le fils qui nous liait à notre culture, à notre histoire ancestrale.


Je suis convaincu d’une chose c’est qu’on ne peut pas faire de l’avenir si on n’a pas une conscience claire et nette de son passé. Ce travail n’a pas été fait ou a lors s’il a été fait c’est que c’est sous un angle militant. C’est-à-dire sous l’angle de la revendication or il ne s’agissait pas de revendiquer mais de comprendre et de faire comprendre.


Et pourtant, le professeur joseph Ki-Zerbo, l’égyptologue Cheick Anta Diop et bien d’autres ont eu des travaux intéressants dans ce domaine.


Très intéressants. Ils ont fait ce qu’il fallait faire. Malheureusement sur le plan littéraire ça n’a pas été poursuivi. Cheick Anta Diop a tracé un cadre de pensée historique. Ce qui est formidable. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses conclusions. Je ne tiens pas à être coûte que coûte descendant de Pharaon d’Egypte.


Mais qu’est ce qui est très intéressant chez Cheick Anta Diop ?


C’est qu’il a bousculé les repères de la mémoire. Il a été le plus loin possible dans le temps. Or très souvent nos historiens réfléchissent l’histoire africaine à partir de la colonisation, alors que nous ne sommes pas nés de la colonisation. Il aurait fallu que le travail de Cheick Anta Diop soit poursuivi notamment au niveau romanesque.


Malheureusement le travail romanesque africain a souvent consisté à contester la colonisation voire parfois les conséquences de la décolonisation. C’est-à-dire les fausses indépendances et les catastrophes qui s’en ont suivi. Il est bon, il me semble parallèlement de creuser la question de la mémoire. À défaut de la régler il faut la poser dans des perspectives littéraires.


Avec le cinquantenaire, peut-on dire aujourd’hui que l’Afrique est en retard ?


C’est évident qu’elle est en retard. Il suffit d’ouvrir les yeux pour le savoir. Le pire c’est que les indépendances ne nous ont pas permis de rattraper le retard. À la limite, la gestion des indépendances a été tellement catastrophique qu’elle a été presque aussi néfaste que la colonisation elle-même. L’humanité a beaucoup plus progressé sur tous les plans, de 1960 à maintenant que de la préhistoire à 1960. Or, nous avons systématiquement raté cette marche de l’humanité vers la science, les techniques de l’évolution politique et économique. Nous avons des systèmes politiques archaïques.


Nos Etats très souvent sont basés sur des individus pour ne pas dire sur des sautes d’humeur individuelle. Nous ne fonctionnons pas sur la base de règles or une société fonctionne sur des principes. La société traditionnelle fonctionnait sur la base de rites traditionnels, même le roi était soumis aux rites.


Le monde moderne fonctionne sur la base de la loi qui repose sur le droit et la philosophie. Nos systèmes politiques aujourd’hui n’obéissent ni aux rites traditionnels ni aux lois modernes. L’homme qui est là est plus puissant et c’est sa saute d’humeur qui fait fonction de loi.


Quelles appréciations faites-vous de la situation qui prévaut actuellement en Guinée ?
Ce qui se passe en Guinée est presque est la conséquence naturelle de la dictature qui a été instituée par Sékou Touré. L’évolution politique guinéenne a un caractère presque génétique. Lassana Conté est le fils de Sékou Touré et Dadis Camara en est le petit fils.


La situation est terrible parce que la Guinée est au bord du chao. On le connaît déjà, les conséquences dramatiques à tous points de vue de la présence d’une armée au pouvoir en Afrique. Au Togo, Bénin, Congo, Nigéria, etc.


Quand il s’agit de colonels et de généraux on peut encore limiter les risques. Mais quand c’est la troupe qui dirige le pays il n’y a presque pas de possibilité de limiter les dégâts. La troupe a un grand problème, c’est qu’il n’y a pas d’hiérarchie. On se rend compte que c’est l’aide –de-camp qui a tiré sur Dadis Camara. Quand un capitaine dirige des colonels et des généraux, il y a militairement une aberration. Un système politique a besoin d’un minimum d’organisation.


Quand un capitaine dirige des officiers supérieurs c’est le désordre, ce n’est pas l’ordre militaire. Ensuite la société elle-même est tellement délitée qu’il n’y a plus aucun principe directeur en Guinée. Ni au niveau de la société, ni au niveau de l’armée. C’est la dérive assurée. La guerre civile peut éclater du jour au lendemain. Déjà l’armée n’en est pas une, c’est un conglomérat d’intérêts divergents.


Même le camp de Dadis Camara a éclaté puisque c’est son aide-de -camp qui lui a tiré dans la tête. Sékouba Konaté qui vient de le remplacer a certainement son propre camp. Pivi en a un autre. Toumba Diakité qui n’a pas été encore arrêté à un autre camp puisqu’il est protégé. Je ne parle pas des clans qui ne se sont pas encore manifestés. Les militaires peuvent se mettre à se tirer les uns sur les autres. On a vu le cas en Sierra Léone.


Dans une de vos publications vous avez dit que « la guinée mérite la compassion des autres nations » n’est ce pas là une manière pour vous de demander une armée d’interposition ?


Lorsque la crise a éclaté j’avais demandé l’envoi d’une armée d’interposition. Il me semblait effectivement que l’armée guinéenne devenait un danger pour la population guinéenne. La preuve les massacres du 28 septembre sont là. On fait venir une armée pour tirer à vue sur une foule composée de femmes, d’enfants, de vieillards et d’hommes aux mains nues. Des femmes ont été violées dans le stade et plusieurs jours après dans les camps. Cette armée n’en est plus une.


C’est un ordre de brigands qui s’attaquent à des innocents. Le peuple de Guinée a besoin d’être protégé. Une armée d’interposition est nécessaire à mon avis. Et je suis très heureux de constater que le secrétaire exécutif de la CEDEAO Ibn Chambas vient de proposer exactement la même chose afin de protéger les civils guinéens. Je pense qu’une population n’a pas à faire les frais de la folie meurtrière d’une armée.


La Guinée est un pays riche. Je veux dire riche de ses hommes, de sa culture et de ses ressources naturelles. Aujourd’hui qu’est ce qu’il faut à ce pays pour sortir de cette situation ?


Un système démocratique. C’est la seule denrée qui manque à la Guinée. Nous avons des cadres d’un niveau universitaire qu’on retrouve presque partout dans le monde.


Qu’est ce qui a manqué à la Guinée ?


C’est la denrée rare qui s’appelle la denrée démocratique. Le fait que le principe dirige la société et non plus les individus. Le fait que la loi soit le principe directeur de la société et non plus un parti politique ou une armée. Le fait que chacun ait le droit de dire ce qu’il pense et que tous les citoyens, du président au plus simple soient soumis à la loi.


Revenons à la littérature. Quelles sont vos perspectives dans ce domaine. Il est dit que vous préparez un livre sur un héros peulh fusillé par les allemands lors de la guerre de 1939 à 1945.


J’ai découvert cette histoire il n’y a pas longtemps. C’est un journal français qui pour la première fois en a parlé à la fin des années 90. Et cet homme s’appelle Addibah. Il a été fusillé par les Allemands en 1943. La France de l’époque lui avait refusé le droit de lui reconnaître le titre de « mort pour la France ».


C’est seulement en 2003 que les autorités françaises l’ont reconnu comme héros. C’est quelqu’un qui est venu en France à l’âge de 13 ans. Entre 17 et 18 ans il s’est engagé comme tirailleur sénégalais. Sa colonne a été défaite et il a été fait prisonnier de guerre par les Allemands. Puis il s’évade et rentre dans le maquis où il crée une résistance qui a durée pratiquement trois ans. En 1943 il a été arrêté et fusillé par les Allemands.

Tierno Monenembo

 
Le CNDD s’inspire de Gbagbo (Par Ibrahima Diallo-‘’Ollaid’’ )

2010/1/7

Le Général de Dadis, Sékouba Konaté, dans un discours ce mercredi 6 janvier 2010, vient de proposer les formations, comme Idrissa Cherif l’avait déjà suggéré, d’un gouvernement d’union nationale avec un PM issu de l’opposition et d’une « force mixte ».

Rien de nouveau donc, sauf que c’est devenu officiel par la voix du nouvel homme ‘’fort’’ du CNDD : la cause serait donc aussi entendue pour Dadis ? Malheureusement n’ayant pas encore les détails des propositions du CNDD, nous pouvons néanmoins poser certaines questions bien que déjà évoquées dans des articles antérieurs :
• Quelle opposition ? La vraie, celle des Forces vives ou celle alliée au CNDD ou celle qui appartient aux deux camps à la fois (sic)?

• Est-ce que les piliers du CNDD qui sont accusés de crimes contre l’humanité souscrivent tous à ces propositions ?

• Que devient le CNDD ? Nommera-t-il aussi ses représentants ?

Voila juste quelques incertitudes que sûrement la suite des négociations lèvera. Néanmoins, nous pouvons déjà déceler dans son discours des attrape-nigauds lorsqu’il propose une force mixte qui est en fait composée des tueurs du CNDD repartis dans la police, la gendarmerie et l’armée (source : Toumba).
Avec Pivi en charge de protéger les ‘’leaders’’ politiques qu’il a voulu éliminer il y a quelques mois ?

La parole de Sékouba Konaté qui n’est pas à l’abri d’un coup lui-même ne peut servir de garantie surtout si nous nous referons aux promesses -et paroles d’Officier- du CNDD depuis le 23 décembre 2008. Entre autres, le problème ici est que le Général de Dadis semble être plus un porte parole que le vrai patron, l’exécutif !
Que se cache t-il derrière ce revirement de posture ? Bon ! Pour éviter de faire des procès (justifiés) d’intention en attendant que les contours se précisent un peu plus, testons leur bonne foi (peut-être que le Bon Dieu a décidé de prendre les choses en mains).

Si le CNDD propose de négocier acculé par les pressions de toutes parts, vu la chienlit et que le ‘’médiateur’’ ressemble plus à un agent du CNDD que quelqu’un de neutre motivé par le bien-être de la Guinée, répondons au défi avec des contre-propositions.

En effet, comme dans tout conflit, nous sommes obligés de faire des compromis maintenant que l’obstacle principal qu’était l’arrogance et l’impétuosité de Dadis est levé ainsi que sa probable inculpation par le TPI (s’il vit encore et ‘’sanitairement’’ apte). Mais surtout, la vérité est que nous ne pouvons pas compter a posteriori sur nos hommes politiques pour nous sortir de ce blocage : l’accoutumance à la politique politicienne semble avoir repris le dessus sur l’essentiel au point de les tétaniser de peur de prêter le flanc aux critiques et servir de bouc émissaire aux autres rivaux politiques.

En plus, il y a l’actualité qui presse avec le Nigeria qui est sur le point de connaitre aussi une crise de succession avec leur président empêché par la maladie et la Côte d’Ivoire qui n’a toujours pas connu d’élection. Donc finalement, la realpolitik nous rattrape et l’évaluation de nos ressources politiques nous commande de faire évoluer le statu quo. Ainsi, les Forces vives pourraient faire les propositions suivantes pour tester la bonne foi du CNDD :

• Accepter la venue d’une force de gardes du corps avec leurs moyens de déplacements routier et aérien pour les leaders des Forces vives avec cantonnement des militaires dans leurs casernes afin que les négociations se déroulent dans la sérénité, sans peur au ventre des acteurs politiques;

• Dans ces conditions, ramener le lieu des pourparlers à Conakry sous la supervision d’envoyés spéciaux de la CEDEAO, de l’UA et de Ban Ki-Moon (ONU).

C’est le minimum à exiger et obtenir du CNDD pour commencer à discuter quoi que ce soit ; autrement ce serait faire hara Kiri, littéralement parlant.. Sans être cynique, les propositions de Sékouba Konaté sont trop ‘’belles’’ pour être crues sans arrières pensées de leur part, surtout avec un Idrissa Cherif encore dans leur rang. En effet, on sent la main de ce dernier derrière cette main tendue qui s’inspire fortement de l’expérience ivoirienne : reprendre l’initiative afin de contrôler le processus et le dénouement en leur faveur a fortiori si les adversaires sont attirés dans leur repaire contrôlant les forces armées. Nous le répétons encore une fois, ils peuvent imposer leurs conditions et faire dérailler le processus à tout moment et gagner du temps : lorsqu’il y a la menace du TPI suspendue au dessus de leur tête, des mois ou une année de gagnée n’est pas négligeable.

Pour finir, il faut avouer que Toumba a involontairement complètement changé la donne ; les doutes confirmés sur Blaise Campaoré et l’efficacité limitée (euphémisme) de nos ‘’leaders’’ politiques nous laissent très peu de latitude de manœuvres pour sortir nos parents, coincés au Pays, de la souffrance et de la catastrophe inéluctable imminente.

Notre confort hors de Guinée ne doit pas nous faire oublier la précarité de ces populations et en plus, nous savons à quoi nous en tenir en termes de moyens d’action. Faisons donc preuve de ‘’génie’’ politique en utilisant la philosophie du Jiu-jitsu/ Judo qui utilise la souplesse et la force (d’inertie) de l’adversaire pour le terrasser.

Wait and see, la réaction de nos leaders! Pourvu qu’ils ne se précipitent pas tous ensemble et en même temps dans les brèches et pièges du CNDD!
NB : Le Burkina de Blaise Campaoré serait disposé à envoyer 500 militaires en Côte d’Ivoire pour les élections (source : AFP). Donc pourquoi pas en Guinée ? Qui est le dindon de la farce ?

Ibrahima Diallo-‘’Ollaid’’

 
Crimes et châtiments en Guinée (Par Professeur Mwayila Tshiyembe
Directeur de l’Institut panafricain de géopolitique de Nancy
)


2010/1/6

Aboubacar « Toumba » Diakité, l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne, n’y est pas allé par quatre chemins pour avouer son forfait: « Je lui ai tiré dessus du côté de la nuque. » Et il accuse son chef de double trahison en voulant lui faire porter le chapeau des massacres de civils, le 28 septembre au stade de Conakry. Et de n’avoir pas respecté la démocratie, fumeux objectif jadis agité comme un chiffon rouge par les putschistes en vue d’anesthésier les Guinéens, qui en avaient assez des hommes en armes.

Pour un militaire, une tentative d’assassinat est passible de la peine capitale devant la cour martiale, quelles que soient par ailleurs les raisons invoquées. La participation, directe ou indirecte, aux événements du 28 septembre lui vaut l’accusation de crimes contre l’humanité, car les massacres de civils font partie « des infractions particulièrement graves, consistant en des traitements inhumains et dégradants », tout comme les viols et les disparitions forcées de personnes, selon le droit international humanitaire.

Diakité doit, sans délai, se constituer prisonnier auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Il devra dire toute la vérité sur l’identité des tueurs et leurs commanditaires. En retour, il pourrait, la conscience soulagée, attendre le verdict de la CPI, qui, dans le meilleur des cas, lui infligerait quelques années de prison. Dans le pire des cas, la perpétuité: nul ne peut être à la fois le diable et le fils du bon Dieu.

Au-delà du sort hypothétique du soldat « Toumba » Diakité, sa charge contre Moussa Dadis Camara met à mal toute la junte, obligée soit de lui emboîter le pas et de tirer un trait sur ce règne éphémère, soit de soutenir le chef de la junte et être lié à son sort, si l’on s’en tient aux conclusions de la commission d’enquête de l’ONU sur les massacres de Conakry. Pour l’instant, l’émiettement de l’armée guinéenne en plusieurs factions rivales présage de batailles épiques pour en prendre le contrôle.

Si, malgré les soins, le numéro un de la junte disparaissait ou se trouvait dans l’impossibilité physique de diriger, le ministre de la Défense, qui a quelques cartes en main, notamment son capital de crédibilité, pourrait distancer ses concurrents éventuels. En revanche, si le capitaine Camara revenait sain et sauf, il reprendrait la tête de la junte, poussant les crocodiles qui se cachent dans le marigot à aller à l’abordage.

En attendant, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et son médiateur désigné, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, n’ont pas encore perdu la partie. Le secrétaire général de l’organisation a lancé l’idée d’une force chargée de protéger les civils et de distribuer l’aide humanitaire. Quelle peut être la nature de cette force ? S’agit-il de ressusciter l’Ecomog, la force d’interposition de la Cedeao, qui, naguère, avait croisé le fer avec les rébellions du Liberia? Rien n’est moins sûr, car le Nigeria d’Olusegun Obasanjo, en quête de puissance régionale, n’est pas celui d’Umaru Yar’Adua, dont l’état de santé chancelant n’est pas un gage de sécurité.

Le Sénégal, qui dispose d’une puissance de feu significative pour jouer les entremetteurs, a vu ses cartes biseautées après l’adoubement précoce du capitaine Camara par le président Abdoulaye Wade. Il reste Blaise Compaoré, dont la maîtrise de la « science militaire », sinon la « philosophie des casernes », a permis, vaille que vaille, la réussite des médiations au Togo et en Côte d’Ivoire. Saura-t-il dompter la junte et l’opposition afin que, au-delà de leurs intérêts légitimes, elles veuillent bien sauver leur patrie en danger? Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.

L’Union africaine, qui n’a su juguler ni le coup d’État en Mauritanie ni la prise de pouvoir par la rue à Madagascar, se contentant de demander aux présidents démocratiquement élus de rendre leur tablier sous la pression des forces armées, ne sait à quel saint se vouer. Quoi qu’il en soit, nul ne peut faire le bonheur de la Guinée en lieu et place des Guinéens, civils ou militaires. Sont-ils conscients de leur responsabilité devant l’Histoire, face à la partition qui se joue en ce moment? Wait and see!


Professeur Mwayila Tshiyembe
Directeur de l’Institut panafricain de géopolitique de Nancy

 
Quelle attitude adopter face au Général Sékouba Konaté (Par Khadra Malick Diaby)

2010/1/6

Les incertitudes règnent aujourd’hui concernant le véritable détenteur du pouvoir en Guinée. La première intention du Général Konaté, c'est-à-dire la volonté d’organiser des élections dans un délai raisonnable lors de son discours du 23 décembre 2009, suscite des lueurs d’espoir. Mais malgré cette annonce, la vigilance doit être de mise.

Les Guinéens doivent-ils faire confiance et adopter une attitude passive vis-à-vis du Général Konaté?

Deux événements nous conduisent à répondre par la négative : il s’agit des coups d’Etat du 3 avril 1984 et du 23 décembre 2008. Dans les deux cas, le peuple avait légitimement cru sur parole et le résultat catastrophique se passe de tout commentaire.

Il est donc indispensable d’agir immédiatement à l’intérieur de la Guinée pour mettre la junte face à ses responsabilités. Le CNDD est aujourd’hui affaibli, notamment depuis la tentative d’assassinat de son chef et la mise en cause de ses principaux responsables par la commission d’enquête internationale. Mais, l’accélération de la suite des évènements dépend en grande partie de la mobilisation des Guinéens.

Les intentions annoncées par le Générale Konaté, c'est-à-dire le respect des engagements initiaux du CNDD, correspondent-elles à sa véritable volonté ?

La réponse à cette question dépend essentiellement de notre attitude. Si nous restons dans la passivité nous pourrons soit tomber sur un Amadou Toumani Touré soit tomber sur un Robert Guei. Autrement dit il faut compter sur la chance et force est de constater qu’elle a très rarement souri à la Guinée dans le domaine politique.

Par contre, une mobilisation forte de l’ensemble des Guinéens unis et organisés, nous conduira très certainement vers la voie de la démocratie.
Cette mobilisation est importante pour deux raisons principales : tout d’abord elle serait une nouvelle démonstration de l’adhésion de l’immense majorité des Guinéens à l’action menée par les forces vives après la tragédie du 28 septembre 2009. D’autre part, si le général Konaté souhaite véritablement changer les choses, il pourra utiliser cette mobilisation pour convaincre ses frères d’arme de la nécessité de respecter leur engagement initial c'est-à-dire organiser les élections libres et transparentes auxquelles les membres du CNDD et du gouvernement ne participeront pas.

L’histoire nous enseigne que les peuples progressistes sont ceux qui ont appris à se battre pour le bien être de toute la collectivité. La Guinée n’échappe pas à une telle logique .Tous les Guinéens épris de justice et de liberté ont le droit et l’obligation de se faire entendre pour le triomphe d’une démocratie véritable.

Pour finir, je souhaite à tous les Guinéens, une année 2010 pleine de liberté et de démocratie.

Khadra Malick Diaby
Chargé de cours de droit et de fiscalité à Paris Graduate School of Management

 
Konaté aux commandes : un faux tigre ou un mauvais cheval ? (Par Ibrahima Kylé DIALLO )

2010/1/6

En cette période de « Dadis sans Dadis », je vous propose une réflexion sur la gouvernance empruntée du général Sékouba Konaté et une remarque sur la démagogie céréalière de M. Kouyaté.

1°) Sans rire, commençons par le riz «Kouyaté ».
Dans un pays où se procurer quotidiennement d’un bol de riz relève d’un exploit, l’ancien PM devenu un de nos plus gros « opérateurs politiques » continue sa campagne par le lancement d’un avertissement aux traditionnels opérateurs économiques en mettant sur le marché local du riz très concurrentiel : le Kg à 2000 francs guinéens, ce qui est très nettement en dessous des prix habituellement constatés. Il ne s’agit pas d’une version locale du Programme Alimentaire Mondial mais l’opération est savamment calculée : le riz est estampillé PEDN (du nom du parti politique de M. Kouyaté) et l’offre mensuelle serait de 4 000 tonnes (soit, pour procurer un plaisir grossissant à un opérateur qui roule sur l’or, 4 milliards de grammes !).

M. Kouyaté a-t-il voulu marquer les esprits par cette opération largement médiatisée ? Tiendra-t-il tous les mois ce genre de compétition ? Qu’espère-t-il moissonner sur le plan politique ? En tout cas, s’agissant de riz décortiqué, il ne poussera pas. Il risque même de constiper bon nombre de nos compatriotes, d’autant plus que M. Kouyaté n’a prévu aucune sauce pour l’accompagner. N’avait-il envisagé comme mode de cuisson que du « sadigbè » (simple bouillie de riz) ? On attend de voir l’addition (salée ou peut-être très pimentée) de cette opération plus politique qu’humanitaire. Rira bien qui ne comptera manger que du riz « Kouyaté » !

C’est tout de même curieux que beaucoup de Guinéens ne fassent même plus attention à certains symboles. Dadis avait juré sur deux Livres Saints (le Coran et la Bible) en même temps et on a vu ce qui lui est arrivé. Des partisans de Kouyaté viennent de qualifier de cadeau de Noël un groupe électrogène offert (ou promis ?) à une mosquée de la commune de Ratoma, le vendredi 25 décembre 2009, par leur mentor en quête permanente de bénédictions personnelles. Avant de se féliciter de l’éclairage de cette « maison » de Dieu, le Coran étant déjà une lumière, ne feraient-ils pas mieux de commencer par se nettoyer le cœur ?
2°) Parlons maintenant du commandement de Sékouba.

Je crois que sur le plan intellectuel il ne faut pas commettre l’erreur, que je fais souvent moi-même, de trop en demander aux militaires.

Sékouba ne peut pas dire : « Peuple de Guinée, j’ai la profonde douleur de vous annoncer la disparition de…. ». En revanche s’il dit (ou si l’on lui fait dire) qu’il faut faire sans Dadis ou qu’on ne peut rien en tirer, il n’y a plus photo : Dadis n’est plus membre du CNDD, le chef autoproclamé s’étant autodétruit. D’ailleurs que pourrait-on tirer de quelqu’un sur qui le Dr Toumba Diakité a tiré ? Par contre, une photo circule actuellement sur le web montrant Dadis, plongé dans un semblant de sommeil peu réparateur, barbouillé de rouge (serait-ce de l’huile de palme ?). A l’image, Dadis n’a pas l’air content. Après son maquillage, il aurait pris son petit déjeuner avec l’escroc régional Idrissa Chérif puis se serait envolé vers le Maroc pour un contrôle de routine devenu subitement urgent !

Pourtant, il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, comment comprendre que l’intérimaire Sékouba libère des officiers arrêtés par le titulaire Dadis ? Cela veut tout simplement dire que ce dernier est soit mort, soit en congé maladie de longue durée. Si c’est le cas, je lui souhaite une longue et très douloureuse agonie avec la possibilité de visionner les cassettes montrant les humiliations et exactions qu’il a fait subir à nos compatriotes. Cependant, Sékouba pourra-t-il officier normalement ? Je crois qu’il a un problème majeur : l’absence de base solide.

En effet, ce qu’on appelle l’Armée Guinéenne est un organisme ethno structuré qui n’a rien de national. Le général Conté qui voulait faire de son fils Ousmane un « Eyadema », c’est-à-dire son successeur, a tenté d’abord de recruter massivement des soldats parmi ses proches. Ceux-ci, devenus réticents (car plus intéressés par les bureaux de l’administration que les casernes austères), Conté qui redoutait les officiers de sa génération a largement ouvert les camps à d’autres jeunes qu’il estimait plus dociles.

Nous récoltons aujourd’hui ce que le Président paysan Conté a semé hier !
Actuellement, la répartition des forces en présence et donc des foyers de violence est la suivante : Sékouba est entouré (je dirais même, cerné) d’officiers supérieurs, brillants mais vieillissants. Sa base est le camp Samory, devenu le nouveau centre administratif depuis l’échange de tirs du 3 décembre 2009. Pivi reste l’animateur de troupes à forte connotation ethnique, composées de jeunes suréquipés, peu brillants mais très violents parce que peureux, complexe oblige ! Sa base demeure le camp Alpha Yaya faisant toujours office de centre opérationnel. Les autres camps du pays ne sont que de minuscules points d’appui. Chaque gang aurait donc son territoire.

En somme, Sékouba règne probablement, Pivi gouverne certainement (ce n’est pas le titre qui compte mais la puissance de feu des acteurs), Komara s’accroche étonnamment et Idrissa Chérif ment effrontément. On a la triste impression que Sékouba est un « komara » militaire, Komara un « Sékouba » civil et Pivi un « Dadis sans plomb ».

Ceux qui ont propulsé Sékouba aux commandes ont cru avoir mis, à leur profit exclusif, un tigre dans le moteur de la Guinée. Je persiste à croire qu’il s’agit plutôt d’un chat posé sur un capot très chaud. Ils ont enfourché un mauvais cheval.

La Guinée n’est plus un Etat comme les autres. C’est le seul pays en temps de paix où des hommes en tenue de combat occupent durablement les principaux postes de l’administration centrale. Comment, dans ces conditions, sortir de ce cercle infernal ? Nous voulons tous, y compris certains militaires, le départ des militaires du pouvoir politique. Reste la question fondamentale : comment ?
Ce sera l’objet d’un prochain article.

Je vous salue.

Ibrahima Kylé DIALLO


 
Guinée : Le plan (Par O. Tity Faye )

2010/1/5

Quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés en Guinée de ne pas prétendre à ce que qu’offrent les Démocraties établies.
À la question, pourquoi vivons – nous en dehors de la Guinée? Pourquoi ne sommes-nous pas entrain de partager le calvaire des populations guinéennes au lieu d’écrire sur les sites web? Les réponses seront diversement éloquentes aux interrogations presque inquisitoires.
Quelques soient nos raisons, celles des uns et des autres et aussi brillamment exposées soient-elles, il y a un dénominateur commun pour toutes : le manque. Un manque que l’on retrouve dans l’espace familial, socioculturel ou, et surtout, l’espace sociopolitique et économique du pays d’origine. Ceci est normal, la transhumance est une composante naturelle de la vie de l’homme. Elle est liée à la recherche naturelle de la satisfaction des besoins. Cette transhumance, à large échelle, prend le nom de migration au niveau interne et d’immigration lorsqu’elle se dirige vers l’extérieur.
On peut jongler avec les terminologies et les définitions selon le champ d’action. Il reste et demeure que le besoin de se déplacer est inné en l’être humain. À qui et à quoi cela profite t-il ? En général, au terroir de naissance en termes de rapatriement de revenus individuels ou collectifs, de richesses sous forme monétaire, technique, ou de technologie. En somme, sous la forme d’apports culturels et économiques. Nous vivons dans les démocraties avancées dont l’existence même a favorisé des insertions bénéfiques.
Mais quelques soient nos modèles d’insertions et nos raisons particulières et quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés au pays de ne pas prétendre à ce que nous ont offert les Démocraties des pays d’accueil. Avons-nous le droit de contribuer à leur imposer d’autres formes de vie que celle que nous apporte la Démocratie dans d’autres pays? Assurément non! Personne n’a choisi comme pays d’exil permanent ou temporaire un pays à régime militaire ou de dictature. Pourtant les possibilités d’accès à ces pays sont les meilleures parce qu’il n’y a même pas de politique d’immigration précise.
Cependant, le nouveau plan d’autarcie militaire et d’isolement de la Guinée est insoupçonnable dans sa simplicité crue. Au nom de la Démocratie et de l’exercice du droit d’expression, le contenu de certains discours et publications n’a pas d’autres visées que celle de vouloir isoler la Guinée de la communauté internationale. Sinon, pourquoi s’attaque t-on à la Cedeao et à ses membres qui mettent en action des résolutions que les pays membres, dont la Guinée, ont signé en toute connaissance de cause?
Où étaient-ils au moment de la signature des conventions et protocoles d’accord? Nulle part. Simplement, Parce qu’ils ne se sentaient pas concernés alors. Mais ils ne se gênent pas , aujourd’hui, de croire que les édits et leur contenu doivent être changés au gré de leur volonté et des actions qu’ils veulent soutenir. Franchement au nom de quoi? S’attendent-ils vraiment à ce que la communauté internationale dise : « oui, bon! Le coup d’État en Guinée est spécifique et les massacres spécifiques qui ont suivi sont acceptables. Spécifiquement, le capitaine Dadis a la volonté de sortir le pays du marasme... Alors quelques morts spécifiques sur le parcours … Bon on comprend quoi! » Ces périodes sont vraiment révolus mesdames et messieurs. Il faut faire avec. Nul ne reculera des décades en arrière pour vos raisons.
De quoi se prévalent-ils pour juger et tenter de décrier les organisations qui luttent pour établir et maintenir les relations pacifiques entre les peuples et les États, en aplanissant leurs différences sous des règlements communs? Combien de types de « Guinée souveraine » veut-on créer? Il est dommage qu’ils ne se rendent pas compte que s’attaquer à la Cedeao, l’Ua et l’Onu ou à leurs représentants, c’est aussi s’attaquer à la Guinée et les pays signataires des protocoles d’accord et des conventions au sein de ces organismes internationaux. Insulter l’envoyé, c’est insulter l’envoyeur.
En cela ils ne représentent même pas les intérêts de ceux qu’ils supportent. Faire outrage aux représentants de la communauté internationale, de la France, de l’Union européenne ou des États-Unis et les amener à durcir leur position, n’arrange ni au présent ni au futur les affaires pour le Cndd et le capitaine Dadis. La Guinée n’est pas à même de mettre en valeur son potentiel de ressources sans concours extérieur. Tous les investisseurs potentiels – dont la Chine et d’autres dragons de l’Asie – sont membres de l’organisation des Nations-Unies.
Il est à parier qu’ils le savent bien. L’intérêt dans « l’affaire » est d’isoler la Guinée au mieux possible pour en tirer les profits individuels qu’ils envisagent, eux. Et pour cela, ils n’hésitent pas à utiliser les moyens et méthodes auxquels tout processus de dictature a recours à ses débuts : l’isolement et l’autarcie dans les différents aspects de la vie du pays. Ces hommes et femmes sont imprévisibles et sans ligne directrice.
En effet, il est incroyable de constater que pour isoler la Guinée ils empruntent au premier président du pays, les méthodes qu’il utilisa pour se protéger de la communauté internationale et préserver son régime. Il eut au moins l’apanage d’être considéré comme créateur d’une idéologie spécifique de l’État et du parti unique. Par ailleurs, il fut aussi à la pointe du combat pour l’indépendance nationale et parmi les pionniers du panafricanisme alors que l’économie nationale s’écroulait mettant son peuple en péril. Sa réponse aux réactions des uns et des autres, quant à l’état du pays et de sa nation, fut de « fermer » le pays et d’utiliser la répression que chacun a réprouvée. L’État de la nation demeura à sa merci et à sa discrétion sous le miroir d’une singularité utopique.
À présent, l’on déterre et galvaude sans une once de décence ni de reconnaissance les procédés qui ont permis à la Révolution du président Ahmed Sékou Touré d’installer un régime totalitaire. Ce ne sont pas les clauses de style manipulées avec dextérité ou dévoyés à souhait qui cacheraient ces velléités. Mais à quelles fins inavouées? Allons-y avec les crudités afin que l’on se comprenne mieux. S’agit-il d’implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme – Après eux c’est notre tour? Puéril. Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Insensé. Isoler le pays de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Impossible. Les problématiques s’entrechoquent.
Implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme? Ne masquons plus les vérités sous l’enveloppe des mots. Comment utiliser l’ethnostratégie pour promouvoir un homme issue de l’une des ethnies les plus minoritaires du pays sans interpeler des réactions aux conséquences désastreuses? En termes d’ethnostratégie, les ethnies majoritaires ne l’accepteraient pas même au sein de la grande « bavarde » qu’est devenue notre armée. Le populisme précaire, dont le capitaine Dadis Camara bénéficia par hypocrisie, a eu sa période de grâce et a connu l’apogée de sa fin de manière sanglante sous son gourdin et la matraque de son Cndd, le 28 septembre 2009.Qu’il soit noté, à toutes fins utiles, que tant que le « show » de Dadis suscitait de l’espoir, il ne fut jamais question d’ethnie encore moins de rassemblement du genre pour le soutenir. Complot ou pas, c’est fait et c’est le prix que paie le perdant.
Croit-on vraiment changer le cours de l’histoire par Internet interposé en s’attaquant aux institutions régionales et internationales dont le seul but est d’éviter à la Guinée le pire? Soyons sérieux et lucides. Ou bien ils sont payés pour faire du bruit et ils le font pour mériter leur salaire. Compréhensible. Ou bien ils ne savent pas de quoi ils parlent vraiment; en sous-estimant les réactions même tardives des populations. Mais aussi les réactions sur l’Internet même auquel nous avons tous accès. Incompréhensible qu’ils ne l’ai pas compris!
Révisons l’histoire politique du pays. Ce ne sont pas les malinkés qui ont porté Sékou Touré au pouvoir : Cela va sans dire et est historiquement indéniable. N’en déplaise. C’est une coalition de partis politiques; les mêmes qui ont concouru à l’indépendance nationale avec le Pdg. C’est avec le soutien de l’armée et celui de groupements hétéroclites – regroupés par intérêt - la corruption que le Général Lansana conté a perduré au pouvoir. Par ailleurs, aucun parti politique n’a encore rassemblé 50 pour cent des votes de l’ethnie de son leadeur en Guinée ou de sa coloration ethnique. C’est pourquoi, cette méthode politique qu’est l’ethnostratégie n’a fait qu’affaiblir les partis politiques guinéens. L’interpénétration socioculturelle et économique a depuis longtemps battu en brèche les coordinations régionales de caractère ethnique.
Le faux paramètre du « rassemblons d’abord les nôtres puis nous ferons appel aux autres » n’a pas fonctionné. L’instinct grégaire de rassemblement requiert de nouveaux paramétrages en matière politique et économique désormais. L’un des paramètres est la simple « survie ». En clair, on demande : « qu’apportes-tu; à moi et aux miens? » L’exigence d’un tableau de bord, un projet de société. Il faut que leadeurs et députés apprennent à les concevoir et à les réaliser. C’est le futur de la politique en Guinée. Au demeurant, quel programme ethnopolitique peut-on soumettre à l’examen et à l’approbation des populations guinéennes? Osez. Nous sommes en Démocratie.
Quelles sont les fautes de la Cedeao, de l’Union africaine et de la communauté internationale dont l’Onu, s’il est impossible d’exhiber un tel programme?
Au contraire, leur intervention protège les populations guinéennes et le pays de telles absurdités. S’y opposer, c’est comme si l’on considérait que même si sa famille est atteinte de maladie contagieuse, les familles voisines susceptibles d’être contaminées ne doivent prendre aucune mesure pour se protéger et éradiquer la maladie au profit de tous. Comprenons-le bien, un pays déstabilisé crée et augmente les risques de déstabilisation chez ses voisins. D’où l’intervention d’organisations auxquelles ils ont librement adhéré.
Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Répétition - En évitant tout excès d’analogie, il suffit une fois encore de remonter le générique du film des régimes militaires en Afrique, et ailleurs, avant même ceux de la Guinée. Citez la multitude de pays avec des cas spéciaux ou spécieux n’est pas nécessaire. Les conclusions sont les mêmes : distorsion des règles démocratiques, viols systématiques de la Constitution pour annihiler toute alternance au pouvoir, compression des libertés individuelles et collectives, guerre civile, rébellion, immigration massive de caractère politique et économique, crises sociales et répressions des revendications, etc.… Il en va de même avec les régimes de « démocraties déguisées » bénéficiant du soutien de l’armée, empêchant toute alternance.
Voudriez-vous détacher la Guinée de la communauté internationale pour promouvoir de telles situations. Elle vient de les subir 24 années durant ? Il n’y a pas d’arguties intercalaires possibles. Promouvoir le Cndd, c’est aboutir à une situation de ce genre. Pourquoi ? Pour se targuer d’une victoire égotique, personnalisée vis-à-vis de quelques adversaires, au détriment de près de 10 millions d’êtres? Abstraction faite des acteurs et des affinités, il s’agit là de populations entières qui devront souffrir d’inutiles expérimentations successives. Il ya une chose à noter : dès qu’on établit que la force est un moyen convenable de gouvernance alors on admet en même temps que son propre pays est dénué de compétences capables de le gérer. Y compris soi-même.
Admettons que ceux qui le veulent croient fermement à la militarisation comme une voie de sortie. Répétition - Après 24 années d’un exemple de régime militaire sous le Général Lansana Conté, qu’ils ont eux-mêmes déprécié, pourquoi ne pas essayer l’alternance pour une gouvernance évaluable sur des mandats précis et limités? Sinon, il y a là comme une réalité de refus de transparence et de restructuration, légales pour la consolidation d’un véritable État. C’est choisir de revenir aux pratiques anciennes et à l’affairisme gouvernemental du précédent régime.
À quoi les accords et conventions signés au sein des organisations régionales et internationales nous servent ? Peut-être, faut-il expliquer ce que signifie la signature de ces accords et protocoles ou conventions dont découlent les résolutions et recommandations. En caricature, sans terminologies doctes la signification est : « nous signons cet accord (ou cette convention ou protocole) parce que nous sommes d’accord avec les autres États-membres sur ce principe et cette règle. Au cas où nous y dérogions, la communauté et ses membres dont ses délégués ont le droit de nous le rappeler et de nous mettre en devoir de les respecter afin d’éviter des précédents malheureux en la matière pour nos populations et leurs populations. » C’est l’unique raison pour laquelle on ratifie et signe les accords conventions et protocoles.
Et, c’est justement là que la souveraineté nationale risque de subir un énorme discrédit si l’on s’entête à vouloir jouer les hors-la-loi et à ne pas vouloir accepter les règles du jeu convenues. Pourquoi ? Alors que rien de ce que veulent ces organisations ne menace nos populations et l’intégrité.de notre territoire. Veut-on sacrifier notre statut international acquis, durant plus de 50 années, au profit d’un homme? Ne peut-il, lui-même, sacrifier ses ambitions et les vôtres pour le bien du pays ?
Isoler la Guinée de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Que n’a-t-on pas dit à la mort du président Ahmed Sékou Touré à propos de l’isolement de la Guinée? Les ressources naturelles n’ont pas pu être exploitées à cause du fait que son régime autarcique a englué le pays dans une phobie du « capitalisme exploiteur et profiteur ». « Le néocolonialisme à la dévotion du grand capital financier est-il de retour pour s’abreuver sur les ruines sanglantes d’une nouvelle Révolution ? » Avec la disparition de la bipolarisation et l’affaissement de la guerre froide, faut-il continuer avec les slogans « le néocolonialisme ? En bas ! L’impérialisme? En bas! »
C’est avec une surprise sans borne qu’on relit - bien camouflées sous des effets de rhétoriques - ces genres d’expressions, pour la défense du capitaine Dadis. Alors qu’il n’a quasiment rien commencé pour l’achever, excepté qu’il s’est autoproclamé « président de la République » par la force des armes. Il est donc normal qu’il partage la responsabilité des fautes commises sous son entreprise illégale de soumettre son pays à un régime militaire.
La mémoire du premier président du pays, Ahmed Sékou Touré, est accablée du poids des atrocités du camp Boiro. Celle de son prédécesseur le Général Lansana Conté l’est par les exécutions des membres du gouvernement de l’ancien régime à la prison de Kindia autant que des morts lors des revendications sociopolitiques. Que l’on fasse porter à Dadis - président autoproclamé - sa croix des massacres du 28 septembre 2009 est de toute logique. Ou alors. Il faudra faire la part des choses dans les différents cas.
Une note : les enquêtes internationales ont été acceptées par la junte elle-même. Parce qu’elle avait besoin de voir clair dans son propre bercail. Un rectificatif important dont il faut tenir compte alors : ce n’est pas le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara, lui seul, qui a accepté les enquêtes internationales. Ce sont surtout les composantes du Cndd que sont les fractions militaires dont certaines n’embrassent pas totalement la voie qu’il a choisie. Le capitaine Dadis s’est, lui, trouvé dans l’obligation de le faire du moment qu’il avait déclaré « ne pas contrôler toutes les sensibilités au sein de l’armée » Ce ne fut donc pas une attitude de disculpation anticipée mais une obligation à son corps défendant.
Une autre chose est certaine, l’historique des échecs des Nations-Unies en Afrique ne démontre en rien son inefficacité surtout quand on n’oppose pas, honnêtement, cet historique à ses succès. Et, surtout quand on ignore le recours que l’institution représente en dehors du cadre restreint et souvent ambigu des priorités nationales, de la raison d’État, et de la souveraineté nationale. Regroupant des États différents mandatés par des nations différentes, la force de l’Onu, ses échecs et ses succès - comme l’Union africaine et la Cedeao – dépendent assurément de l’attitude de ses membres vis-à-vis des problèmes qui se posent.
Le cas guinéen est l’un des rares cas où la presque totalité des États membres et des organisations régionales et sous-régionales dont l’Union européenne ont une position commune : la démilitarisation du régime en Guinée. Il est étonnant que des voix guinéennes, discordent à ce propos, s’élèvent pour dire « Non! C’est justement le régime militaire qu’il nous faut. » Sans avoir consulté les populations guinéennes. C’est aussi l’une des tares du leadeurship en Guinée. Personne ne s’occupe de recueillir l’opinion nationale, celle des populations, avant d’aller les représenter. D’où les fréquentes situations de porte à faux. Chacun croit avoir à faire aux moutons de Panurge.
Les communautés sous-régionales, régionales, et internationales, se basent sur les principes généraux admis par les États au nom de leurs populations. Il revient aux États de leur en faire part. Il n’est pas exclu que des réactions individuelles apportent quelque chose à l’auberge des ces organisations. Ce n’est pas le cas. En Guinée, outre les effets négatifs du régime militaire sur l’économie nationale et la vie sociopolitique, la violence militaire a, toujours, été récurrente. Il ne faut donc pas tenter de minimiser l’action de la communauté internationale en portant outrage à ses représentants, tel que Mr Mohamed Ibn Chambas du Groupe international de contact sur la Guinée (Gic-G) et Président de la Commission de la Cedeao. Ils agissent au nom de principes et d’accords admis par tous les pays membres. Répétition : dont la Guinée.
Par ailleurs l’indexation marginale ne peut s’appliquer à la Guinée qui est une République laïque et démocratique, décidée à vivre dans le creuset et le concert des nations. En outre, la communauté internationale a suffisamment évolué pour faire la différence entre les sons de cloches. Ce n’est parce que certaines sonnent faux, qu’elle va abandonner la Guinée. Il s’agit aussi pour la Cedeao et l’Union africaine d’épauler l’Onu pour réussir en Guinée, faire tâche d’huile pour prévenir des cas similaires. Les coups d’État militaires ont été considérablement réduits en Afrique et ailleurs. L’objectif est de les faire disparaitre, de décourager leurs talibans, de les fossiliser avec leurs dinosaures aux Musées de la politique. Que les années se succèdent au rythme de l’avancée humaine. Bonne et heureuse année 2010. Que cela soit écrit et accompli.

O. Tity Faye


 

2010/1/5


Quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés en Guinée de ne pas prétendre à ce que qu’offrent les Démocraties établies.
À la question, pourquoi vivons – nous en dehors de la Guinée? Pourquoi ne sommes-nous pas entrain de partager le calvaire des populations guinéennes au lieu d’écrire sur les sites web? Les réponses seront diversement éloquentes aux interrogations presque inquisitoires.
Quelques soient nos raisons, celles des uns et des autres et aussi brillamment exposées soient-elles, il y a un dénominateur commun pour toutes : le manque. Un manque que l’on retrouve dans l’espace familial, socioculturel ou, et surtout, l’espace sociopolitique et économique du pays d’origine. Ceci est normal, la transhumance est une composante naturelle de la vie de l’homme. Elle est liée à la recherche naturelle de la satisfaction des besoins. Cette transhumance, à large échelle, prend le nom de migration au niveau interne et d’immigration lorsqu’elle se dirige vers l’extérieur.
On peut jongler avec les terminologies et les définitions selon le champ d’action. Il reste et demeure que le besoin de se déplacer est inné en l’être humain. À qui et à quoi cela profite t-il ? En général, au terroir de naissance en termes de rapatriement de revenus individuels ou collectifs, de richesses sous forme monétaire, technique, ou de technologie. En somme, sous la forme d’apports culturels et économiques. Nous vivons dans les démocraties avancées dont l’existence même a favorisé des insertions bénéfiques.
Mais quelques soient nos modèles d’insertions et nos raisons particulières et quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés au pays de ne pas prétendre à ce que nous ont offert les Démocraties des pays d’accueil. Avons-nous le droit de contribuer à leur imposer d’autres formes de vie que celle que nous apporte la Démocratie dans d’autres pays? Assurément non! Personne n’a choisi comme pays d’exil permanent ou temporaire un pays à régime militaire ou de dictature. Pourtant les possibilités d’accès à ces pays sont les meilleures parce qu’il n’y a même pas de politique d’immigration précise.
Cependant, le nouveau plan d’autarcie militaire et d’isolement de la Guinée est insoupçonnable dans sa simplicité crue. Au nom de la Démocratie et de l’exercice du droit d’expression, le contenu de certains discours et publications n’a pas d’autres visées que celle de vouloir isoler la Guinée de la communauté internationale. Sinon, pourquoi s’attaque t-on à la Cedeao et à ses membres qui mettent en action des résolutions que les pays membres, dont la Guinée, ont signé en toute connaissance de cause?
Où étaient-ils au moment de la signature des conventions et protocoles d’accord? Nulle part. Simplement, Parce qu’ils ne se sentaient pas concernés alors. Mais ils ne se gênent pas , aujourd’hui, de croire que les édits et leur contenu doivent être changés au gré de leur volonté et des actions qu’ils veulent soutenir. Franchement au nom de quoi? S’attendent-ils vraiment à ce que la communauté internationale dise : « oui, bon! Le coup d’État en Guinée est spécifique et les massacres spécifiques qui ont suivi sont acceptables. Spécifiquement, le capitaine Dadis a la volonté de sortir le pays du marasme... Alors quelques morts spécifiques sur le parcours … Bon on comprend quoi! » Ces périodes sont vraiment révolus mesdames et messieurs. Il faut faire avec. Nul ne reculera des décades en arrière pour vos raisons.
De quoi se prévalent-ils pour juger et tenter de décrier les organisations qui luttent pour établir et maintenir les relations pacifiques entre les peuples et les États, en aplanissant leurs différences sous des règlements communs? Combien de types de « Guinée souveraine » veut-on créer? Il est dommage qu’ils ne se rendent pas compte que s’attaquer à la Cedeao, l’Ua et l’Onu ou à leurs représentants, c’est aussi s’attaquer à la Guinée et les pays signataires des protocoles d’accord et des conventions au sein de ces organismes internationaux. Insulter l’envoyé, c’est insulter l’envoyeur.
En cela ils ne représentent même pas les intérêts de ceux qu’ils supportent. Faire outrage aux représentants de la communauté internationale, de la France, de l’Union européenne ou des États-Unis et les amener à durcir leur position, n’arrange ni au présent ni au futur les affaires pour le Cndd et le capitaine Dadis. La Guinée n’est pas à même de mettre en valeur son potentiel de ressources sans concours extérieur. Tous les investisseurs potentiels – dont la Chine et d’autres dragons de l’Asie – sont membres de l’organisation des Nations-Unies.
Il est à parier qu’ils le savent bien. L’intérêt dans « l’affaire » est d’isoler la Guinée au mieux possible pour en tirer les profits individuels qu’ils envisagent, eux. Et pour cela, ils n’hésitent pas à utiliser les moyens et méthodes auxquels tout processus de dictature a recours à ses débuts : l’isolement et l’autarcie dans les différents aspects de la vie du pays. Ces hommes et femmes sont imprévisibles et sans ligne directrice.
En effet, il est incroyable de constater que pour isoler la Guinée ils empruntent au premier président du pays, les méthodes qu’il utilisa pour se protéger de la communauté internationale et préserver son régime. Il eut au moins l’apanage d’être considéré comme créateur d’une idéologie spécifique de l’État et du parti unique. Par ailleurs, il fut aussi à la pointe du combat pour l’indépendance nationale et parmi les pionniers du panafricanisme alors que l’économie nationale s’écroulait mettant son peuple en péril. Sa réponse aux réactions des uns et des autres, quant à l’état du pays et de sa nation, fut de « fermer » le pays et d’utiliser la répression que chacun a réprouvée. L’État de la nation demeura à sa merci et à sa discrétion sous le miroir d’une singularité utopique.
À présent, l’on déterre et galvaude sans une once de décence ni de reconnaissance les procédés qui ont permis à la Révolution du président Ahmed Sékou Touré d’installer un régime totalitaire. Ce ne sont pas les clauses de style manipulées avec dextérité ou dévoyés à souhait qui cacheraient ces velléités. Mais à quelles fins inavouées? Allons-y avec les crudités afin que l’on se comprenne mieux. S’agit-il d’implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme – Après eux c’est notre tour? Puéril. Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Insensé. Isoler le pays de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Impossible. Les problématiques s’entrechoquent.
Implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme? Ne masquons plus les vérités sous l’enveloppe des mots. Comment utiliser l’ethnostratégie pour promouvoir un homme issue de l’une des ethnies les plus minoritaires du pays sans interpeler des réactions aux conséquences désastreuses? En termes d’ethnostratégie, les ethnies majoritaires ne l’accepteraient pas même au sein de la grande « bavarde » qu’est devenue notre armée. Le populisme précaire, dont le capitaine Dadis Camara bénéficia par hypocrisie, a eu sa période de grâce et a connu l’apogée de sa fin de manière sanglante sous son gourdin et la matraque de son Cndd, le 28 septembre 2009.Qu’il soit noté, à toutes fins utiles, que tant que le « show » de Dadis suscitait de l’espoir, il ne fut jamais question d’ethnie encore moins de rassemblement du genre pour le soutenir. Complot ou pas, c’est fait et c’est le prix que paie le perdant.
Croit-on vraiment changer le cours de l’histoire par Internet interposé en s’attaquant aux institutions régionales et internationales dont le seul but est d’éviter à la Guinée le pire? Soyons sérieux et lucides. Ou bien ils sont payés pour faire du bruit et ils le font pour mériter leur salaire. Compréhensible. Ou bien ils ne savent pas de quoi ils parlent vraiment; en sous-estimant les réactions même tardives des populations. Mais aussi les réactions sur l’Internet même auquel nous avons tous accès. Incompréhensible qu’ils ne l’ai pas compris!
Révisons l’histoire politique du pays. Ce ne sont pas les malinkés qui ont porté Sékou Touré au pouvoir : Cela va sans dire et est historiquement indéniable. N’en déplaise. C’est une coalition de partis politiques; les mêmes qui ont concouru à l’indépendance nationale avec le Pdg. C’est avec le soutien de l’armée et celui de groupements hétéroclites – regroupés par intérêt - la corruption que le Général Lansana conté a perduré au pouvoir. Par ailleurs, aucun parti politique n’a encore rassemblé 50 pour cent des votes de l’ethnie de son leadeur en Guinée ou de sa coloration ethnique. C’est pourquoi, cette méthode politique qu’est l’ethnostratégie n’a fait qu’affaiblir les partis politiques guinéens. L’interpénétration socioculturelle et économique a depuis longtemps battu en brèche les coordinations régionales de caractère ethnique.
Le faux paramètre du « rassemblons d’abord les nôtres puis nous ferons appel aux autres » n’a pas fonctionné. L’instinct grégaire de rassemblement requiert de nouveaux paramétrages en matière politique et économique désormais. L’un des paramètres est la simple « survie ». En clair, on demande : « qu’apportes-tu; à moi et aux miens? » L’exigence d’un tableau de bord, un projet de société. Il faut que leadeurs et députés apprennent à les concevoir et à les réaliser. C’est le futur de la politique en Guinée. Au demeurant, quel programme ethnopolitique peut-on soumettre à l’examen et à l’approbation des populations guinéennes? Osez. Nous sommes en Démocratie.
Quelles sont les fautes de la Cedeao, de l’Union africaine et de la communauté internationale dont l’Onu, s’il est impossible d’exhiber un tel programme?
Au contraire, leur intervention protège les populations guinéennes et le pays de telles absurdités. S’y opposer, c’est comme si l’on considérait que même si sa famille est atteinte de maladie contagieuse, les familles voisines susceptibles d’être contaminées ne doivent prendre aucune mesure pour se protéger et éradiquer la maladie au profit de tous. Comprenons-le bien, un pays déstabilisé crée et augmente les risques de déstabilisation chez ses voisins. D’où l’intervention d’organisations auxquelles ils ont librement adhéré.
Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Répétition - En évitant tout excès d’analogie, il suffit une fois encore de remonter le générique du film des régimes militaires en Afrique, et ailleurs, avant même ceux de la Guinée. Citez la multitude de pays avec des cas spéciaux ou spécieux n’est pas nécessaire. Les conclusions sont les mêmes : distorsion des règles démocratiques, viols systématiques de la Constitution pour annihiler toute alternance au pouvoir, compression des libertés individuelles et collectives, guerre civile, rébellion, immigration massive de caractère politique et économique, crises sociales et répressions des revendications, etc.… Il en va de même avec les régimes de « démocraties déguisées » bénéficiant du soutien de l’armée, empêchant toute alternance.
Voudriez-vous détacher la Guinée de la communauté internationale pour promouvoir de telles situations. Elle vient de les subir 24 années durant ? Il n’y a pas d’arguties intercalaires possibles. Promouvoir le Cndd, c’est aboutir à une situation de ce genre. Pourquoi ? Pour se targuer d’une victoire égotique, personnalisée vis-à-vis de quelques adversaires, au détriment de près de 10 millions d’êtres? Abstraction faite des acteurs et des affinités, il s’agit là de populations entières qui devront souffrir d’inutiles expérimentations successives. Il ya une chose à noter : dès qu’on établit que la force est un moyen convenable de gouvernance alors on admet en même temps que son propre pays est dénué de compétences capables de le gérer. Y compris soi-même.
Admettons que ceux qui le veulent croient fermement à la militarisation comme une voie de sortie. Répétition - Après 24 années d’un exemple de régime militaire sous le Général Lansana Conté, qu’ils ont eux-mêmes déprécié, pourquoi ne pas essayer l’alternance pour une gouvernance évaluable sur des mandats précis et limités? Sinon, il y a là comme une réalité de refus de transparence et de restructuration, légales pour la consolidation d’un véritable État. C’est choisir de revenir aux pratiques anciennes et à l’affairisme gouvernemental du précédent régime.
À quoi les accords et conventions signés au sein des organisations régionales et internationales nous servent ? Peut-être, faut-il expliquer ce que signifie la signature de ces accords et protocoles ou conventions dont découlent les résolutions et recommandations. En caricature, sans terminologies doctes la signification est : « nous signons cet accord (ou cette convention ou protocole) parce que nous sommes d’accord avec les autres États-membres sur ce principe et cette règle. Au cas où nous y dérogions, la communauté et ses membres dont ses délégués ont le droit de nous le rappeler et de nous mettre en devoir de les respecter afin d’éviter des précédents malheureux en la matière pour nos populations et leurs populations. » C’est l’unique raison pour laquelle on ratifie et signe les accords conventions et protocoles.
Et, c’est justement là que la souveraineté nationale risque de subir un énorme discrédit si l’on s’entête à vouloir jouer les hors-la-loi et à ne pas vouloir accepter les règles du jeu convenues. Pourquoi ? Alors que rien de ce que veulent ces organisations ne menace nos populations et l’intégrité.de notre territoire. Veut-on sacrifier notre statut international acquis, durant plus de 50 années, au profit d’un homme? Ne peut-il, lui-même, sacrifier ses ambitions et les vôtres pour le bien du pays ?
Isoler la Guinée de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Que n’a-t-on pas dit à la mort du président Ahmed Sékou Touré à propos de l’isolement de la Guinée? Les ressources naturelles n’ont pas pu être exploitées à cause du fait que son régime autarcique a englué le pays dans une phobie du « capitalisme exploiteur et profiteur ». « Le néocolonialisme à la dévotion du grand capital financier est-il de retour pour s’abreuver sur les ruines sanglantes d’une nouvelle Révolution ? » Avec la disparition de la bipolarisation et l’affaissement de la guerre froide, faut-il continuer avec les slogans « le néocolonialisme ? En bas ! L’impérialisme? En bas! »
C’est avec une surprise sans borne qu’on relit - bien camouflées sous des effets de rhétoriques - ces genres d’expressions, pour la défense du capitaine Dadis. Alors qu’il n’a quasiment rien commencé pour l’achever, excepté qu’il s’est autoproclamé « président de la République » par la force des armes. Il est donc normal qu’il partage la responsabilité des fautes commises sous son entreprise illégale de soumettre son pays à un régime militaire.
La mémoire du premier président du pays, Ahmed Sékou Touré, est accablée du poids des atrocités du camp Boiro. Celle de son prédécesseur le Général Lansana Conté l’est par les exécutions des membres du gouvernement de l’ancien régime à la prison de Kindia autant que des morts lors des revendications sociopolitiques. Que l’on fasse porter à Dadis - président autoproclamé - sa croix des massacres du 28 septembre 2009 est de toute logique. Ou alors. Il faudra faire la part des choses dans les différents cas.
Une note : les enquêtes internationales ont été acceptées par la junte elle-même. Parce qu’elle avait besoin de voir clair dans son propre bercail. Un rectificatif important dont il faut tenir compte alors : ce n’est pas le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara, lui seul, qui a accepté les enquêtes internationales. Ce sont surtout les composantes du Cndd que sont les fractions militaires dont certaines n’embrassent pas totalement la voie qu’il a choisie. Le capitaine Dadis s’est, lui, trouvé dans l’obligation de le faire du moment qu’il avait déclaré « ne pas contrôler toutes les sensibilités au sein de l’armée » Ce ne fut donc pas une attitude de disculpation anticipée mais une obligation à son corps défendant.
Une autre chose est certaine, l’historique des échecs des Nations-Unies en Afrique ne démontre en rien son inefficacité surtout quand on n’oppose pas, honnêtement, cet historique à ses succès. Et, surtout quand on ignore le recours que l’institution représente en dehors du cadre restreint et souvent ambigu des priorités nationales, de la raison d’État, et de la souveraineté nationale. Regroupant des États différents mandatés par des nations différentes, la force de l’Onu, ses échecs et ses succès - comme l’Union africaine et la Cedeao – dépendent assurément de l’attitude de ses membres vis-à-vis des problèmes qui se posent.
Le cas guinéen est l’un des rares cas où la presque totalité des États membres et des organisations régionales et sous-régionales dont l’Union européenne ont une position commune : la démilitarisation du régime en Guinée. Il est étonnant que des voix guinéennes, discordent à ce propos, s’élèvent pour dire « Non! C’est justement le régime militaire qu’il nous faut. » Sans avoir consulté les populations guinéennes. C’est aussi l’une des tares du leadeurship en Guinée. Personne ne s’occupe de recueillir l’opinion nationale, celle des populations, avant d’aller les représenter. D’où les fréquentes situations de porte à faux. Chacun croit avoir à faire aux moutons de Panurge.
Les communautés sous-régionales, régionales, et internationales, se basent sur les principes généraux admis par les États au nom de leurs populations. Il revient aux États de leur en faire part. Il n’est pas exclu que des réactions individuelles apportent quelque chose à l’auberge des ces organisations. Ce n’est pas le cas. En Guinée, outre les effets négatifs du régime militaire sur l’économie nationale et la vie sociopolitique, la violence militaire a, toujours, été récurrente. Il ne faut donc pas tenter de minimiser l’action de la communauté internationale en portant outrage à ses représentants, tel que Mr Mohamed Ibn Chambas du Groupe international de contact sur la Guinée (Gic-G) et Président de la Commission de la Cedeao. Ils agissent au nom de principes et d’accords admis par tous les pays membres. Répétition : dont la Guinée.
Par ailleurs l’indexation marginale ne peut s’appliquer à la Guinée qui est une République laïque et démocratique, décidée à vivre dans le creuset et le concert des nations. En outre, la communauté internationale a suffisamment évolué pour faire la différence entre les sons de cloches. Ce n’est parce que certaines sonnent faux, qu’elle va abandonner la Guinée. Il s’agit aussi pour la Cedeao et l’Union africaine d’épauler l’Onu pour réussir en Guinée, faire tâche d’huile pour prévenir des cas similaires. Les coups d’État militaires ont été considérablement réduits en Afrique et ailleurs. L’objectif est de les faire disparaitre, de décourager leurs talibans, de les fossiliser avec leurs dinosaures aux Musées de la politique. Que les années se succèdent au rythme de l’avancée humaine. Bonne et heureuse année 2010. Que cela soit écrit et accompli.

O. Tity Faye


 
Quel est le rôle de nos leaders politiques ? (Par Ibrahima Diallo-“Ollaid“)


2010/1/5

Les mots me manquent, ou plutôt je me censure pour dire réellement ma déception envers nos hommes politiques que nous appelons abusivement ‘’leader’’. Ce vocable ne leur sied pas car un leader est celui qui montre le chemin (dirige), galvanise, entreprend et surtout en politique, s’expose : il y a eu la courageuse et vaillante démonstration politique du 28 septembre 2009. Malheureusement sans compter sur la sauvagerie du CNDD mais le combat n’a pas commencé et s’est terminé à cette date mémorable !

Il ne faut pas que l’opposition dorme sur ses lauriers ! Pour imager ma critique : imaginez que tout le monde monte dans un bus/car et confie le volant à celui/celle que nous pensons est le mieux qualifié(e) pour nous conduire à bon port ; au milieu du gué, le conducteur descend sans raisons évidentes, sans s’expliquer et disparait alors que le niveau de l’eau continue à monter.

Que faites-vous ? Que penseriez-vous du chauffeur ? Et bien, nous sommes dans cette situation en Guinée ! Au moment le plus important de la lutte, vu le sort inattendu de Dadis, nos compatriotes à la tête des partis politiques (patriotes) décident de nous montrer le peu d’estime qu’ils ont pour nous.

En effet, s’ils avaient tant soit peu de la considération pour nous, ils ne pourraient accepter de rester plus d’un mois sans se manifester et nous rendre compte de leurs activités ; fussent-elles confidentielles, ils pouvaient affabuler pour se couvrir et dérouter leurs adversaires (devenus ennemis).

Cette attitude frustrante pour nous qui avons cru en eux, surtout après leur bravoure du 28 septembre 2009, facilite la tâche au CNDD et ses mercenaires civils qui envahissent les media pour répandre la confusion au niveau de l’opinion non informée et la division en Guinée : ils déforment volontairement l’esprit et le rôle de l’intervention protectrice préconisée en Guinée ; et cette opération de désinformation semble faire son effet, puisque même aux sein des Guinéens de l’étranger, certains semblent ne pas voir cette initiative d’un œil approbateur.

Si les hommes politiques ne communiquent pas assez, comment comptent-ils faire passer leurs messages et maintenir l’engouement et l’émulation à la lutte contre le CNDD ? Même si les chefs ne veulent pas s’exprimer ou s’exposer (ce qui serait très paradoxal lorsque l’on fait de la politique), il y a dans tout parti politique, digne de ce nom, des chargés de la propagande qui devraient combler cette lacune et surtout donner le change aux mercenaires civils du CNDD : il est ironique que ce soit des non-Guinéens( comme Yerim Seck et d’autres Européens) qui soient obligés de contrecarrer les démagogies et mensonges du CNDD sur les media.

Cela me fait dire que si Toumba n’avait pas dégainé en premier pour sauver sa peau et que Dadis était toujours en charge, rien ne prouve qu’il ne se serait pas maintenu à la fin malgré ses crimes contre l’humanité tant l’opposition côté guinéen est chancelante (le moins que l’on puisse dire !).

La Guinée est l’un des rares cas au Monde où la Communauté internationale est plus motivée et active à résoudre ses problèmes que ceux qui sont sensés être les premiers concernés, les ‘’leaders’’ politiques.

Cela expliquerait ceci : il est plus clair maintenant pour moi, pourquoi, entre autres, il y a tant de partis en Guinée ; vu l’espace politique laissé par les principaux ‘’leaders’’ et leur manque d’initiatives et à consolider leurs bases, beaucoup d’autres peu impressionnés par leurs performances se disent capables de faire au moins autant sinon mieux. Tout se passe comme si la politique, en Guinée, permettait d’avoir un statut et que la conquête du pouvoir était laissée au ‘’Hasard’’.

Vu l’attitude peu entreprenante des ‘’politiques’’ (ou plutôt, des politiciens), les syndicalistes tentent de se refaire une virginité et redorer leur blason en reprenant l’initiative à Conakry dans un pays sans Exécutif, sans institutions : le Pays est réduit à un territoire où règne la loi du plus fort, la jungle politique.

D’où la question, a posteriori, que beaucoup ont soulevé de savoir qu’elle est la pertinence de restreindre les candidatures aux scrutins politiques qu’aux candidats de partis : considérant les faits mentionnés plus haut, les candidatures libres et non partisanes devraient s’imposer car nous ne voyons plus l’intérêt des partis à part matérialiser sur le terrain les rivalités personnelles et les divisions communautaires.

Pour finir, avouons que les difficultés que connaissent de la Guinée sont exposés par la politique mais qu’elles vont bien au delà. Nous avons des problèmes de mentalités et de conceptions de la vie qui rendent tout projet de société viable et bénéfique pour la nation en construction beaucoup plus difficile à réaliser que presque partout ailleurs dans la Monde.

Le premier souci et devoir de ceux qui font de la politique devrait être de surmonter leurs obsessions et contradictions personnelles et concentrer leurs efforts sur ce qui nous fédère car malgré tout, malheureusement, la politique est un puissant outil, sinon le seul, pour mouler ou modeler une nation (surtout pour notre pays qui est le fruit de notre héritage colonial).

Hélas, la Guinée semble manquer de leadership déterminé et suffisamment engagé dans ce sens. Et n’est pas politique qui veut (contrairement à ce que pensent de nombreux compatriotes avec des partis) !

Nous sommes donc réduits dans l’immédiat à compter sur ceux qui sont déjà dans l’arène en misant sur le moindre mal ; hélas et encore hélas pour l’instant.

Ibrahima Diallo-“Ollaid“


 
Guinée : La Balle de Toumba a dissous le CNDD (Par Saïdou Nour Bokoum )

2010/1/5

Dadis mort vivant. Son premier vice-président, intérim et alter ego, Sékouba Konaté sourd muet.

Toto, premier vice-président, un ectoplasme perdu au fond de la classe. Tous les autres, Idi Amin, Biro Condé, Korka et même l’incendiaire Moussa Kéïta, semblent perdus dans le décor et la poussière mortifère soulevée par la balle de Toumba. Restent les Faro, Cécé Loua, Loualamou et autres ultra-pro-Dadis.
Et Komara ?

Il plie mais ne rompt pas ! C’est lui qui a lu le discours du Chef, pendant que le CNDD est dispersé en rase campagne par la balle meurtrière de Toumba. Si j’étais Komara, je dirais, l’appétit venant en mangeant, « qui va à la chasse perd sa place ! » Il ne gouverne pas, il ne règne pas, mais il cause. Il met la pommade. Il panse les plaies.

Pompier, ambulancier, anesthésiste. C’est une bonne âme. Un jour le peuple de Guinée lui saura gré. Kouchner, la communauté internationale, le Miséricordieux Lui-même, lui tresseront une couronne de sainteté : Mère Thérèse, Abbé Pierre. Ou Leuk le lièvre nous faisant oublier les frasques de Bouki l’hyène.
Komara nous aura aidés à franchir le MUR DU çON qui séparait 2009 de 2010.

Les Partis politiques et les Forces vives ?
Ils font comme le singe perché au sommet de l’Arbre à palabre où s’était réuni le Peuple de la République de Doumbélane pour l’élection du plus jeune patriote de la Nation. Quand tout le monde s’apprêtait à élire le plus rusé, Leuk le lièvre qui venait de naître, alors le lauréat, qui devait être baptisé LEADERSHIP, s’écria depuis le chef du vénérable Père des Pères, le Caïlcédrat royal :

« Place, place, je vais naître ! »
Bonne année ! Bonne santé ! Salimafô !

Saïdou Nour Bokoum


 

2010/1/5

Dadis mort vivant. Son premier vice-président, intérim et alter ego, Sékouba Konaté sourd muet.

Toto, premier vice-président, un ectoplasme perdu au fond de la classe. Tous les autres, Idi Amin, Biro Condé, Korka et même l’incendiaire Moussa Kéïta, semblent perdus dans le décor et la poussière mortifère soulevée par la balle de Toumba. Restent les Faro, Cécé Loua, Loualamou et autres ultra-pro-Dadis.
Et Komara ?

Il plie mais ne rompt pas ! C’est lui qui a lu le discours du Chef, pendant que le CNDD est dispersé en rase campagne par la balle meurtrière de Toumba. Si j’étais Komara, je dirais, l’appétit venant en mangeant, « qui va à la chasse perd sa place ! » Il ne gouverne pas, il ne règne pas, mais il cause. Il met la pommade. Il panse les plaies.

Pompier, ambulancier, anesthésiste. C’est une bonne âme. Un jour le peuple de Guinée lui saura gré. Kouchner, la communauté internationale, le Miséricordieux Lui-même, lui tresseront une couronne de sainteté : Mère Thérèse, Abbé Pierre. Ou Leuk le lièvre nous faisant oublier les frasques de Bouki l’hyène.
Komara nous aura aidés à franchir le MUR DU çON qui séparait 2009 de 2010.

Les Partis politiques et les Forces vives ?
Ils font comme le singe perché au sommet de l’Arbre à palabre où s’était réuni le Peuple de la République de Doumbélane pour l’élection du plus jeune patriote de la Nation. Quand tout le monde s’apprêtait à élire le plus rusé, Leuk le lièvre qui venait de naître, alors le lauréat, qui devait être baptisé LEADERSHIP, s’écria depuis le chef du vénérable Père des Pères, le Caïlcédrat royal :

« Place, place, je vais naître ! »
Bonne année ! Bonne santé ! Salimafô !

Saïdou Nour Bokoum


 

2010/1/5

Dadis mort vivant. Son premier vice-président, intérim et alter ego, Sékouba Konaté sourd muet.

Toto, premier vice-président, un ectoplasme perdu au fond de la classe. Tous les autres, Idi Amin, Biro Condé, Korka et même l’incendiaire Moussa Kéïta, semblent perdus dans le décor et la poussière mortifère soulevée par la balle de Toumba. Restent les Faro, Cécé Loua, Loualamou et autres ultra-pro-Dadis.
Et Komara ?

Il plie mais ne rompt pas ! C’est lui qui a lu le discours du Chef, pendant que le CNDD est dispersé en rase campagne par la balle meurtrière de Toumba. Si j’étais Komara, je dirais, l’appétit venant en mangeant, « qui va à la chasse perd sa place ! » Il ne gouverne pas, il ne règne pas, mais il cause. Il met la pommade. Il panse les plaies.

Pompier, ambulancier, anesthésiste. C’est une bonne âme. Un jour le peuple de Guinée lui saura gré. Kouchner, la communauté internationale, le Miséricordieux Lui-même, lui tresseront une couronne de sainteté : Mère Thérèse, Abbé Pierre. Ou Leuk le lièvre nous faisant oublier les frasques de Bouki l’hyène.
Komara nous aura aidés à franchir le MUR DU çON qui séparait 2009 de 2010.

Les Partis politiques et les Forces vives ?
Ils font comme le singe perché au sommet de l’Arbre à palabre où s’était réuni le Peuple de la République de Doumbélane pour l’élection du plus jeune patriote de la Nation. Quand tout le monde s’apprêtait à élire le plus rusé, Leuk le lièvre qui venait de naître, alors le lauréat, qui devait être baptisé LEADERSHIP, s’écria depuis le chef du vénérable Père des Pères, le Caïlcédrat royal :

« Place, place, je vais naître ! »
Bonne année ! Bonne santé ! Salimafô !

Saïdou Nour Bokoum


 
La démilitarisation du régime en Guinée (O.Tity Faye)

2010/1/4

Quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés en Guinée de ne pas prétendre à ce que qu’offrent les Démocraties établies.

À la question, pourquoi vivons – nous en dehors de la Guinée? Pourquoi ne sommes-nous pas entrain de partager le calvaire des populations guinéennes au lieu d’écrire sur les sites web? Les réponses seront diversement éloquentes aux interrogations presque inquisitoires.
Quelques soient nos raisons, celles des uns et des autres et aussi brillamment exposées soient-elles, il y a un dénominateur commun pour toutes : le manque. Un manque que l’on retrouve dans l’espace familial, socioculturel ou, et surtout, l’espace sociopolitique et économique du pays d’origine. Ceci est normal, la transhumance est une composante naturelle de la vie de l’homme. Elle est liée à la recherche naturelle de la satisfaction des besoins. Cette transhumance, à large échelle, prend le nom de migration au niveau interne et d’immigration lorsqu’elle se dirige vers l’extérieur.
On peut jongler avec les terminologies et les définitions selon le champ d’action. Il reste et demeure que le besoin de se déplacer est inné en l’être humain. À qui et à quoi cela profite t-il ? En général, au terroir de naissance en termes de rapatriement de revenus individuels ou collectifs, de richesses sous forme monétaire, technique, ou de technologie. En somme, sous la forme d’apports culturels et économiques. Nous vivons dans les démocraties avancées dont l’existence même a favorisé des insertions bénéfiques.
Mais quelques soient nos modèles d’insertions et nos raisons particulières et quelque soit l’éloquence avec laquelle les uns et les autres pourraient le faire, il y a un droit qu’il ne faut jamais s’adjuger. Celui de dire à ceux qui sont restés au pays de ne pas prétendre à ce que nous ont offert les Démocraties des pays d’accueil. Avons-nous le droit de contribuer à leur imposer d’autres formes de vie que celle que nous apporte la Démocratie dans d’autres pays? Assurément non! Personne n’a choisi comme pays d’exil permanent ou temporaire un pays à régime militaire ou de dictature. Pourtant les possibilités d’accès à ces pays sont les meilleures parce qu’il n’y a même pas de politique d’immigration précise.
Cependant, le nouveau plan d’autarcie militaire et d’isolement de la Guinée est insoupçonnable dans sa simplicité crue. Au nom de la Démocratie et de l’exercice du droit d’expression, le contenu de certains discours et publications n’a pas d’autres visées que celle de vouloir isoler la Guinée de la communauté internationale. Sinon, pourquoi s’attaque t-on à la Cedeao et à ses membres qui mettent en action des résolutions que les pays membres, dont la Guinée, ont signé en toute connaissance de cause?
Où étaient-ils au moment de la signature des conventions et protocoles d’accord? Nulle part. Simplement, Parce qu’ils ne se sentaient pas concernés alors. Mais ils ne se gênent pas , aujourd’hui, de croire que les édits et leur contenu doivent être changés au gré de leur volonté et des actions qu’ils veulent soutenir. Franchement au nom de quoi? S’attendent-ils vraiment à ce que la communauté internationale dise : « oui, bon! Le coup d’État en Guinée est spécifique et les massacres spécifiques qui ont suivi sont acceptables.
Spécifiquement, le capitaine Dadis a la volonté de sortir le pays du marasme... Alors quelques morts spécifiques sur le parcours … Bon on comprend quoi! » Ces périodes sont vraiment révolus mesdames et messieurs. Il faut faire avec. Nul ne reculera des décades en arrière pour vos raisons.
De quoi se prévalent-ils pour juger et tenter de décrier les organisations qui luttent pour établir et maintenir les relations pacifiques entre les peuples et les États, en aplanissant leurs différences sous des règlements communs? Combien de types de « Guinée souveraine » veut-on créer? Il est dommage qu’ils ne se rendent pas compte que s’attaquer à la Cedeao, l’Ua et l’Onu ou à leurs représentants, c’est aussi s’attaquer à la Guinée et les pays signataires des protocoles d’accord et des conventions au sein de ces organismes internationaux. Insulter l’envoyé, c’est insulter l’envoyeur.
En cela ils ne représentent même pas les intérêts de ceux qu’ils supportent. Faire outrage aux représentants de la communauté internationale, de la France, de l’Union européenne ou des États-Unis et les amener à durcir leur position, n’arrange ni au présent ni au futur les affaires pour le Cndd et le capitaine Dadis. La Guinée n’est pas à même de mettre en valeur son potentiel de ressources sans concours extérieur. Tous les investisseurs potentiels – dont la Chine et d’autres dragons de l’Asie – sont membres de l’organisation des Nations-Unies.
Il est à parier qu’ils le savent bien. L’intérêt dans « l’affaire » est d’isoler la Guinée au mieux possible pour en tirer les profits individuels qu’ils envisagent, eux. Et pour cela, ils n’hésitent pas à utiliser les moyens et méthodes auxquels tout processus de dictature a recours à ses débuts : l’isolement et l’autarcie dans les différents aspects de la vie du pays. Ces hommes et femmes sont imprévisibles et sans ligne directrice.
En effet, il est incroyable de constater que pour isoler la Guinée ils empruntent au premier président du pays, les méthodes qu’il utilisa pour se protéger de la communauté internationale et préserver son régime. Il eut au moins l’apanage d’être considéré comme créateur d’une idéologie spécifique de l’État et du parti unique.
Par ailleurs, il fut aussi à la pointe du combat pour l’indépendance nationale et parmi les pionniers du panafricanisme alors que l’économie nationale s’écroulait mettant son peuple en péril. Sa réponse aux réactions des uns et des autres, quant à l’état du pays et de sa nation, fut de « fermer » le pays et d’utiliser la répression que chacun a réprouvée. L’État de la nation demeura à sa merci et à sa discrétion sous le miroir d’une singularité utopique.
À présent, l’on déterre et galvaude sans une once de décence ni de reconnaissance les procédés qui ont permis à la Révolution du président Ahmed Sékou Touré d’installer un régime totalitaire. Ce ne sont pas les clauses de style manipulées avec dextérité ou dévoyés à souhait qui cacheraient ces velléités. Mais à quelles fins inavouées? Allons-y avec les crudités afin que l’on se comprenne mieux.
S’agit-il d’implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme – Après eux c’est notre tour? Puéril. Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Insensé. Isoler le pays de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Impossible. Les problématiques s’entrechoquent.
Implanter une ethnie au pouvoir à travers un homme? Ne masquons plus les vérités sous l’enveloppe des mots. Comment utiliser l’ethnostratégie pour promouvoir un homme issue de l’une des ethnies les plus minoritaires du pays sans interpeler des réactions aux conséquences désastreuses? En termes d’ethnostratégie, les ethnies majoritaires ne l’accepteraient pas même au sein de la grande « bavarde » qu’est devenue notre armée.
Le populisme précaire, dont le capitaine Dadis Camara bénéficia par hypocrisie, a eu sa période de grâce et a connu l’apogée de sa fin de manière sanglante sous son gourdin et la matraque de son Cndd, le 28 septembre 2009.Qu’il soit noté, à toutes fins utiles, que tant que le « show » de Dadis suscitait de l’espoir, il ne fut jamais question d’ethnie encore moins de rassemblement du genre pour le soutenir. Complot ou pas, c’est fait et c’est le prix que paie le perdant.
Croit-on vraiment changer le cours de l’histoire par Internet interposé en s’attaquant aux institutions régionales et internationales dont le seul but est d’éviter à la Guinée le pire? Soyons sérieux et lucides. Ou bien ils sont payés pour faire du bruit et ils le font pour mériter leur salaire. Compréhensible. Ou bien ils ne savent pas de quoi ils parlent vraiment; en sous-estimant les réactions même tardives des populations. Mais aussi les réactions sur l’Internet même auquel nous avons tous accès. Incompréhensible qu’ils ne l’ai pas compris!
Révisons l’histoire politique du pays. Ce ne sont pas les malinkés qui ont porté Sékou Touré au pouvoir : Cela va sans dire et est historiquement indéniable. N’en déplaise. C’est une coalition de partis politiques; les mêmes qui ont concouru à l’indépendance nationale avec le Pdg. C’est avec le soutien de l’armée et celui de groupements hétéroclites – regroupés par intérêt - la corruption que le Général Lansana conté a perduré au pouvoir. Par ailleurs, aucun parti politique n’a encore rassemblé 50 pour cent des votes de l’ethnie de son leadeur en Guinée ou de sa coloration ethnique. C’est pourquoi, cette méthode politique qu’est l’ethnostratégie n’a fait qu’affaiblir les partis politiques guinéens. L’interpénétration socioculturelle et économique a depuis longtemps battu en brèche les coordinations régionales de caractère ethnique.
Le faux paramètre du « rassemblons d’abord les nôtres puis nous ferons appel aux autres » n’a pas fonctionné. L’instinct grégaire de rassemblement requiert de nouveaux paramétrages en matière politique et économique désormais. L’un des paramètres est la simple « survie ». En clair, on demande : « qu’apportes-tu; à moi et aux miens? » L’exigence d’un tableau de bord, un projet de société. Il faut que leadeurs et députés apprennent à les concevoir et à les réaliser. C’est le futur de la politique en Guinée. Au demeurant, quel programme ethnopolitique peut-on soumettre à l’examen et à l’approbation des populations guinéennes? Osez. Nous sommes en Démocratie.

Quelles sont les fautes de la Cedeao, de l’Union africaine et de la communauté internationale dont l’Onu, s’il est impossible d’exhiber un tel programme?
Au contraire, leur intervention protège les populations guinéennes et le pays de telles absurdités. S’y opposer, c’est comme si l’on considérait que même si sa famille est atteinte de maladie contagieuse, les familles voisines susceptibles d’être contaminées ne doivent prendre aucune mesure pour se protéger et éradiquer la maladie au profit de tous. Comprenons-le bien, un pays déstabilisé crée et augmente les risques de déstabilisation chez ses voisins. D’où l’intervention d’organisations auxquelles ils ont librement adhéré.

Soutenir une junte militaire pour sortir la Guinée du bourbier? Répétition - En évitant tout excès d’analogie, il suffit une fois encore de remonter le générique du film des régimes militaires en Afrique, et ailleurs, avant même ceux de la Guinée. Citez la multitude de pays avec des cas spéciaux ou spécieux n’est pas nécessaire. Les conclusions sont les mêmes : distorsion des règles démocratiques, viols systématiques de la Constitution pour annihiler toute alternance au pouvoir, compression des libertés individuelles et collectives, guerre civile, rébellion, immigration massive de caractère politique et économique, crises sociales et répressions des revendications, etc.… Il en va de même avec les régimes de « démocraties déguisées » bénéficiant du soutien de l’armée, empêchant toute alternance.
Voudriez-vous détacher la Guinée de la communauté internationale pour promouvoir de telles situations. Elle vient de les subir 24 années durant ? Il n’y a pas d’arguties intercalaires possibles. Promouvoir le Cndd, c’est aboutir à une situation de ce genre. Pourquoi ? Pour se targuer d’une victoire égotique, personnalisée vis-à-vis de quelques adversaires, au détriment de près de 10 millions d’êtres? Abstraction faite des acteurs et des affinités, il s’agit là de populations entières qui devront souffrir d’inutiles expérimentations successives. Il ya une chose à noter : dès qu’on établit que la force est un moyen convenable de gouvernance alors on admet en même temps que son propre pays est dénué de compétences capables de le gérer. Y compris soi-même.
Admettons que ceux qui le veulent croient fermement à la militarisation comme une voie de sortie. Répétition - Après 24 années d’un exemple de régime militaire sous le Général Lansana Conté, qu’ils ont eux-mêmes déprécié, pourquoi ne pas essayer l’alternance pour une gouvernance évaluable sur des mandats précis et limités? Sinon, il y a là comme une réalité de refus de transparence et de restructuration, légales pour la consolidation d’un véritable État. C’est choisir de revenir aux pratiques anciennes et à l’affairisme gouvernemental du précédent régime.
À quoi les accords et conventions signés au sein des organisations régionales et internationales nous servent ? Peut-être, faut-il expliquer ce que signifie la signature de ces accords et protocoles ou conventions dont découlent les résolutions et recommandations. En caricature, sans terminologies doctes la signification est : « nous signons cet accord (ou cette convention ou protocole) parce que nous sommes d’accord avec les autres États-membres sur ce principe et cette règle. Au cas où nous y dérogions, la communauté et ses membres dont ses délégués ont le droit de nous le rappeler et de nous mettre en devoir de les respecter afin d’éviter des précédents malheureux en la matière pour nos populations et leurs populations. » C’est l’unique raison pour laquelle on ratifie et signe les accords conventions et protocoles.

Et, c’est justement là que la souveraineté nationale risque de subir un énorme discrédit si l’on s’entête à vouloir jouer les hors-la-loi et à ne pas vouloir accepter les règles du jeu convenues. Pourquoi ? Alors que rien de ce que veulent ces organisations ne menace nos populations et l’intégrité.de notre territoire. Veut-on sacrifier notre statut international acquis, durant plus de 50 années, au profit d’un homme? Ne peut-il, lui-même, sacrifier ses ambitions et les vôtres pour le bien du pays ?

Isoler la Guinée de la communauté internationale alors que les économies s’imbriquent de plus en plus? Que n’a-t-on pas dit à la mort du président Ahmed Sékou Touré à propos de l’isolement de la Guinée? Les ressources naturelles n’ont pas pu être exploitées à cause du fait que son régime autarcique a englué le pays dans une phobie du « capitalisme exploiteur et profiteur ». « Le néocolonialisme à la dévotion du grand capital financier est-il de retour pour s’abreuver sur les ruines sanglantes d’une nouvelle Révolution ? » Avec la disparition de la bipolarisation et l’affaissement de la guerre froide, faut-il continuer avec les slogans « le néocolonialisme ? En bas ! L’impérialisme? En bas! »

C’est avec une surprise sans borne qu’on relit - bien camouflées sous des effets de rhétoriques - ces genres d’expressions, pour la défense du capitaine Dadis. Alors qu’il n’a quasiment rien commencé pour l’achever, excepté qu’il s’est autoproclamé « président de la République » par la force des armes. Il est donc normal qu’il partage la responsabilité des fautes commises sous son entreprise illégale de soumettre son pays à un régime militaire.
La mémoire du premier président du pays, Ahmed Sékou Touré, est accablée du poids des atrocités du camp Boiro. Celle de son prédécesseur le Général Lansana Conté l’est par les exécutions des membres du gouvernement de l’ancien régime à la prison de Kindia autant que des morts lors des revendications sociopolitiques. Que l’on fasse porter à Dadis - président autoproclamé - sa croix des massacres du 28 septembre 2009 est de toute logique. Ou alors. Il faudra faire la part des choses dans les différents cas.

Une note : les enquêtes internationales ont été acceptées par la junte elle-même. Parce qu’elle avait besoin de voir clair dans son propre bercail. Un rectificatif important dont il faut tenir compte alors : ce n’est pas le chef de la junte, le capitaine Dadis Camara, lui seul, qui a accepté les enquêtes internationales. Ce sont surtout les composantes du Cndd que sont les fractions militaires dont certaines n’embrassent pas totalement la voie qu’il a choisie. Le capitaine Dadis s’est, lui, trouvé dans l’obligation de le faire du moment qu’il avait déclaré « ne pas contrôler toutes les sensibilités au sein de l’armée » Ce ne fut donc pas une attitude de disculpation anticipée mais une obligation à son corps défendant.

Une autre chose est certaine, l’historique des échecs des Nations-Unies en Afrique ne démontre en rien son inefficacité surtout quand on n’oppose pas, honnêtement, cet historique à ses succès. Et, surtout quand on ignore le recours que l’institution représente en dehors du cadre restreint et souvent ambigu des priorités nationales, de la raison d’État, et de la souveraineté nationale. Regroupant des États différents mandatés par des nations différentes, la force de l’Onu, ses échecs et ses succès - comme l’Union africaine et la Cedeao – dépendent assurément de l’attitude de ses membres vis-à-vis des problèmes qui se posent.

Le cas guinéen est l’un des rares cas où la presque totalité des États membres et des organisations régionales et sous-régionales dont l’Union européenne ont une position commune : la démilitarisation du régime en Guinée. Il est étonnant que des voix guinéennes, discordent à ce propos, s’élèvent pour dire « Non! C’est justement le régime militaire qu’il nous faut. » Sans avoir consulté les populations guinéennes. C’est aussi l’une des tares du leadeurship en Guinée. Personne ne s’occupe de recueillir l’opinion nationale, celle des populations, avant d’aller les représenter. D’où les fréquentes situations de porte à faux. Chacun croit avoir à faire aux moutons de Panurge.

Les communautés sous-régionales, régionales, et internationales, se basent sur les principes généraux admis par les États au nom de leurs populations. Il revient aux États de leur en faire part. Il n’est pas exclu que des réactions individuelles apportent quelque chose à l’auberge des ces organisations. Ce n’est pas le cas. En Guinée, outre les effets négatifs du régime militaire sur l’économie nationale et la vie sociopolitique, la violence militaire a, toujours, été récurrente. Il ne faut donc pas tenter de minimiser l’action de la communauté internationale en portant outrage à ses représentants, tel que Mr Mohamed Ibn Chambas du Groupe international de contact sur la Guinée (Gic-G) et Président de la Commission de la Cedeao. Ils agissent au nom de principes et d’accords admis par tous les pays membres. Répétition : dont la Guinée.

Par ailleurs l’indexation marginale ne peut s’appliquer à la Guinée qui est une République laïque et démocratique, décidée à vivre dans le creuset et le concert des nations. En outre, la communauté internationale a suffisamment évolué pour faire la différence entre les sons de cloches. Ce n’est parce que certaines sonnent faux, qu’elle va abandonner la Guinée. Il s’agit aussi pour la Cedeao et l’Union africaine d’épauler l’Onu pour réussir en Guinée, faire tâche d’huile pour prévenir des cas similaires. Les coups d’État militaires ont été considérablement réduits en Afrique et ailleurs. L’objectif est de les faire disparaitre, de décourager leurs talibans, de les fossiliser avec leurs dinosaures aux Musées de la politique. Que les années se succèdent au rythme de l’avancée humaine. Bonne et heureuse année 2010. Que cela soit écrit et accompli.

O. Tity Faye–Le blog
Les chroniques/www.chronafric.com

 
Guinée : En 2010 comme en 1958 (Par Ibrahim Sinkoun Kaba )

2010/1/4

L'histoire se répète, ainsi une nouvelle fois ( pour la troisième fois), l'on nous annonce la bonne nouvelle d'un militaire « responsable », « respecté », « patriote » et partenaire acceptable pour gérer la destinée de la nation.
L'on salut son (micro) discours et ses « bonnes intentions ». On le dit « différent » du chef de l'État précédent.
Comme à chaque changement de képi, on demande à la communauté internationale d'être conciliante
Dans cette pathétique répétition de l'histoire il y a malheureusement une constante: Conduire le Peuple dans l'impasse.
Je le dis, cette constante naïveté est une négligence coupable. Coupable parce que encore une fois par naïveté on aura donné le temps à l'émergence d'une situation dramatique pour la nation. Coupable parce que par dépit, la vérité devra encore une nouvelle fois être regardée en face. Coupable parce que par dépit, on enverra encore les gens à la mort.
le combat contre le CNDD n'était pas et n'est un combat contre un homme, c'est une volonté de libérer le pays du joug d'une organisation criminelle.
Il serait irresponsable et illégitime de faire de Dadis Camara seul le problème de la Guinée.
Si nous acceptons que Sékouba en copilote du CNDD soit acceptable, alors nous donnerons raison à tous ceux qui ont soutenu Dadis.
Si Sékouba Konaté est acceptable, alors Dadis Camara est acceptable, alors Claude Pivi est acceptable, alors kolako Béavogui est acceptable, alors Mamadou Korka Diallo est acceptable, alors Moussa Keita est acceptable.
Tout militaire à la tête de la nation est acceptable.
Il faut être cohérent.
Parler n'est pas agir, dire n'est pas faire, l'intention ne vaut que par l'acte,.
Le discernement,la raison c'est de juger les faits.
Peut- on me citer le nombre de corps des victimes du 28 septembre 2009 que Sékouba Konaté a rendu aux familles ?
Peut- on me citer le nombre de fosses communes réalisées suite au massacre du 28 septembre 2009 ouvertes par Sékouba Konaté ?
Le nombre de civils emprisonnés suite au massacre 28 septembre libérés par Sékouba Konaté ?
La réponse à ces questions exclut toute naïveté...
Si les hommes politiques commettent l'irréparable en plongeant encore une fois le peuple dans une stratégie faite de mélange d'attentisme de protestation et de collaboration, non seulement ceux qui entreront dans un tel schéma mourront politiquement (car depuis 2007 cette stratégie est difficilement recevable par les guinéens), mais légitimeront tout futur prise de pouvoir par la force.
Aucun civil ne fera changer un régime militaire violent et hautement criminel par la collaboration, c'est un mensonge.
De la collaboration naitra la compromission, la compromission mènera à l'inacceptable.
Kabinet Komara en est l'effroyable exemple.
Collaborer avec le CNDD finit par la justification du massacre du 28 septembre 2009
Aucune place pour la confusion n'est de mise.
Le CNDD n'est ni libéral, ni socialiste, ni communiste, ni républicain, ni monarchiste. Sa politique est la violence, son idéologie est la violence, sa finalité est la barbarie.
Il ne règne que par les armes, ne gouverne que par les armes et n'a qu'une justice : Les armes
De tous les « gouvernants » de la planète, seul le CNDD est capable par barbarie, d'exposer une mère de famille nue et attachée à la face du monde (vidéo du camp Alpha Yaya diffusée en boucle sur la chaine internationale Al Jazeera entre autre)...La Guinée est sur le point de perdre son âme.
Nous ne sommes pas dans un conflit intellectuel ou un conflit d'idéologie en Guinée, nous sommes dans l'acceptation de la barbarie ou pas.
Depuis l'indépendance nous n'avons jamais été à un moment aussi décisif de notre histoire, en 1958 nous avions le choix entre la prise de responsabilité de notre destin ou l'acceptation historique de la délégation de notre destin.
En 2010 nous aurons le choix entre un destin démocratique, dans un schéma de responsabilité collective ou l'abandon de la responsabilité collective face à l'arbitraire.
La Guinée évoluera historiquement vers une démocratie ou sera pour longtemps une nation où le pouvoir sera conquis et préservé par le feu et le sang.
Si comme je le pense l'immense majorité des citoyens a opté pour l'option historique d'une démocratie , seul source de paix interne, alors il faudra que les guinéens s'organisent afin d' éliminer la confusion et participer à canaliser les énergies et les espoirs.
C'est par un manque d'organisation que le formidable élan populaire de 2007 a été brisé.
Par manque de pédagogie que l'on a réussi à faire croire au plus grand nombre que la révolte populaire avait pour solution un 1er ministre nommé par Lansana Conté.
Avec les accords tripartites on a fait des Guinéens des simples d'esprits, en faisant de Sékouba Konaté à la tête du CNDD, un partenaire possible après le 28 septembre 2009, on fera des Guinéens des citoyens sans mémoires et condamnés à aller de tragédies en tragédies.
Pour finir, je mets en garde la nation, le silence face à la purge militaire d'une inhumanité inouïe dont Claude Pivi avec la complicité passive de Sékouba Konaté est entrain d'abattre sur les militaires( particulièrement sur les fils de Guinée de la basse côte), sous prétexte de traque de Toumba Diakité .
Chaque fois que la majorité a gardé le silence face à la cruauté du pouvoir , cela n'a fait qu'intensifier et généraliser le désarroi. La barbarie s'exerce toujours par l'oppression d'une minorité ou un groupe ciblé.
Que les victimes du CNDD soit civils ou militaires, les accepter ou les taire, créera un effet boomerang inévitablement destructeur tant physiquement que moralement.
Après le massacre des policiers, fut le massacre de civils, maintenant est l'heure du massacre des militaires, puis suivront d'autres.
Militaires républicains et citoyens civils devront faire montre d'engagement en cette année cruciale pour le devenir de notre nation.
Comme en 1958, en 2010 nous aurons la responsabilité de choisir notre destin collectif. Être un Peuple libre en démocratie ou être un Peuple terrorisé par la violence ? Là est la question...
Je salue l'appel de IBCG, qui va dans le sens de notre mobilisation.
Je salue l'engagement actuel de la jeunesse guinéenne, qui avec responsabilité et calme, s'organise en vue prendre ses responsabilités …
Prêt pour la démocratie!

Ibrahim Sinkoun Kaba